Quelle scène étonnante, racontée au premier chapitre du livre des Actes ! Jésus vient de monter au Ciel à l’Ascension et saint Pierre, au milieu d’environ 120 frères déclare qu’après la mort de Judas, il lui faut un remplaçant pour qu’il y ait toujours les 12 apôtres ! Et il faut qu’il ait suivi Jésus depuis son baptême dans le Jourdain ! On en présente deux aux apôtres, Un certain Joseph surnommé le juste, et Matthias… Alors les apôtres se mettent en prière en demandant à Dieu d’indiquer lequel Il a choisi. Ils tirent au sort et c’est le 2°, Matthias qui, est désigné… Ce sera un excellent choix puisque l’histoire nous dit que Matthias s’est dépensé pour la Mission et qu’il est mort martyr ! Quelle foi dans ces apôtres ! Alors que la Pentecôte n’est encore arrivée, ils savent avec une foi profonde que Jésus est toujours présent à son Eglise qu’il la dirige et veille sur elle ! N’oublions jamais, quelles que soient les crises que traverse l’Eglise, que Jésus veille sur elle et la gardera vivante jusqu’à la fin du monde… Et soyons prêts à la servir comme saint Matthias !
Lundi 23 février : Lundi de la première semaine de Carême
En suivant la liste des péchés capitaux donnée par saint Thomas d’Aquin, parlons aujourd’hui de l’avarice ! On définit ce défaut comme un amour désordonné des biens de cette terre. C’est à dire que c’est normal d’aimer avoir une maison, une voiture, et de quoi vivre. Mais c’est facile d’exagérer et de se passionner pour l’argent et les richesses. C’était un des péchés de Judas, d’après l’Evangile de saint Jean. Quand Marie de Béthanie verse du parfum sur les pieds de Jésus, Judas râle : On aurait pu vendre ce parfum 300 pièces d’argent que l’on aurait donné aux pauvres ! Dit-il. Et saint Jean ajoute : Il parla ainsi non par souci des pauvres, mais parce que c’était un voleur. Comme il tenait la bourse commune, il prenait ce qu’on y mettait… Vous avez remarqué comme Judas estime le prix du parfum avec rapidité ? Voilà bien la fascination désordonnée… Comment savoir si nous sommes avares nous-mêmes ? On l’est sans doute tous un peu… ou parfois beaucoup… Est ce que nous parlons souvent d’argent ? De quand date notre dernier don gratuit ? On a parfois surpris du décalage entre ce que nous pensons être et ce que nous sommes en vérité…
Dimanche 22 février : 1° dimanche de Carême
Arrière Satan !
Notre époque est fascinée par le Diable. Film ou séries, musiques à paroles violentes, ésotérisme en tout genre, il est bien rare de ne pas retrouver sa figure inquiétante sur notre chemin. Sans prétendre apprécier d’aucune manière cette sous culture en recherche d’émotions fortes, je crois qu’en se laissant trop fasciner on risque de louper l’essentiel. C’est à dire la véritable attaque de Satan sur notre monde moderne. Vous la voyez vous ? Elle est dans le divertissement continuel (le pain que l’homme d’aujourd’hui préfère à la parole de Dieu pour le faire rêver), elle est dans le désir d’indépendance forcenée qui va jusqu’à pousser les hommes à nier la nature et ses réalités fondamentales d’homme et de femme et de famille, comme s’ils se jetaient du haut du Temple en pensant qu’il n’arrivera rien. Elle est dans le refus de toute obéissance, c’est à dire dans le culte de l’homme et de sa propre personne comme si l’on croyait ainsi dominer le monde ! Arrière Satan, c’est à Dieu seul que tu rendras un culte ! Dit Jésus. Attentions aux attaques sournoises de notre temps. Et aujourd’hui comme hier, le culte de Dieu, la prière, sera la seule manière de faire vivre notre et de trouver le chemin de Dieu.
Samedi 21 février : Samedi après les Cendres
Comment lutter contre l’orgueil et acquérir l’humilité son contraire ? Une parole puissante de Jésus lui-même dans l’Evangile nous éclairera parfaitement. Va te mettre à la dernière place ! C’était un jour où Jésus observait comment les invités à un repas visaient les meilleures places, belle manifestation d’orgueil… Pour éviter l’orgueil visons donc la dernière place ! La dernière place en gardant le silence alors qu’on aimerait parler, la dernière place en obéissant alors qu’on aimerait tellement commander, la dernière place en pensant à ses propres fautes plutôt que celles du prochain… N’est ce pas à notre portée ? Dans la vie des père du désert on raconte qu’un jour on appela Abba Moïse pour juger un frère coupable d’une grave faute. Il vint en portant sur son dos un panier de sable percé qui laissait une traînée de sable derrière lui. On lui demanda : Que veux tu nous dire, Abba ? Il répondit : Mes péchés coulent à flot derrière moi et je ne les vois pas, et je viens aujourd’hui pour juger des fautes d’autrui. Lui était vraiment humble…
Vendredi 20 février : Vendredi après les Cendres
Ce défaut bien caché de l’orgueil fait des ravages en nous-mêmes. Vous savez lesquels ? D’abord cela nous rend incapable d’écouter les sages avis des autres, surtout s’ils ne correspondent pas à notre avis… Dans la Bible on lit ainsi l’histoire de Roboam, le fils du roi Salomon. Devenu roi après la mort de Salomon, il rencontre des représentants des tribus d’Israël qui lui demandent d’alléger leurs charges. Le conseil des anciens demande d’écouter favorablement cette demande, mais les jeunes qui l’entouraient lui conseillent la fermeté pour mater toute désobéissance. Et Roboam suit le conseil des jeunes qui lui plaisait et il provoqua le schisme en deux royaume celui de Juda dont il restait roi et celui d’Israël, séparé de lui… Même si nous ne sommes pas des rois, combien des fois nous aovns été incapable d’écouter simplement des avis différents ?… Une autre conséquence de l’orgueil, c’est la vanité ! C’est à dire rechercher toujours l’admiration des autres.. Salomé dansa devant le roi Hérode, elle lui plut et il promit d’accorder ce qu’elle voulait. La tête de Jean-Baptiste sur un plateau ! Fut sa réponse. Et Hérode, devant ses officiers, n’osa pas revenir sur sa parole et commis crime épouvantable… Attention à la leçon, l’orgueil ne tient pas ses promesses, il ne nous grandit pas, il abaisse moralement celui qui le laisse dominer…
Jeudi 19 février : Jeudi après les Cendres
Chers amis, cette année, pour le Carême, on parlera des péchés capitaux, c’est à dire tous nos défauts ! On regardera si ils sont bien en nous, le danger qu’ils représentent et comment lutter efficacement contre eux… vaste programme ! Commençons tout de suite par l’orgueil ! Pensez vous être orgueilleux ? Et bien regardez, par exemple, comment vous réagissez par rapport aux critiques ? Avec paix ou énervement ou même colère ? Regardez aussi s’il n’y a pas un peu d’égoïsme dans vos attitudes quotidiennes ? Alors la réponse est oui, vous êtes un peu orgueilleux… Et si ce défaut est fort et même dominant en vous, il va falloir s’y attaquer pendant ce carême. La petite Bernadette de Lourdes, quand on lui dit qu’on la prenait pour une folle à boire ainsi de l’eau boueuse et manger de l’herbe, répondit C’est pour les pécheurs ! Et elle ne se troubla pas, l’orgueil n’était sans doute pas son grand défaut. Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, elle, refusa catégoriquement quand son père lui demanda d’embrasser la terre pour avoir un sou. Elle reconnaîtra sans peine qu’elle avait du travail à ce sujet… Et nous ?
Mercredi 18 février : Mercredi des Cendres
Souviens toi, homme, que tu es poussière et que tu retourneras en poussière !
Pourquoi des cendres sur ma tête ? La Bible raconte que se couvrir de cendres est un très ancien geste de pénitence de l’humanité. Ainsi le livre de Jonas raconte que les Ninivites, qui n’étaient donc pas des juifs, quand ils entendirent les annonces de destruction de leur ville par Jonas, prirent cela très au sérieux. Ils déclarèrent un jeune obligatoire, se couvrirent de sac et s’assirent sur la cendre. Être couvert de Cendres indique qu’on a compris n’est pas grand chose, qu’on est un peu de poussière qui passe. Ça veut dire aussi qu’on est conscient du mal et des destructions trop fréquentes sur notre terre. Ça veut dire enfin qu’on est triste d’avoir fait du mal nous-mêmes… Alors aujourd’hui allons à l’Eglise, devant Dieu et recevons ces Cendres sur notre tête ! Pas pour se faire voir, évidemment, mais pour dire à Dieu, qu’on va travailler sérieusement à changer tout ce mal, et devenir de vrais enfants. On y croit ! Et n’oublions de jeûner, c’est obligatoire, pour ceux qui le peuvent, de 18 à 60 ans !
Mardi 17 février : Préparation au Carême 2
C’est au vieux penseur grec Aristote qu’on doit cette belle parole de sagesse : Le commencement est la moitié de la chose faite ! C’est à dire que le plus dur est de commencer ! Et nous le savons bien… Combien de fois on a eu de belles paroles et on a rien fait. Combien de fois on a donné de bons conseils… aux autres. Combien de fois on n’a pas commencé le Carême au début et on a réalisé avec honte à la troisième semaine de carême qu’on avait toujours pas commencé le moindre effort… Alors par pitié nous devons absolument commencer demain mercredi des Cendres ! Un jour passé est un jour déjà perdu ! Mais si nous sommes résolus à donner ce coup de collier, si nous attaquons les efforts dès le début, alors nous avons toutes les chances de faire un vrai et bon carême marqué par les succès ! Vous m’avez compris ? Alors au boulot, dès demain, sans faute !
Lundi 16 février : Préparation au Carême 1
Le pape saint Grégoire le Grand remarque qu’on devrait normalement garder la ferveur toute l’année. Mais comme cela est malheureusement assez rare, c’est donc un précieux cadeau du Ciel que la sainte Eglise appelle ses enfants au moins une fois par an à un vrai temps de pénitence ! Au moins un fois par an, et pour préparer la fête de Pâques, tous les chrétiens unis dans l’effort pendant 40 jours vont multiplier les prières qui rempliront les âmes de lumière, multiplier les efforts de pénitence qui corrigeront les cœur trop tournés vers le mal, multiplier aussi les actes de bonté pour les autres qui ne nous étouffent pas habituellement… Voilà les trois efforts que nous devons absolument fixer aujourd’hui, à deux jour de l’ouverture officielle du temps de pénitence, si cela n’était pas déjà fait. Quelle prière vais je faire en plus ? Quel dévouement pour les autres ? Quel sacrifice pour transformer mon âme ? Et si vous n’aviez pas d’idée, n’hésitez pas à demander à ceux avec qui vous vivez, ils sauront vous indiquer, avec charité, ce qui cloche peut être chez vous…
Dimanche 15 février : Dimanche de la Quinquagésime
Ils lui disaient de se taire, mais lui criait de plus belle !
J’avoue que les cours de catéchisme m’amusent souvent, les enfants découvrent la vérité avec tellement de naïveté ! Par exemple à chaque retour de vacances je leur pose la question : J’espère que vous n’avez pas oublié de faire votre prière le matin et le soir ? Et il y en a toujours l’un ou l’autre qui reconnaît avec simplicité : Moi j’ai oublié ! Et je lui dit alors : Tu as oublié ? Mais est ce que tu as aussi oublié de manger un repas ? Il me répond non, évidemment… Et je lui dit alors : Tiens c’est curieux on oublie facilement le bon Dieu mais on n’oublie pas son ventre ! Ils me regardent alors avec stupéfaction pensant que je dois être un grand sage pour faire des remarques aussi profondes ! Quelque part cette leçon est aussi celle de l’Evangile d’aujourd’hui avec cet aveugle qui crie de toutes ses forces pour que Jésus le guérisse. Il s’en moque qu’on lui crie dessus, qu’on lui demande de se taire, il veut vraiment guérir ! Mais est ce que nous voulons aimer le bon Dieu et changer nos défauts autant que celui ci a envie de guérir ? Pas vraiment, avouons le humblement… Voilà notre pauvre cœur qu’il faudrait faire progresser… Et le carême est là pour cela. Soyons prêt à faire des efforts ! Crions à Dieu un peu plus fort pour qu’il nous guérisse !
