Vendredi 10 avril : Vendredi-Saint

Commentaire liturgique :

Aujourd’hui, c’est le plus grand jour de deuil de toute l’année dans l’Eglise. La piété populaire, en ce jour de la mort du Christ, aime parcourir avec Lui le chemin de la Croix. La fonction liturgique de l’après-midi est moins pratiquée, alors qu’elle est très traditionnelle et très profonde. Expliquons cette cérémonie. En entrant, le célébrant porte l’étole noire, et fait une longue prostration allongé à terre. Puis suivent en quatre parties. D’abord les lectures, avec particulièrement la Passion selon saint Jean, toujours aussi saisissante, surtout quand elle est chantée en trois pupitres, le lecteur, le Christ, et les ennemis du Christ. Ensuite viennent les grandes oraisons où l’Eglise prie pour tous les hommes  de cette terre. Comment ne pas souhaiter, particulièrement aujourd’hui que tous les hommes de la terre soient touchés par le sacrifice accompli pour eux ? Après cela on adore solennellement la Croix. C’est un antique héritage de la liturgie de Jérusalem où les habitants voulaient absolument vénérer la Croix sainte qui venait d’être retrouvée par sainte Hélène. Les impropères (plaintes du Christ devant l’ingratitude de son peuple) qu’on chante pendant l’adoration sont absolument remarquables. Enfin, même si en ce jour on célèbre pas de Messe en signe de tristesse, on peut tout de même communier, pour nous unir intimement à notre maître. Aujourd’hui veillons à garder en nous le souvenir des souffrances de notre Seigneur.

Mot spirituel :

Quand il eut pris du vinaigre, il dit : Tout est accompli ; il inclina la tête et rendit l’esprit. Tiré du récit le Passion de Jésus, lue en ce jour.

Le Vendredi-Saint trois pensées nous occupent toujours l’esprit. D’abord une immense honte. C’est ainsi que nous avons traité le Fils de Dieu venu sur la terre ! Mais quel mal nous avait-t-il donc fait ? Et quand je dis cela, je ne pense pas simplement au peuple juif, le peuple élu de Dieu qui, globalement, l’a rejeté. Non je pense aussi à aujourd’hui ! Est-ce que les moqueries contre Dieu et la religion ont cessé ? N’y a-t-il pas encore une foule immense d’indifférents, de lâches et même de persécuteurs ? N’en faisons nous pas partie par nos péchés ? Prions pour que la miséricorde de Dieu descende sur tous !

Notre deuxième pensée sera, évidemment, pour Jésus. Abandonné des hommes, accablé d’outrages, Il porte courageusement son témoignage. Quel amour ! Il nous aime donc à ce point ? Rien ne saura le détourner de son sacrifice, et Il pourra dire, en posant doucement sa tête, Tout est accompli ! Ceux qui voudront bien regarder en auront assez pour comprendre le message. Allons nous croire à l’Amour qui nous a été donné !

Notre dernière pensée en ce jour, sera vers la Croix. Elle reste, et pour des siècles, le symbole de notre salut. Elle nous rappelle qu’un jour le Seigneur est venu sur la terre pour nous pardonner. Comment pourrait-on encore manquer d’espérance ? Quand il eut pris du vinaigre, il dit : Tout est accompli ; il inclina la tête et rendit l’esprit.

Pratique : Ne manquons notre méditation personnelle, et dans le silence, de la Passion de Jésus.

Jeudi 9 avril : Jeudi-Saint

Commentaire liturgique :

Autrefois, trois grandes cérémonies se tenaient le jeudi-saint. D’abord la Messe de réconciliation des pénitents. Ils faisaient pénitence publiquement depuis le mercredi des cendres, et, en ce jeudi-saint, l’évêque venait les prendre par la main et leur pardonnait leurs fautes. Ils pouvaient désormais réintégrer la foule des fidèles. Il ne reste rien de cette antique cérémonie aujourd’hui sinon l’obligation de se confesser au moins une fois dans l’année et de faire sa communion à Pâques ! La deuxième cérémonie, toujours actuelle, est la Messe chrismale ou l’évêque dans sa cathédrale consacre les saintes huiles (Saint Chrême, huile des catéchumènes, huile des infirmes) qui serviront à donner les sacrements pendant toute l’année. Enfin la dernière cérémonie la plus importante de ce jour, est la Messe du soir, appelée aussi in cena domini. Elle mélange la joie des beaux mystères de ce jour avec la tristesse de la Passion du Seigneur désormais toute proche. Les ornements sont blancs, l’autel fleuri, et la joyeuse cloche retentit au gloria. Mais on arrête vite la cloche pour la remplacer par la crécelle, et à la fin de la Messe on va dépouiller les autels. Une grande cérémonie surtout se pratique après l’homélie : le lavement des pieds. C’est le grand signe que Jésus voulut laisser à ses disciples, et que l’Eglise en bonne épouse, pratique toujours quelques 2000 ans après !

Mot spirituel :

Il se mit à laver les pieds de ses disciples… Tiré de l’Evangile du jour

Si l’on devait trouver un mot qui résume le jeudi-saint, on dirait sans doute le service ! Aujourd’hui Jésus nous donne le mystère de l’Eucharistie. Il se rend présent sous l’apparence du pain, à notre service, au milieu de nous autant que nous le voulons. Profitons nous de son invitation ? Aujourd’hui  Jésus nous donne les premiers prêtres, et tous ceux qui suivront… Ordonnés pour célébrer la Messe, pardonner les péchés et offrir leur vie toute entière pour le salut des âmes. Il sont donc là pour servir ! Et ils sont indispensables.Allez vous confesser à la Sainte Vierge ou à un ange. Vous absoudront-ils ? Vous donneront-ils le corps et le sang de notre Seigneur ? Non, la Sainte Vierge ne peut pas faire descendre son divin Fils dans l’hostie. Vous auriez deux cents anges là qu’ils ne pourraient vous absoudre. Un prêtre, tant simple qu’il soit, le peut. Il peut vous dire : Allez en paix, je vous pardonne ! rappelait avec force le saint Curé d’Ars. Aujourd’hui enfin, Jésus, tout Fils de Dieu qu’Il est, se fait serviteur et lave les pieds de ses disciples ! Ne croyons pas qu’il s’agit juste d’un beau geste symbolique, comme peuvent le faire les célébrités de ce monde. C’est  bien plus que cela ! Jésus nous indique le chemin du bonheur. Tu veux être heureux ? Arrête de ne penser qu’à toi, de chercher tes aises ou ton argent, et sert là où le Seigneur t’a placé ! Leçon à bien méditer. Il se mit à laver les pieds de ses disciples…

Pratique : Comme l’église nous l’indique, prenons un peu de temps pour adorer Jésus présent dans l’Eucharistie.

Mardi 7 avril : Mardi-Saint

Commentaire liturgique :
En ce jour, la pensée de la Passion remplit encore toute la liturgie. Beaucoup de prières de la Messe sont des plaintes qu’on attribuera facilement au Seigneur, d’autres sont l’annonce de la victoire de la Croix et de la Résurrection. On redonne aujourd’hui le récit de la Passion, mais selon le récit de saint Marc. Dans ce récit, propre à notre évangile, beaucoup ont pensé que le jeune homme qui s’enfuit du jardin laissant le drap qui le couvrait, était saint Marc lui-même ! Le sommet de cet Evangile, se trouve après la mort de Jésus dans le témoignage du centurion: Vraiment cet homme était fils de Dieu !

Mot spirituel :
Vraiment cet homme était Fils de Dieu !

Saviez vous que saint Marc était le compagnon particulier de saint Pierre ? Saint Jérôme, un maître pour tout ce qui touche la Bible, nous apprend que son Evangile est l’écho fidèle de ce qu’enseignait saint Pierre. Alors on comprend mieux certaine spécificités de cet Evangile ! On comprend pourquoi la faute de saint Pierre, la trahison de Jésus, est décrite avec autant de précision… Et cela nous émeut, des années après, de penser à saint Pierre en train de raconter aux premiers chrétiens la terrible nuit où il avait été si lâche et pourtant pardonné par le bon maître. Un ancienne tradition rapporte que les larmes avaient creusées de profonds sillons sur les joues de saint Pierre, car il pleura toute sa vie sa faute, surtout au matin, quand le coq chantait…

On comprend aussi l’allusion au centurion romain qui proclame Vraiment cet homme était Fils de Dieu ! Saint Pierre évangélisait Rome et  ne pouvait manquer de souligner la conversion d’un centurion romain pour inciter ses auditeurs à le suivre ! En relisant l’Evangile de saint Marc aujourd’hui, nous prierons pour que la foi revienne dans nos pays de vieille chrétienté !

Pratique : Relire la Passion selon saint Marc

Lundi 6 avril : Lundi-Saint

Commentaire liturgique :

A Rome, en ce jour, la célébration de la Messe se passe à l’église sainte Praxède, connue pour posséder une relique insigne: la sainte colonne où Notre Seigneur aurait été flagellé. En ce lundi saint, la pensée de la Passion du Christ est ainsi toujours présente, comme en tous les textes. L’Evangile a été choisi parce que saint Jean le place six jours avant la Pâque. Suivons Jésus « de près » durant tous ces jours saints…

Mot spirituel :

La maison fut remplie de l’odeur du parfum. Tiré de l’Evangile du jour.

C’est un charmant tableau que nous présente l’évangile d’aujourd’hui ! Sainte Marie Madeleine vient répandre un parfum précieux sur les pieds de Jésus. Geste d’amour et de dévotion, certainement, et Jésus l’apprécie profondément. Saint Augustin, commentant cet Evangile, explique que ce parfum représente notre vie. En fait nous avons tous une odeur, odeur corporelle… mais aussi odeur spirituelle ! C’est-à-dire que nous donnons autour de nous un exemple, un témoignage, pour le bien ou pour le mal. Peut-être que ma vie illumine les autres ? Peut-être leur, leur donne-t-elle l’exemple de la prière, de la bonté envers les autres, du sacrifice allègrement pratiqué ? Peut-être, au contraire, renvoie-t-elle une image d’indifférence orgueilleuse, de dureté de cœur, de jouissance paresseuse et égoïste ?  Une pèlerine venue voir la saint Curé s’émerveillait de voir les paysans d’Ars travailler dans les chants avec paix sans aucun juron ni mouvement de colère. Et ceux-ci lui disaient : Nous ne sommes pas meilleurs que les autres, mais on n’ose pas mail faire devant un si saint curé !  Mais au fait, que semble dire notre entourage de nous-mêmes ? La maison fut remplie de l’odeur du parfum.

Pratique : Veillons à notre exemple aujourd’hui

Dimanche 5 avril : Dimanche des Rameaux

Avec le dimanche des rameaux, nous entrons maintenant dans la semaine sainte. Pour chacun des jours de cette semaine, vous aurez un bref commentaire liturgique suivi du mot spirituel.

Commentaire liturgique:

La cérémonie de ce jour comporte clairement deux parties. D’abord la bénédiction des rameaux et la procession. Cette cérémonie glorieuse, pratiquée à Jérusalem au 5° siècle, selon le récit d’Ethérie, la pèlerine bordelaise, a été conservée jusqu’à nous. Les fidèles sont invités à prendre un rameau dans la main et faire la procession, car ils font partie de ceux qui reconnaissent le Seigneur et veulent le glorifier. Ils garderont ce rameau à la main pendant le récit de la Passion, car ils savent que la gloire de Jésus se manifeste particulièrement là. Ils muniront les crucifix de leur maisons de ces rameaux pour les protéger et se souvenir que le Seigneur doit être loué toute l’année ! La deuxième partie comporte la Messe et la lecture de la Passion. C’est une cérémonie douloureuse, où l’on veillera à bien écouter le récit de la Passion, tellement marquant. Que ce jour soit l’occasion pour nous de promettre au Seigneur d’accueillir l’amour qu’il nous indique par son sang versé.

Mot spirituel:

Voici que ton roi vient à toi plein de douceur !

Je ne sais pas si vous avez fait votre communion solennelle, ou profession de foi, comme on dit aujourd’hui ? Cette cérémonie qui sort de l’ordinaire, précédée d’une petite retraite, où l’on revêt un aube blanche et où l’on promet qu’on suivra Jésus tous les jours de sa vie… Souvent je me suis dit que l’enfant qui fait cette promesse connaît bien peu la vie ! Il n’a pas expérimenté encore la lâcheté qui peut être la notre parfois, la déception que peuvent nous causer les autres, la violence aussi de la sensualité qui nous habite tous… Et pourtant cette promesse reste belle et on s’en souvient encore des années après, comme une journée de lumière où l’on était proche de la beauté vraie…

Le jour des Rameaux, il me semble que Jésus fait vivre la même chose aux apôtres et à la foule qui le suivait. Il organise une mise en scène parfaite, entrant solennellement dans Jérusalem, tout comme le roi David, montant un âne ! Et tout le monde l’acclame, comment n’aimerait on pas celui qui répandit les miracles et les paroles de lumière ? Et Jésus est heureux de la louange des apôtres, des simples fidèles et des enfants… Même si Il sait que tous en resteront pas fidèles quand la Croix se profilera à l’horizon… Peu importe ! Ces moments de grâces marqueront les assistants pour la vie !

Profitons bien de cette belle fête pour prier le Seigneur de tout notre cœur, le remercier de sa bonté et humblement lui demander la fidélité ! Voici que ton roi vient à toi plein de douceur !

Pratique : Relire l’évangile de l’entrée de Jésus à Jérusalem

Samedi 4 avril : Samedi de la Passion

Si quelqu’un me sert, qu’il me suive ; et là où je suis, mon serviteur sera aussi. Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera. Tiré de l’Evangile du jour.

On voit souvent qu’un mère qui a un enfant difficile s’y attache tout particulièrement. C’est qu’elle sait ce qui lui en a couté de l’élever ! Elle sait les dévouements cachés, les échecs déprimants, les moments d’angoisse et de prière… Son cœur s’est agrandi dans la difficulté et les épreuves et son amour est devenu plus pur.

C’est dire combien la sainte Vierge doit nous aimer depuis le Ciel ! Nous lui avons couté tellement cher… Il a fallu qu’elle porte la Passion douloureuse, qu’elle accompagne toutes les souffrances de son Fils, qu’elle soit au pied de la Croix, offrant son enfant pour le salut du monde. Jésus souligne cet amour immense de Marie en lui montrant saint Jean et lui disant Voici ton fils !

Une ancienne légende chrétienne nous dit que Marie se tenait à la droite de la Croix de Jésus, et du coté du bon larron. L’amour de Marie était si grand et sa prière si profonde qu’elle aurait obtenu sa conversion. Ce brigand qui déclarera que le supplice est juste pour lui, au regard de ce qu’il a commis, mais qui se tournera de manière merveilleuse vers le Seigneur pour demander et obtenir le pardon…

N’oublions jamais que nous avons un mère dans le Ciel, toute prête à intercéder pour nous, toute puissante auprès de Dieu et qui ne sera jamais repoussé par la laideur de nos fautes, bien au contraire !

Pratique : Gardons aujourd’hui la pensée de Marie au pied de la Croix

Vendredi 3 avril : Vendredi de la Passion

il vaut mieux pour vous qu’un seul homme meure pour le peuple… Tiré de l’Evangile du jour.

En ce vendredi de la Passion, prenons le temps de méditer les dernières paroles de Jésus sur la Croix. on en compte traditionnellement sept.

Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font ! Cette parole est typique du Sacré-Cœur de Jésus. Elle montre bien que le pardon des péchés le préoccupait essentiellement. Mais elle reflète aussi son indulgence vis-à-vis des hommes…

En vérité, je te le dis, aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis Alors que le bon larron vient de reconnaître qu’il est châtié justement (qu’avait-il pu faire ? On ne le sait pas…), il lui suffit de demander le salut à Jésus pour l’obtenir… Avis à ceux qui doutent de la miséricorde de Dieu pour eux…

Femme, voici ton fils ! Voici ta mère ! A travers saint Jean, Jésus demande à la sainte Vierge de s’occuper de toute l’humanité de manière particulière. Et tous les hommes sont appelés à se confier à la bonté maternelle de Marie.  

Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? Voilà le poids des péchés encore rappelé… Ces péchés qui sont un abandon de Dieu.

J’ai soif ! Mère Teresa comprit cette parole de Jésus comme l’expression de sa soif des âmes. Que pouvait vouloir Jésus sinon ce salut ?

Tout est achevé ! A ce moment, Jésus proclame Il a donné aux hommes le témoignage qu’Il devait donner. L’écouterons nous ?

Père, entre tes mains je remets mon esprit ! La dernière parole est pour le Père. Et nous espérons nous aussi, un jour, nous rendre dans sa maison auprès de Lui.

Dans toutes ces dernière paroles de Jésus, on voit combien le pardon des péchés tient une grande place… Tel était le témoignage que le Seigneur à fait pour nous !

Pratique : Relisons posément ces sept paroles.

Jeudi 2 avril : Jeudi de la Passion

beaucoup de péchés lui sont remis, parce qu’elle a beaucoup aimé. Tiré de l’Evangile du jour.

Sainte Bernadette disait souvent que la lecture du récit de la Passion du Christ l’avait toujours touché bien plus que tous les sermons qu’elle avait pu entendre sur ce thème… Beaucoup de saint ont remarqué la même chose, il y a une grâce spéciale attachée à ce récit, et c’est à la portée de tous ceux qui possèdent une Bible ! Pourquoi ne pas prendre un peu de notre temps pour lire ces parole sacrées et chargées de grâce ?

Il se passerait sans doute pour nous la même chose qu’on lit dans l’Evangile. Saint Pierre croise le regard de Jésus et il se met à pleurer son reniement. Le bon larron qui devait insulter notre Seigneur tout comme son comparse, se tourne d’un coup vers Jésus et Lui demande de le suivre dans son Royaume. Le centurion au pied de la Croix s’exclame Vraiment celui-ci était le Fils de Dieu ! La foule qui se trouvait là s’en retourna à Jérusalem en se frappant la poitrine, nous dit saint Luc ! Et même après la Pentecôte, quand saint Pierre rappelle aux juifs présent qu’ils ont crucifié le Seigneur, ils eurent, nous dit la Bible, le cœur transpercé ! Une des plus belles grâces cachée de la Passion de Jésus, c’est donc ce cœur transpercé, c’est la grâce de la contrition, du regret sincère de ses péchés ! Si nous manquons d’amour pour Dieu, allons donc le chercher là où Il l’a placé, dans sa Passion ! Là se trouve l’amour vrai ! Beaucoup de péchés lui sont remis, parce qu’elle a beaucoup aimé.

Pratique : Lire un passage de la Passion de Jésus

Mercredi 1er Avril : Mercredi de la Passion

Vous qui me délivrez de mes ennemis furieux, vous m’élèverez au-dessus de ceux qui se dressent contre moi ; Seigneur, vous m’arracherez des mains de l’homme inique.tiré de la liturgie du jour.

Tous les théologiens sont d’accord là-dessus, Jésus aurait pu s’y prendre autrement pour sauver le monde ! Autrement que par la Passion douloureuse, autrement que par cette humiliation, autrement que par tout ce sang versé… Alors pourquoi cette avalanche de souffrances ?

Saint Thomas d’Aquin, toujours aussi lumineux,  nous réponds d’abord que la Passion manifeste parfaitement l’amour de Dieu pour les hommes. De ce jour, les hommes savent jusqu’où Dieu peut aller pour eux. Combien de saint ont médité cette Passion avec des larmes de reconnaissance pour l’amour qui nous était donné ! Tel le saint Curé d’Ars qui disait souvent : Nos fautes sont des grains de sable à côté de la grande montagne des miséricordes de Dieu… Tous ceux qui souffrent sur la terre, de maux grands ou petits peuvent aussi se souvenir que Jésus est passé avant eux et à porté toutes les souffrances humaines à travers la sienne… Dans les autres raisons que Saint Thomas expose, une autre retiendra encore notre attention. Grâce à la Passion, les hommes peuvent comprendre la gravité du péché et la puissance de la grâce de Dieu. C’est cette même grâce qui agit à chaque confession pour noyer tous les péchés que nous apportons humblement au Seigneur. Vous qui me délivrez de mes ennemis furieux, vous m’élèverez au-dessus de ceux qui se dressent contre moi. Seigneur, vous m’arracherez des mains de l’homme inique !

Pratique : Recommandons au Seigneur ceux qui sont dans la souffrance.

Mardi 31 mars : Mardi de la Passion

Rends-moi justice, ô Dieu… délivre-moi de l’homme de fraude et d’iniquité ! Tiré de la liturgie du jour.

La Passion de Jésus commence par l’agonie au jardin des oliviers. Des générations de chrétiens ont été saisis par l’image de Jésus prostré de tout son long par terre sous le poids de l’angoisse… Et que dire de ses paroles à son Père ? Père, si cela est possible, que cette coupe passe loin de moi… Et celles à ses apôtres : Vous n’avez pas pu veiller une heure avec moi ?

Il me semble que la coupe de Jésus, sa grande souffrance, était les péchés des hommes bien d’avantage que les horreurs du chemin de Croix. Quand Jésus parle des sévices de sa Passion à venir avec les apôtres, il ne semble pas manifester une émotion extraordinaire. Mais remarquez que, même juste avant l’agonie, c’est aux péchés que Jésus réagit le plus avec tristesse ! Face à la critique de sainte Marie Madeleine qui verse son parfum, Jésus proteste. Il souligne la trahison de Judas, le reniement de saint Pierre, l’abandon des apôtres pendant la Passion et déjà dans le jardin… Alors on comprend l’agonie douloureuse, car il s’agit là de porter tous les péchés du monde ! c’est comme une gigantesque absolution de tous les hommes que Jésus est en train de gagner…

Pascal écrivait que Jésus est en agonie jusqu’à la fin du monde, Il ne faut pas dormir en ce temps là ! Ne dormons pas en face de Jésus à l’agonie… Demandons surtout pardon pour nos péchés. Rends-moi justice, ô Dieu… délivre-moi de l’homme de fraude et d’iniquité !

Pratique : récitons l’acte de contrition