Vendredi 16 novembre : sainte Gertrude

Sainte Gertrude fait partie de ces saintes religieuses qui vécurent un amour profond du Seigneur et eurent la grâce d’écrire leur expérience à la postérité. Née le 6 janvier 1256 en Saxe, Gertrude entra à 5 ans, pour ses études, au monastère de Helfta, et elle y passera toute son existence ! On trouve trois parties dans sa vie ; la première, sa jeunesse, ne fut pas fameuse. Elle vivait, dit-elle, dans un tel aveuglement, que si vous ne m’aviez donné une horreur naturelle du mal, un attrait pour le bien avec les sages conseils de mon entourage, il me semble que je serais tombée dans toutes les occasions de fautes, sans remords de conscience, absolument comme si j’avais été une païenne […]. Cependant vous m’aviez choisie dès ma plus tendre enfance, afin de me faire grandir au milieu des vierges consacrées, dans le sanctuaire béni de la Religion… La deuxième partie dura 20 ans pendant lesquels elle étudia ardemment, et avec grand succès, les sciences profanes et la sagesse humaine, négligeant la prière. Mais elle eut une vision du Seigneur qui la prit par la main et lui montra doucement le buisson d’épines qui opprimait son âme. Elle se tourne alors vers le Seigneur par la lecture de la Bible, l’étude de la théologie et une prière intense. Le Seigneur déclara que le cœur de Gertrude était devenu pour Lui une demeure de délices. Elle eut de fortes expériences mystiques, des révélations particulières de Dieu, et une grande influence par ses livres : le hérault de l’amour divin, les révélations, les exercices spirituels, véritables chefs-d’œuvre de la littérature spirituelle. Morte un 17 novembre vers l’an 1302, âgée de 46 ans, elle est souvent représentée avec un cœur enflammé en main.

Puisse sainte Gertrude nous apprendre que la vraie joie se trouve dans l’amitié avec Dieu. Amour, ô mon doux Soir, faites-moi m’endormir en vous d’un sommeil tranquille, et goûter cet heureux repos que vous avez préparé en vous à ceux que vous aimez.     Sainte Gertrude, exercices spirituels

Pratique : Nous veillerons aujourd’hui à offrir chacune de nos activités par une brève prière.

Jeudi 15 novembre : saint Albert le Grand

Seigneur Jésus-Christ, écoutez la voix de notre douleur… nous crions vers vous pour n’être pas séduits par de vaines paroles tentatrices sur la noblesse de la famille, le prestige de l’Ordre, le brillant de la science. Prière de saint Albert le Grand

Albrecht von Bollstaedt, né à Lauingen en Souabe, au début du 13ème siècle, fut un des esprit les plus brillants du Moyen-Âge. Enfant remarquablement doué pour l’étude, il fut envoyé à Padoue pour parfaire son instruction. Là-bas, il choisit d’entrer dans l’ordre dominicain contre l’avis familial. Ses supérieurs le destinèrent à l’enseignement en Allemagne puis à Paris (à l’université de la Sorbonne), c’est là qu’il rencontra son élève saint Thomas d’Aquin dont il prédit l’incroyable rayonnement futur. Il fut nommé provincial d’Allemagne pour son ordre, conseiller du Pape Alexandre IV, puis évêque de Ratisbonne qu’il gouverna pendant deux ans ; enfin il revint à Cologne pour y étudier et enseigner. C’est là qu’il mourut le 15 novembre 1280 ; il fut canonisé et déclaré docteur de l’Eglise en 1931. Son extraordinaire science (on compte plus de 21 volumes de ses écrits), unie à une authentique sainteté, le fit surnommer, de son vivant, « le grand ». Il a marqué l’histoire de l’Église par l’étendue de sa connaissance dans les sciences surnaturelles, pour avoir introduit la philosophie réaliste d’Aristote dans l’explication de la doctrine, et pour avoir défendu l’harmonie entre la science et la foi.

L’extraordinaire rayonnement intellectuel de saint Albert s’est uni à une grande piété et à l’amour des âmes. Pour reprendre la parabole de l’Evangile, Albert avait reçu 10 talents, et il a su en rendre 10 autres ! Lui… Et nous, qu’avons-nous fait de nos capacités ? Chacun ne doit-il pas apporter sa pierre ? Qu’avons-nous donné de nous-mêmes pour le royaume de Dieu ?

Pratique : Nous veillerons aujourd’hui à tout faire avec générosité.

Mercredi 14 novembre : saint Josaphat

Il n’u a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. Offertoire de la fête de saint Josaphat.

Josaphat Kuncewicz est né à Wladimir en Volhynie (en actuelle Ukraine) en 1580 ; il est contemporain, donc, de saint François de Sales et saint Vincent de Paul. Jeune homme très pieux, il entra à 20 ans chez les religieux de saint Basile, y mena une vie édifiante, et gravit rapidement les échelons des responsabilités : prêtre, Archimandrite, réformateur de l’ordre Basilien, et même Archevêque de Polotsk (en actuelle Biélorussie). Il se dévoua corps et âme à son troupeau, travaillant particulièrement à ramener les schismatiques et les hérétiques à l’unité romaine avec un merveilleux succès. Mais cela lui valut leur profonde inimitié et un complot en vue de le tuer. Il annonça lui-même en sermon la mort qui le guettait, et, peu après, comme il se rendait à Vitebsk pour la visite pastorale, des schismatiques investirent le palais épiscopal, massacrant ceux qui se trouvaient sur leur passage. Saint Josaphat sortit alors au devant d’eux, demandant avec douceur : Mes chers enfants, pourquoi maltraiter mes serviteurs ? Si c’est à moi que vous en voulez, me voici. Les insurgés se précipitèrent alors sur lui, le transpercèrent de leurs armes et le décapitèrent d’un coup de hache, puis il jetèrent son corps dans le fleuve. C’était le 12 novembre 1623, Josaphat était âgé de 43 ans. Son corps, émettant une vive lumière, fut retiré des flots, et ses meurtriers se convertirent et revinrent à la foi catholique.

Notre saint d’aujourd’hui a beaucoup travaillé pour l’unité de l’Église, c’est-à-dire pour le retour à l’Église catholique des Orientaux qui s’en étaient séparés. A sa Messe, on lit le bel évangile du Bon Pasteur, car Josaphat a vraiment donné sa vie pour ses brebis, puisqu’il a été assassiné par ceux qu’il essayait de convertir. Et nous, portons-nous vraiment le souci de l’Église et de son unité ? Croyons-nous que l’unité est un don de Dieu qui ne s’obtient que par la prière ? Que naisse alors chez nous un grand courant de prière pour demander à Dieu cette grâce de l’unité !

Pratique : une prière pour tous ceux qui vivent loin de l’Église, surtout parmi notre prochain.

Mardi 13 novembre : saint Didace

Dieu tout-puissant et éternel, qui, par une providence admirable, choisissez ce qu’il y a de plus faible dans le monde pour confondre ce qu’il y a de plus fort ; soyez propice à notre humilité, et accordez-nous grâce aux pieuses prières de votre bienheureux Confesseur Didace, d’être élevés dans les cieux à la gloire éternelle. Oraison de la Messe de saint Didace. 

Saint Didace naquit à saint Nicolas de port au diocèse de Séville en Espagne. Dès sa jeunesse il était attiré par Dieu, et il choisit d’entrer chez les chez les franciscains d’Arrizafa. Il fut mis au nombre des frères « lais »: ceux qui ne recevaient pas le sacerdoce et s’occupaient habituellement des taches plus humbles. Cependant Dieu l’illuminait, il en parlait avec une grande sagesse et une étonnante profondeur sans avoir jamais étudié les lettres. Envoyé comme missionnaire aux iles Canaries, il fonda un couvent au milieu de grandes persécutions, et convertit un grand nombre d’infidèles. Présent à Rome pour l’année jubilaire 1425, qui vit affluer dans la Ville une grande foule de pèlerins, il s’occupa merveilleusement des malades et en guérit un grand nombre par le signe le Croix ou une simple onction de l’huile qui brulait devant l’image de la sainte Vierge ! Il mourut à Alcala de Henares le 12 novembre 1463, et son corps, exposé plusieurs mois pour satisfaire la dévotion des fidèles qui le tenaient pour un saint, exhalait une suave odeur…

Dans la vie des saints, comme sainte Bernadette, le Padre Pio, ou encore saint Didace, on remarque souvent cette extraordinaire bonne odeur qu’ils émettent. Le Seigneur nous envoie une effluve du paradis où ils se trouvent, et aussi témoigne de la beauté de leur vie aux yeux de Dieu ! Que l’humilité de saint Didace nous inspire de servir Dieu fidèlement là où Il nous a placé !

Pratique : Aujourd’hui, nous penserons à écouter les autres plutôt qu’à parler…

Lundi 12 novembre : saint Martin 1er

Ce Martin-là souffre d’être un peu éclipsé par son prédécesseur, le glorieux évêque de Tours… Il eut pourtant un courage exceptionnel au cours de sa vie ! Natif de Todi en Ombrie au  7ème siècle, Martin fut Pape de 649 à 655. Il s’opposa au Patriarche de Constantinople tombé dans l’hérésie, le fit condamner par un concile, subissant pour cela même la colère de l’empereur. Il faillit être assassiné, mais fut finalement capturé par l’empereur, dut subir une captivité éprouvante à Constantinople (il était exposé aux moqueries de la population) et fut envoyé en exil en Chersonèse. C’est là qu’il mourut, suite aux persécutions subies. L’histoire nous a conservé l’une de ses dernières lettres d’exil, où il redit magnifiquement son attachement à la foi et son abandon au Seigneur : Dieu, qui veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité, puisse-t-il, par l’intercession de saint Pierre, établir leurs cœurs dans la foi orthodoxe, les fortifier contre tout hérétique et tout personnage qui s’oppose à notre Église… De ce pauvre corps qui est le mien, le Seigneur lui-même prendra soin, comme il lui plaira d’en disposer, soit que mes épreuves ne cessent pas, soit qu’il m’accorde un peu de soulagement. Le Seigneur est proche : de quoi puis-je me tourmenter ? J’espère en ses miséricordes, et qu’il ne tardera pas à ordonner la fin de ma course.

Dans l’Évangile de sa Messe, on lit la belle profession de foi de saint Pierre : à Jésus qui lui demande qui Il est vraiment, à son avis, saint Pierre répond : Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! C’est ce que nous attendons du Pape : qu’il nous confirme dans la foi, le seul roc sur lequel nous puissions bâtir notre vie ! Mais n’oublions pas que l’Église attend aussi de nous de connaître et savoir rendre compte de notre foi !

 

Pratique : Pourquoi ne pas reprendre notre catéchisme ?

Dimanche 11 novembre : 25ème après la Pentecôte, 5ème après l’Épiphanie…

Laissez-les croître jusqu’à la moisson…

C’est un peu fort de café, cette histoire ! Dans l’Évangile de ce jour, une parabole que Notre Seigneur nous raconte pour nous faire comprendre les mystères du Royaume de Dieu, le monde est décrit comme un champ dans lequel ont été répandu de bonnes puis de mauvaises graines. Et quand on demande au Maître du champ, le Seigneur, ce qu’il faut faire de tout cette mauvaise herbe qui menace d’étouffer le froment, Il répond : Laissez-les croître jusqu’à la moisson…

Tout de même ! Que notre monde soit comme un champ bouleversé, un vrai champ de bataille, est assez évident. Que la mauvaise graine soit bien présente et qu’elle étouffe consciencieusement ceux qui veulent le Royaume de Dieu, c’est tous les jours qu’on le constate… Mais qu’il faille laisser tout en l’état en attendant la fin du monde ! Comment accepter une telle parole ?

Et pourtant… si détruire tout le mal parait attrayant, le Seigneur nous a averti du danger de cette tentation fondamentaliste : Vous risqueriez d’arracher le bon grain avec l’ivraie… Avec de tels raisonnements, nous aurions bien vite lapidé sainte Marie-Madeleine et le bon larron, en plus de la femme adultère… Et avec des tels raisonnement qui subsisterait ? qui peut prétendre être absolument un bon grain ? Que les bons supportent donc les méchants , nous dit saint Augustin, mais que les méchants se convertissent et imitent les bons ! … et pour arriver aux jours heureux, ne blasphémons point en traversant les jours malheureux. Alors, est-ce vraiment le grain de bonté, le Royaume de Dieu, qui pousse en nous ?

Pratique : Aujourd’hui, nous veillerons à éviter toute plainte.

Samedi 10 novembre : saint André Avellin

Lancelot Avellin naquit à Castronuovo en Lucanie, en 1521. Après des études de droit, il fut ordonné prêtre, et devint avocat pour les causes ecclésiastiques. Mais, un jour, un léger mensonge lui échappa au cours d’une plaidoirie. Alors, se souvenant du verset de la Bible : La bouche qui ment donne la mort à l’âme, il résolut de quitter une si dangereuse charge, pour se dévouer au salut des âmes, et devint religieux dans un ordre nouvellement fondé et fervent : l’ordre des Théatins. C’est là qu’il prit le nom d’André, et il fut un modèle de fidélité, d’humilité, et de dévotion à la sainte Vierge Marie. Il se dévoua de manière extraordinaire, dans tout le royaume de Naples pour convertir les pécheurs et amener les chrétiens à une vie fervente. Le Seigneur manifesta à tous l’ardente charité de ce prêtre à travers le miracle suivant : un soir de vent et de forte pluie où saint André rentrait d’avoir assisté un mourant, la lumière de sa lanterne s’éteignit… Le corps d’André se mit alors à briller, indiquant le chemin, et, au terme de la route, ni lui ni ses compagnons ne furent mouillés ! Sa mort fut vraiment surprenante : il eut une crise d’apoplexie au début de sa Messe en disant ces paroles : Introibo ad altare Dei ! Je monterai à l’autel de Dieu ! C’était le 10 novembre 1608, et saint André Avellin était âgé de 87 ans.

Dans les ancienne églises, l’autel est souvent surélevé, et la voute au-dessus est abaissée. Les anciens symbolisaient ainsi que sur l’autel se rencontraient le Ciel et la terre ! La mort de saint André Avellin nous rappelle la même chose : la Messe est ce qui nous introduit au Ciel, elle devrait être au cœur de notre vie… Nous le savons bien, mais alors… pourquoi tant d’églises restent vides, et tant de Messes sans grande assistance ? Pas le temps ?… Ou pas l’envie réelle de s’approcher du Seigneur ?

Pratique : Si l’on ne peut assister à la Messe aujourd’hui, on veillera au moins à désirer communier à une Messe qui se célèbre (Ce qu’on appelle la communion spirituelle).

Vendredi 9 novembre : dédicace de l’Archibasilique du Très saint Sauveur

Ce lieu est terrible : c’est la maison de Dieu et la porte du ciel, et on l’appellera la demeure de Dieu. (Introït de la fête de la dédicace)

Cocorico ! C’est aujourd’hui un jour de fierté française, puisqu’on célèbre la dédicace de l’Archibasilique du Très Saint Sauveur, appelée aussi basilique du Latran, à Rome. Fierté disais-je, puisque cette Église, qui se pare de l’auguste titre de Mère et maîtresse de toutes les églises, est spécialement sous protectorat de la France !

Fierté vraiment ? Ne nous le cachons pas… si cette basilique, offerte à l’Église par la piété de l’empereur Constantin, a été mise sous la recommandation de notre pays, c’est en hommage à la mission – habituellement remplie depuis Clovis – de protéger l’Eglise… Qu’en reste-t-il ? Pas grand chose aujourd’hui, puisque notre pays est dominé par une laïcité agressive et une indifférence religieuse crasse… France, fille aînée de l’Eglise, qu’as-tu fait de ton Baptême ?

Fierté toujours ? A voir les églises, oratoires, calvaires, croix de missions, qui parsèment nos contrées, on se dit que le Seigneur a béni la terre de nos ancêtres ! Hélas… tant de ces édifices sont aujourd’hui en ruines, détruits, abandonnés, profanés… quelle honte pour nous, incapables de faire au moins survivre l’héritage de nos pères ! Et nous, avons nous souvent posé des actes publics de foi ? Avons nous jamais pensé a dresser un oratoire, une statue, une Croix, sur nos maisons et nos terrains ? Celui qui aura rougi de moi, le Fils de l’homme rougira de lui quand il viendra dans la gloire… Lc 9,26.

Pratique : Nous veillerons aujourd’hui à bien faire la prière d’action de grâce, avant et après le repas.

Jeudi 8 novembre : de la férie

La nature se pare des couleurs d’automne. La pluie, le vent, la grisaille, tout nous parle du monde qui passe et qui est en quête de renouvellement. La liturgie de l’Église est à l’unisson de la nature, en nous faisant penser aux âmes du purgatoire. Elles aussi sont en quête de renouvellement ! Si nous sommes touchés de leur sort, n’oublions pas ce qui, selon toute la tradition de l’Église, peut leur faire le plus de bien : faire célébrer des Messes !

Dans ses dialogues encore, sainte Grégoire le grand raconte l’histoire du moine Justus qui avait secrètement gardé trois écus d’or, en opposition à son vœu de pauvreté. Grâce à la bonté de son frère Copiosus à qui il avait avoué sa faute, il s’était repenti, mais il mourut peu après. La faute ayant été connue de tout le monastère, saint Grégoire le fit enterrer à l’écart dans une fosse aux immondices avec ses trois écus ! Mais pris de compassion le saint ordonna à l’économe Pretiosus de faire célébrer des Messes pour le repos de son âme. Ce que fit Pretiosus, et, un soir, il eut la surprise de voir son frère Justus lui apparaitre et lui dire qu’il était admis dans la société des saints. On compta les jours où la Messe avait été dite à son intention et on vit qu’au bout de trente jour son âme avait été libérée du purgatoire ! Depuis, dans tous les monastères bénédictins et chez bien des fidèles, on fait célébrer des trentains de Messes pour ceux qui nous ont quittés…

St Jean Bosco, de son coté, raconte l’histoire de ces deux prêtres amis qui avaient fait la promesse de dire une Messe pour le repos de l’âme de celui qui mourrait en premier. Or l’un des deux mourut un soir. Le lendemain matin l’autre célèbre la Messe promise, et il voit son ami partir pour le paradis en lui disant : Mais pourquoi as-tu tant tardé ! …

Pratique : Ne tardons pas à faire célébrer des Messes pour nos défunts.

Mercredi 7 novembre : de la férie

Visite guidée du purgatoire ! Je ne sais pas si les tour-opérateurs, qui recherchent les destinations les plus exotiques ont jamais pensé à celle-là ? Permettez-moi, alors, le temps d’un mot spirituel, de vous emmener dans ce lieu bien mystérieux, guidés par une sainte qui eut des lumières particulières sur la question : sainte Catherine de Gènes.

Dans son traité du purgatoire, elle décrit l’incroyable différence entre la vie de ces âmes et la nôtre. Sans mauvais jeu de mot, on pourrait résumer ainsi sa pensée : au contraire de notre monde, dans le purgatoire, il n’y a pas de tiédeur ! – Ici-bas nous sommes tièdes dans nos idées, ne voyant pas très clairement le vrai et le faux. Dans le purgatoire, les âmes savent parfaitement où est la vérité ; sainte Catherine nous dit qu’elles choisissent elles-mêmes d’aller au purgatoire, car elles ne voient que trop qu’elles ne sont pas prêtes pour la vision de Dieu ! – Ici-bas nous sommes tièdes dans nos résolutions de progrès. Pour les âmes du purgatoire, l’attente de voir Dieu est une immense faim, nous dit notre sainte. – Ici-bas nous sommes inconstants dans les efforts, paresseux pour faire le bien. Dans le purgatoire les âmes souffrent terriblement mais joyeusement, car tous savent que c’est la volonté de Dieu, que le moment de la joie parfaite approche…

Saint Catherine imagine encore la prédication que pourrait nous donner une de ces âmes : Il me vient une envie de crier avec une telle force que sur la Terre tous les hommes en seraient épouvantés. Je leur dirais: « malheureux, pourquoi vous laissez-vous aveugler à ce point par le monde? A cette nécessité si pressante où vous vous trouverez au moment de la mort, vous n’avez aucun souci de vous préparer! Vous vous abritez tous sous l’espérance de la miséricorde divine. Elle est si grande, dites-vous. Mais vous ne voyez pas que cette bonté de Dieu tournera à votre condamnation puisque c’est contre la volonté d’un si bon maître que vous aurez agi. » Et si les âmes du purgatoire nous convertissaient ?

Pratique : continuons nos visites de cimetière pour les défunts.