Dimanche 25 août : 11° après la Pentecôte

Ephphetha ! C’est-à-dire : Ouvre toi !

Il y a un mal terrible qui ronge ce monde : c’est la résignation. On se résigne que les gens ne soient plus chrétiens, que les jeunes et les couples ne respectent plus la morale chrétienne,  qu’il y ait des haines sur toute la planète. C’est ainsi ! dira-t-on, et il vaut mieux vivre avec philosophie et tranquillité ce qu’on ne peut pas changer… Désolé de vous contredire et d’essayer de vous sortir de votre torpeur facile, mais si le sourd-muet avait pensé comme vous, il n’aurait jamais été guéri !! Chrétiens reprenons -nous ! Savons-nous que depuis la venue et la victoire de Notre Seigneur sur la terre, nous avons le devoir d’être résolument optimistes ! En guérissant ce pauvre bougre, Jésus nous indique que ce monde chargé d’infirmité laissera un jour sa place à un monde nouveau, guéri et resplendissant, où il n’y aura plus de haine, plus de blessures et plus de pleurs. C’est dans le Paradis que tout cela se réalisera en plénitude, mais dés ici-bas nous pouvons en vivre quelque chose, travailler à en prendre le chemin.

Encore faut-il aller trouver Jésus, le faire le compagnon de notre route, le confident intime de nos espoirs, lui demander de nous guérir… Comme le disait un vieux Calvaire flamand de 1632 : Je suis la Lumière, et vous ne me voyez pas ! Je suis la Route, et vous ne me suivez pas ! Je suis la Vérité, et vous ne me croyez pas ! Je suis la Vie, et vous ne me cherchez pas ! Je suis le Maître, et vous ne m’écoutez pas ! Je suis votre grand Ami, et vous ne m’aimez pas ! Je suis votre Dieu, et vous ne me priez pas. Si vous êtes malheureux, ne me le reprochez pas !

Pratique : Décider, une bonne fois pour toutes, de donner une bonne place à la prière dans sa vie.

Samedi 24 août : saint Barthélemy, apôtre

Avec saint Barthélemy, nous fêtons aujourd’hui un des douze apôtres formés par le Seigneur Lui-même. Barthélemy n’est pas vraiment un nom puisqu’il signifie « le fils de Tholmaï », mais on assimile traditionnellement Barthélemy à Nathanaël dont on connaît l’histoire de la vocation dans l’Evangile de saint Jean. Barthélemy/Nathanaël était de Cana en Galilée. Philippe était venu le chercher pour l’amener à celui dont parlait la loi et les prophètes : Jésus, fils de Joseph, de Nazareth ! Et Jésus loua Nathanaël comme un vrai Israélite sans mensonge. Mais Nathanaël doutait… Jésus lui dit cette phrase mystérieuse : Quand tu étais sous le figuier, je t’ai vu ! On ne sait pas bien à quoi le Seigneur faisait allusion, mais Nathanaël sut alors que Jésus connaissait toute sa vie et il professa immédiatement sa foi : Maître, tu es le fils de Dieu, tu es le roi d’Israël ! Il semble qu’il fut apôtre jusqu’en Inde et en l’Arménie, et mourut écorché vif puis la tête tranchée. C’est le seul apôtre que les peintres chrétiens représentaient avec des chaussures, par respect pour son supplice particulièrement douloureux ! Ses reliques seraient à Rome dans l’église bâtie en son honneur sur une ile du Tibre.

Padre Pio reprochait souvent aux catholiques qui venaient le voir, de n’avoir pas une vie spirituelle assez intime avec le Seigneur… Barthélemy pourrait bien nous guérir de notre froideur, lui qui avait compris que le Seigneur connaissait le moindre détail de sa vie !

Pratique : Remercions souvent le Seigneur pour ses bienfaits quotidiens

Vendredi 23 août : saint Philippe Béniti

Philippe, de la noble famille des Béniti, naquit à Florence au début du 13° siècle. C’était un enfant très pieux qui semblait marqué par le choix de Dieu : le bréviaire nous apprend qu’à 5 mois, il parla miraculeusement en demandant à sa mère de faire l’aumône aux religieux Servites qui passaient par là ! Sur indication de la Vierge, il rentre dans ce même ordre des Servites où l’on aimait méditer les souffrances de Jésus et Marie. C’était un religieux d’une grande piété, pratiquant assidument la pénitence et aussi la charité envers les pauvres. Devant son intense charité et son esprit apostolique, ses frères l’élirent comme supérieur de son ordre, dont il est considéré comme un second fondateur. Il fut un apôtre en envoyant ses frères jusque dans la lointaine Russie, et un grand convertisseur d’âmes égarées.

Un jour il donna son manteau à un pauvre lépreux lequel se trouva guéri de sa lèpre. La nouvelle de ce miracle se répandit jusqu’aux cardinaux qui devaient se réunir à Viterbe pour l’élection du prochain Pape, et ils pensèrent à lui. Mais par humilité, il s’enfuit alors dans la montagne jusqu’à l’élection de Grégoire X. Il mourut le 22 août 1285 en embrassant son Crucifix qu’il aimait appeler son livre !  Tout comme saint Philippe Béniti, nous devrions penser souvent à la mort du Seigneur sur la Croix comme notre grand livre ! Ce livre nous apprendrait le remerciement pour les joies, la paix au milieu des souffrances, le courage pour supporter les épreuves, et même l’esprit missionnaire… 

Pratique : Penser plusieurs fois dans la journée à ce que le Seigneur a fait pour nous.

Jeudi 22 août : Fête du Cœur Immaculé de Marie

Dieu veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur immaculé ! Telles furent les paroles de la sainte Vierge Marie à Lucie lors des apparitions de Fatima en 1917…

La dévotion au cœur de Marie, appelé pur ou immaculé, était déjà ancienne dans l’Eglise quand eurent lieu les apparitions de Fatima. Saint Jean Eudes et d’autres, en parallèle avec la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus avaient développé la dévotion au cœur de Marie, à partir de l’Evangile qui parle à plusieurs reprises de Marie méditant les actions de Jésus dans son cœur, ainsi que du glaive de douleur qui transpercera son âme… Ainsi le cœur de Marie symbolisait l’extraordinaire fidélité de la Vierge et son amour pour son divin Fils. Mais après les apparitions de Fatima, la dévotion au cœur immaculé de Marie prit un essor extraordinaire, et aujourd’hui encore nous aimons, selon les indications de la Vierge Marie, et comme l’a encouragé le pape Pie XII, prier particulièrement ce cœur immaculé le premier samedi de chaque mois (Je rappelle que la sainte Vierge demande que l’on se confesse et communie à cette occasion, que l’on dise le chapelet et qu’on médite pendant au moins 15 minutes un ou plusieurs mystères du rosaire).

Mon Cœur immaculé sera ton refuge et le chemin qui te conduira vers Dieu ! avait encore dit Marie à Lucie. Que l’amour de Marie puisse être un refuge pour nous me paraît simple, mais comment ce cœur peut-il être un chemin pour nous ? Sans doute par l’exemple du sacrifice… Tu souffres mon enfant ? avait d’abord dit Marie à Lucie, et après Elle disait les paroles ci-dessus… Savoir accepter les épreuves et les porter courageusement comme Marie, est un conseil béni, et c’est un immense service que Marie rends aux hommes que de leur rappeler qu’ici-bas tout bonheur est à ce prix !

Pratique : Pratiquer aujourd’hui, par amour pour Marie, la dévotion demandée aux premiers samedis

Mercredi 21 août : sainte Jeanne de Chantal

Jeanne-Françoise Frémyot naquit en 1572 à Dijon en Bourgogne, d’une famille renommée. Elle fut parfaite dans tous les états de vie: enfant, épouse et mère, veuve, et religieuse ! C’était une enfant très pieuse et profondément catholique. Son père décida de la marier au baron de Chantal qu’elle aima tendrement ainsi que ses enfants, veillant à ce que toute la maison, depuis le maître jusqu’aux domestiques, soit fidèle à la foi, à la vie chrétienne et au souci des pauvres. Elle crut devenir folle quand son époux mourut d’un accident de chasse, mais elle accepta l’épreuve décida de ne jamais se remarier et se consacra d’avantage aux bonnes œuvres. A cette occasion, cette forte femme redressa complètement la situation du domaine que son fantasque mari avait compromise ! Elle choisit saint François de Sales pour être son directeur spirituel. Sous sa direction elle choisit de se consacrer à Dieu, et fonda avec lui la congrégation de la Visitation sainte Marie qui se caractérisait par une grande dévotion à l’amour de Dieu, et qui accueillait toutes les vocations, même de mauvaise santé, ce qui n’était pas l’habitude de l’époque… Ses monastères, rempli d’une profonde vie spirituelle se répandirent partout et firent un bien considérable. Elle mourut le 15 décembre 1641 au couvent de la Visitation d’Annecy.

Retenons de cette vie magnifique, le courage de cette femme souvent éprouvée. Au cours d’un dernier repas avant d’entrer au couvent, son fils de 20 ans, parfaitement établi mais qui était loin d’avoir, à cette époque, l’esprit chrétien de sa mère, voulut s’opposer à son entrée au couvent en se couchant devant la porte où elle devait passer. Tout en pleurant, elle enjamba alors son corps pour suivre sa vocation !

Pratique : même dans les difficultés, évitons de nous plaindre

Mardi 20 août : saint Bernard

Saint Bernard eut une influence immense au 12° siècle, et dans toute l’histoire de l’Eglise. Il naquit en 1090 à Fontaine-les-Dijon en Bourgogne d’une famille noble et pieuse (sa mère Aleth de Montbard est considérée comme une bienheureuse) . Après une solide formation humaine, il décide d’entrer au couvent dans l’ordre des cisterciens, qui vient d’être fondé par saint Robert de Molesmes. Mais saint Bernard est un entraineur d’hommes, et c’est avec une vingtaine de personnes, amis et membres de sa famille qu’il a réussi à convaincre, qu’il entre à Citeaux. Moine exemplaire et charismatique, il est bientôt nommé Père abbé de l’abbaye de Clairvaux. De là, il fondera un nombre incroyable d’abbayes cisterciennes, et sa réputation se répandit dans toute la chrétienté. Le Pape le consulte pour toutes les affaires de l’Eglise, et il parcours le monde de l’époque. Son don de prédication était si fort, qu’on raconte que les jeunes filles fiancées enfermaient leur futur dans leur maison pour éviter qu’il ne se rendent à la prédication de saint Bernard et ne rentrent au couvent ! Saint Bernard fut notamment appelé pour prêcher la première croisade. Il écrivit de nombreux livres d’une doctrine profonde, remplis de la saveur spirituelle de l’expérience cistercienne, et d’un grand amour de la très sainte Vierge. Ces livres lui valent, aujourd’hui encore, un grande descendance spirituelle. Saint Bernard mourut le 20 août 1153, à l’âge de 62 ans et fut canonisé et proclamé docteur de l’Eglise.

Citons juste une dernière anecdote si sympathique de sa vie : Quand il partit pour le monastère avec une partie de ses frères, il dit au petit dernier qui s’appelait Nivard et qui jouait dans la cour : Adieu Nivard, nous te laissons tous ces biens! Mais Nivard répondit : Ce n’est pas juste, vous prenez le Ciel et me laissez la terre! Mais il dut tout de même attendre quelques années pour rejoindre son illustre frère au monastère… Sachons, nous aussi préférer le Ciel à la terre !

Pratique : Continuons une prière plus fervente à Marie

Lundi 19 août : saint Jean Eudes

Soyez comme des serviteurs qui attendent leur maître… Tiré de l’évangile du jour.

Saint Jean Eudes, né en 1601 en Normandie, fut un prêtre au cœur de feu, et une grande figure sacerdotale du 17° siècle. Entré dans la congrégation de l’Oratoire, ordonné prêtre en 1626, il quittera son institut pour fonder lui-même une congrégation qu’on appellera bientôt les Eudistes. Formation des prêtres, secours des filles perdues, missions populaires, grand prédicateur, spirituel dévot aux cœurs de Jésus et Marie, tout ce qu’il entreprenait était béni de Dieu. Il mourut le 19 août 1680 à Caen en France.

J’ai volontairement raccourci la notice d’aujourd’hui pour vous donner la joie de lire quelques lignes de ce saint rayonnant : Voilà ce qu’il disait aux prêtres :

Un bon pasteur est un sauveur et un Jésus-Christ sur la terre, tenant la place de Jésus-Christ, représentant sa personne, revêtu de son autorité, agissant en son nom, constitué pour continuer l’œuvre de la rédemption de l’univers et qui, à son imitation, emploie tout son esprit, son cœur ses affections, ses forces, son temps, son bien, et est toujours prêt à donner son sang et à sacrifier sa vie pour procurer en toutes manières le salut des âmes que Dieu lui a commises.

Et voici encore ce qu’il rapporte de son sermon à la reine : La Reine arriva à la fin de mon sermon, je lui dis bien des choses, sur le sujet du feu qui a brûlé une partie du Louvre. Je commençai à lui parler ainsi:

Madame, je n’ai rien à dire à Votre Majesté, sinon de la supplier humblement, puisque la divine Majesté l’a amenée en ce lieu, de n’oublier jamais la puissante prédication que Dieu lui a faite, et au Roi, par le feu qui a brûlé une partie du Louvre. Vous êtes persuadée que, pour les chrétiens, il n’y a point de hasard, mais que tout se fait par la Providence et l’ordre de Dieu. Ce feu veut dire plusieurs choses : Qu’il est permis aux rois de bâtir des Louvres, mais que Dieu leur commande de soulager leurs sujets, d’avoir compassion de tant de veuves, de tant d’orphelins et de tant de peuples accablés de misères. Qu’il est permis aux princes et aux rois de prendre quelques honnêtes divertissements; mais que d’y employer tous les jours, toutes les semaines, tous les mois, toutes les années et toute la vie, n’est point le chemin du Paradis. Que si le feu temporel n’a pas pardonné à la maison royale, le feu éternel ne pardonnera ni aux princes, ni aux princesses, ni aux rois, ni aux reines, s’ils ne vivent en chrétiens, et s’ils n’ont pitié de leurs sujets, s’ils n’emploient leur autorité pour détruire la tyrannie du diable et du péché, et pour établir le règne de Dieu dans les âmes de leurs sujets.

Pratique : Prions le Seigneur de donner à notre temps de tels apôtres !

Dimanche 18 août : 10°Dimanche après la Pentecôte

Jésus dit a ceux qui se croyaient justes et méprisaient les autres…

Dans l’Evangile d’aujourd’hui, notre Seigneur met en scène deux personnages : le pharisien strict observant de la Loi et le publicain pécheur public, et là, contre toute attente, c’est le publicain qui est loué ! Ces paroles ont du bien choquer quand elles ont été prononcées… Les saints, eux, dans leur sagesse, savaient bien que le jugement de Dieu n’était pas celui des hommes, et ils craignaient… Ainsi sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus se troublaient en pensant aux pauvres actions quotidiennes de sa vie de carmélite, et il fallut l’intervention de la bienheureuse Anne de Jésus, pendant son sommeil pour la rassurer : Oui Dieu est très content de vos sacrifices ! Le saint curé d’Ars voulait, quand à lui, quitter la paroisse d’Ars. Il voyait parfaitement le bien qui s’y faisait et entendait les louanges des gens de piété, mais il n’avait pas confiance… En effet, il n’avait jamais lu, dans les vies de saints qu’il parcourrait assidument, qu’un curé soit devenu saint, et il craignait le jugement de Dieu. Là aussi le Seigneur finit par lui faire comprendre que tout allait bien ainsi.

Mon intention n’est pas de nous faire craindre, nous qui craignons peut-être trop peu le jugement du Seigneur sur nous… Non, je préfère vous répéter le conseil du Seigneur dans l’Evangile : ne jugez pas ! Si nous savons être miséricordieux et pleins de charité dans nos jugements, alors le Seigneur nous accueillera, il l’a promis !

Pratique : Veillons à notre jugement

Samedi 17 août : Saint Hyacinthe

Saint Hyacinthe était polonais de Cracovie, il vécut au 13° siècle. Il était doué dans les études et parvint au poste respecté de chanoine de la cathédrale. Mais il fut alors touché par la forte prédication de saint Dominique et les miracles qu’il accomplissait, il quitta donc sa charge et reçut l’habit des frères prêcheurs des mains même de saint Dominique. Plus tard, de retour dans son pays comme dominicain, son zèle le fit fonder plusieurs couvent de son ordre. Le bréviaire rapporte de lui qu’un jour où il voulait se rendre à Visegrad pour y prêcher, il fut arrêté par le fleuve Vistule qu’il ne pouvait absolument pas franchir, aucun bateau n’osant s’aventurer sur le fleuve en crue. Hyacinthe, dans un élan de foi étendit son manteau sur les eaux et traversa la fleuve avec ses compagnons ! Il mourut le 15 août 1257, après avoir récité son bréviaire, et spécialement le passage qui disait : Seigneur, entre vos mains je remets mon esprit… Son tombeau se trouve à Cracovie.

Saint Hyacinthe sut faire le sacrifice d’une vie aisée et respectée quand il vit l’exemple magnifique de saint Dominique. La beauté du Royaume de Dieu est toujours aussi puissante pour entrainer les âmes, mais savons nous la montrer à tous ceux qui ne croient pas ?

Pratique : Fleurir ou décorer une image pieuse qui certainement trône chez nous.

Vendredi 16 août : saint Joachim

Sous le nom de saint Joachim, nous fêtons le père de la bienheureuse Vierge Marie. Sa fête, célébrée très tôt en Orient, et plus tardivement en occident, a beaucoup voyagé dans le calendrier liturgique : j’ai trouvé au moins 7 jours différents de célébration selon les églises et les temps ! Nous ne savons rien de sa vie, mais la piété populaire s’est emparée rapidement de sa personne ; on remarquera avec intérêt que des écrits apocryphes indiquent qu’il était d’une grande générosité, divisant en trois ses revenus : une partie pour lui-même, une partie pour les pauvres, et une partie pour le Temple ! En plus de cette générosité qui lui est attribuée, la liturgie insiste surtout sur sa descendance prestigieuse : Père de la sainte Vierge et grand-père de l’Enfant-Jésus, ce n’est tout de même pas rien, vous en conviendrez aisément… A rebours de ce monde où règne l’égoïsme, l’exemple de saint Joachim nous pousse au sacrifice pour les générations à venir. Sachons leur enseigner la plus grande des richesses : la générosité!

Pratique : Un don pour une œuvre d’Église.