Mercredi 28 mai : Vigile de l’Ascension

Jésus leva les yeux au ciel, et dit : Père, l’heure est venue, glorifiez votre Fils !

Veillez et priez ! Tel est le conseil que nous donne Jésus dans plusieurs passages de l’Evangile… L’Eglise a retenu ce conseil et elle prépare les plus grandes fêtes par une vigile, c’est-à-dire un jour de prière préparatoire à la solennité qu’on va célébrer. Le mot vigile, vient du latin, et signifie d’ailleurs: veille. Aujourd’hui c’est donc la vigile de l’Ascension. Et, alors que les vigiles nous appellent normalement toujours à la pénitence (pour bien se préparer à la fête), la vigile de l’Ascension fait exception. C’est une vigile joyeuse, célébrée avec Gloria et les ornements blancs. Il faut dire que l’Ascension correspond à un événement particulièrement heureux : la glorification de Jésus dans le ciel… La Messe est la même que dimanche dernier sauf l’épître et l’évangile qui sont propres à ce jour.

Dans l’office de Matines du bréviaire, l’Eglise nous donne un texte profond de saint Augustin sur l’évangile du jour. Quand il lit que Jésus dit Père, l’heure est venue, glorifiez votre Fils ! saint Augustin remarque que Jésus dit cette prière à voix haute, alors qu’Il aurait pu le faire silencieusement ! C’est donc un enseignement pour nous tous, qui oublions si souvent que notre vie de la terre ne dure pas, mais qu’elle aboutira à la rencontre avec Dieu. Nous aussi nous sommes fils de Dieu, fils de cette gloire et héritiers du Ciel, si nous le voulons… Penses à ta fin et tu ne pècheras pas ! c’était déjà un enseignement de l’ancien Testament… Qui n’a pas perdu de sa valeur aujourd’hui !

Pratique: Méditer quelques instants sur notre accueil par Dieu après notre mort

Mardi 27 mai : Saint Bède le Vénérable

Les larmes accompagnaient ses explications… tiré du bréviaire de sa fête.

Bède naquit à Jarrow dans le Northumberland (région d’Angleterre proche de l’écosse) vers la fin du VII° siècle, peu après la conversion de l’Angleterre à la foi catholique. A l’âge de 7 ans il entra au monastère bénédictin tout proche qu’il ne quittera plus. Par un travail assidu, il développa une immense science de la Bible et des Pères de l’Eglise qui impressionna son temps. Saint Boniface l’appelait la lumière de l’Eglise et, de son vivant, on lisait ses écrits publiquement dans les églises, en l’appelant Bède le Vénérable, tire qui lui est resté depuis. A cette science il joignait une vie pure et un grand amour des fidèles pour lesquels il ne cessa d’enseigner jusqu’à ses derniers instants. Il mourut en entonnant le Gloria Patri, le jour de l’Ascension 26 mai 735, et peu après une odeur suave sortait de son tombeau ! Le Pape Léon XIII le déclara docteur de l’Eglise.

Les larmes accompagnaient ses explications… Le bréviaire s’émerveille que l’immense science de Bède le vénérable, ne le poussa pas à l’orgueil, mais à mieux connaître les merveilles de Dieu et à les transmettre aux autres. Bède le Vénérable ancra l’Angleterre dans la foi pour de longs siècles… Qu’il serait souhaitable que les catholique d’aujourd’hui aient ce grand désir ce connaître Dieu et leur religion ! Et comme on aimerait aussi revoir l’immense souci de transmettre cette foi aux jeunes générations ! C’est la clef de tout renouveau, hier comme aujourd’hui !

Pratique : Avoir un livre chrétien en cours de lecture.

lundi 26 mai : Saint Philippe Néri

Approchez-vous de lui, et vous serez éclairés : et vos visages ne seront pas couverts de confusion. Tiré de la Messe de saint Philippe Néri.

Un saint joyeux dont le cœur brulait de l’amour de Dieu, et qui bouleversa tout Rome  !

Philippe Néri naquit à Florence le 21 juillet 1515. Très pieux dés son enfance, il quitta son pays natal pour se rendre à Rome pour servir le Seigneur. Il y passera toute sa vie, menant une vie sainte, remplie de pénitence et de prières. Devenu prêtre par obéissance, son rayonnement, dans la Rome corrompue de l’époque, est vraiment extraordinaire. Il aime les réunions intimes où l’on écoute de la musique et où on parle de l’amour de Dieu. Il pousse tout le monde à recevoir le catéchisme et à pratiquer les sacrements… Toujours joyeux et plein d’humour, saint Philippe Néri entraine tout le monde à aimer Dieu, depuis les gamins des rues jusqu’aux grands de l’Eglise et jusqu’au pape ! On lui donnera le beau surnom de second apôtre de Rome après saint Pierre ! Son amour de Dieu fut si fort qu’il reçut comme grâce mystique que deux de ses côtes se soulevèrent sous la force de l’amour de Dieu qui l’habitait ! Saint Philippe refusa obstinément toute sa vie les dignités qu’on lui offrait. Notre saint établira l’habitude de faire le pèlerinage aux 7 basiliques romaines et fondera la communauté de l’oratoire, toujours existante de nos jours. Il mourra à Rome le 26 mai 1595 et sera canonisé le 12 mars 1562.

Voulez vous quelques unes de ses paroles, typiques de sa joie de vivre et de son entrain ? En voici, de grande valeur spirituelle ! Il faut mieux obéir au sacristain et au portier lorsqu’ils vous appellent, que d’être enfermé dans sa chambre à faire l’oraison… Ce n’est pas le moment de dormir, car le Paradis n’est pas fait pour les fainéants ! Si vous tenez à tout prix à tomber dans l’exagération, exagérez en vous montrant particulièrement doux, patient, humble et aimable, alors tout ira bien !

Pratique : En l’honneur du saint, veillons à garder notre bonne humeur aujourd’hui.

Dimanche 25 mai : 5° dimanche après Pâques

Le Père Lui-même vous aime ! tiré de l’Evangile du jour

Sommes nous aussi durs de cœur que cela ? A chaque apparitions de la sainte Vierge, elle demande aux chrétiens de prier, l’avons nous écoutée ? Des dizaines de fois dans l’Evangile, Jésus donne l’exemple d’une prière profonde, cet exemple nous a-t-il décidé ? Encore aujourd’hui, dans l’Evangile du jour, ce fameux soir du Jeudi-saint où Jésus se confie comme jamais à ses apôtres, Il leur recommande surtout de prier, n’est-ce pas assez clair ? Quel mystère que ces godasses de plomb qui nous collent toujours à la terre…

Prions comme nous le voulons, dans la solitude d’une église ou en marchant dans la nature si fleurie à notre époque. En récitant le chapelet comme le firent fidèlement nos pères, ou en lançant simplement au Seigneur, au cours de nos journées, une pensée vers Lui, de joie, de remerciement pour ce qu’Il nous a donné, de pardon pour nos fautes, de demande aussi pour tous les soucis de nos vies… Sommes nous vraiment convaincus que le Père Lui-même nous aime et qu’Il se plait à notre amitié ?

Hermann Cohen, jeune juif prodige du piano, élève de Litz à l’âge de 12 ans, vivait dans la débauche et l’indifférence religieuse. Mais en participant à un salut du Très Saint sacrement, par amour de la musique, une force l’oblige à s’incliner devant l’Hostie et il en ressent une profonde paix… Fidèle à la grâce, il se convertira, sera baptisé et deviendra prêtre. Dieu l’appela à incliner la tête et à découvrir la joie d’être en sa présence, s’il pouvait le faire pour nous tous !

Pratique : Préparons la fête de l’Ascension qui vient en se confessant.

Samedi 24 mai : De la sainte Vierge au samedi

Regina Coeli laetare alleluia ! Quia quem meruisti portare, alleluia ! Resurrexit sicut dixit, alleluia ! Ora pro nobis Deum, alleluia ! Antienne à la sainte Vierge pour les complies au temps pascal. Reine du Ciel, réjouissez-vous, alléluia ! Car Celui que vous vous avez mérité de porter, alléluia ! Est ressuscité comme Il l’avait dit, alléluia ! Priez Dieu pour nous, alléluia ! L’histoire nous apprend que les chrétiens ont eu la dévotion aux joies de Marie, bien avant de penser à ses douleurs ! L’hymne ci-dessus date en effet du 12° siècle, et dés 1422 les franciscains inaugurèrent un chapelet des 7 allégresses de Marie. Ne nous y trompons pas, la vie de Marie qui pourrait paraître marquée par la pauvreté et les peines, était en fait remplie de joie. Réjouis toi Marie! lui dit l’ange Gabriel ! Toutes les générations vous diront bienheureuse, précise Elisabeth. Mon âme exulte en Dieu mon Sauveur, ajoute Marie. On imagine aussi sans difficulté les joie de Marie lors de la Nativité, des visites des Mages et des bergers. De même lors de la Présentation au Temple, de la vie cachée et publique, et particulièrement à Pâques. Pourquoi Marie était-elle profondément joyeuse ? Parce qu’Elle ne cherchait qu’à servir le Seigneur et voyait son Salut d’amour arriver sur cette terre. Si nous savions mettre nos désirs à ce niveau, ne trouverions nous pas, nous aussi, la joie profonde de la vie ?

Pratique : prendre nos décisions de la journée dans le but de plaire à Dieu

Vendredi 23 mai : De la férie

Lys ou pâquerettes ?

Les amoureux des fleurs apprendront avec joie que deux fleurs se disputent l’honneur d’être la fleur typique de Pâques ! Tout d’abord le lys. Dans l’Evangile, Jésus Lui-même a fait l’éloge de la beauté du lys : Regardez les lys des champs, comme ils croissent ! Ils ne peinent ni ne filent, et pourtant Salomon dans toute sa gloire ne fut pas vêtu comme l’un d’eux. Cette fleur magnifique et gracieuse, fleur de mars, fleur de la pureté, de la royauté, et d’un suave parfum, correspond bien au sens de la fête de Pâques. Ainsi une ancienne légende raconte qu’après avoir vu le Seigneur crucifié, la fleur du lys en serait restée inclinée… Mais il y a aussi la bien nommée pâquerette ! Pâquerette comme un diminutif pour cette humble fleurette qui fleurit toute l’année, mais qui pare la nature de tapis éclatants au temps de Pâques… Les fleurs nous parlent de la beauté de Dieu et de la gratuité de son amour, comme saint Jean de la Croix, le sensible poète, aimait à le remarquer :  » O forêts, très épais massifs plantés de la main de l’aimé, prairies au gazon verdoyant, de belles fleurs tout émaillé, dites-moi je vous prie, s’il (le Seigneur) vous a traversé ? » Et voici ce que les créatures lui disent :  » Tout ruisselant de mille grâces, en hâte il a traversé nos bois, dans sa course, il les regarda, sa figure qui s’y grava suffit à les laisser revêtus de beauté. « 

Pratique : Pensons à fleurir nos chapelles, nos statues et nos calvaires, spécialement au temps pascal.

Jeudi 22 mai : De la férie

Des Œufs de poule… ou de lapin ?

A Pâques un joie des enfants, selon la tradition solidement implantée chez nous, les enfants cherchent partout les œufs en chocolat qui sont arrivés dans le jardin ! Mais savez-vous d’où nous vient cette coutume ? Depuis le 4° siècle, par pénitence, il était hors de question de manger des œufs pendant le carême ! Pâques était alors l’occasion de gouter à nouveau à cette nourriture. Et comme on ne pouvait tout de même pas empêcher les poules de pondre durant le carême, les œufs s’accumulaient, et on finit alors par les offrir en présent et ils devinrent un des symboles de Pâques. Dés le 15° siècle, en Alsace, on offre aux enfants ces œufs, au 16° siècle ils cachent une surprise, et ils sont confectionnés en chocolat au 18° siècle… Mais qui apporte ces œufs dans le jardin ? C’est une poule dans le Tyrol, une cigogne en Alsace, un lapin en Allemagne, et le coucou en Suisse ! A Pâques les coutumes rejoignent la foi pour nous inciter à faire la fête ! Que la joie des chrétiens resplendisse sur leur visage ! Que cette joie soit un réconfort dans les épreuves de la vie ! Qu’elle annonce à tous l’amour de Dieu pour les hommes !

Pratique : Notre travail du jour dans le courage et la bonne humeur.

Mercredi 21 mai : De la férie

L’agneau pascal

Le symbole de l’agneau pour Pâques nous vient de l’Ancien Testament. Au moment de quitter la captivité de l’Egypte, Dieu avait demandé que les Hébreux prennent un repas en habit de voyage et mangent un agneau par famille. On ne devait briser aucun os de cet agneau, et son sang devait être répandu sur les montants des portes pour protéger de l’ange exterminateur… La fête de Pâques, avec le repas pascal, était alors devenue la principale fête de la liturgie juive. Quand saint Jean-Baptiste désignera Jésus comme l’Agneau de Dieu, celui qui vient enlever les péchés du monde, il indiquait que l’agneau du repas était un symbole de Jésus Lui-même, qui serait sacrifié sans que ses os soient brisés, pour sauver les hommes. Le livre de l’Apocalypse désigne 28 fois Jésus glorieux dans le Ciel sous le titre de l’Agneau, ainsi il est devenu naturellement un symbole du Seigneur ressuscité dés l’art primitif et plus particulièrement au haut moyen-âge. Aujourd’hui encore, il est de coutume de manger, à Pâques, de l’agneau rôti ou en gâteau. Si l’on ajoute à ce qui précède, que l’agneau est un animal particulièrement doux qui n’oppose pas de résistance à celui qui le persécute, comment ne pas veiller particulièrement à la douceur en ce temps de Pâques ?

Pratique : la douceur pour ceux avec qui nous vivons

Mardi 20 mai : Saint Bernardin de Sienne

Seigneur Jésus, qui avez accordé au bienheureux Bernardin, votre Confesseur, un très ardent amour pour votre saint nom, nous vous supplions, par ses mérites et son intercession, de daigner, dans votre bonté, répandre en nous l’esprit de votre charité. Oraison de la Messe de saint Bernardin.

L’apôtre du nom de Jésus ! Bernardin albizesca, naquit à Carrare, dans la république de Sienne en Italie, en 1380. Ses parents l’éduquèrent pieusement et il fut un enfant excellent. Il priait beaucoup, surtout la sainte Vierge Marie, pratiquait la pénitence et vivait dans une grande pureté. Son ascendant sur les autres était remarquable, au point que personne n’osait avoir des paroles licencieuses en sa présence ! Suite à une longue maladie, il décide d’entrer dans l’ordre franciscain, où on l’ordonnera prêtre et on le destinera à la prédication. Il doute de ses capacités pour ce ministère vu sa faiblesse et sa voix rauque… Obéissant cependant, il sera guéri de son mal de gorge et fera merveille en pacifiant les esprits et en réformant les mœurs dissolues. Il marquera toute l’Italie de la puissance de sa prédication ! Il avait une grande dévotion envers le nom de Jésus, et faisait précéder sa venue de prédicateur par une bannière où étaient inscrite les lettres IHS. Sur son influence, ces lettres du nom de Jésus se répandirent partout. Saint Bernardin mourut à Aquila en 1444, et fut canonisé 6 ans après.

Savez vous l’influence considérable que nous avons les uns sur les autres ? Par une bonne parole, un geste de bonté, un sourire, une prière on peut faire tant de bien ! Saint Bernardin de Sienne, lui, illuminait les autres par son amour pour Jésus. Mais au fait, nous, quelle influence avons nous ceux avec qui nous vivons ?

Pratique : Un grand respect quand nous prononçons le Nom de Jésus.

Lundi 19 mai : Saint Pierre Célestin

Dieu, qui avez élevé le bienheureux Pierre Célestin à l’éminente dignité du souverain pontificat, et qui lui avez appris à mettre l’humilité au-dessus de cette élévation, accordez-nous, dans votre bonté, la grâce de mépriser, à son exemple, tous les biens de ce monde, et de parvenir heureusement à la possession des récompenses promises à ceux qui sont humbles. Tiré de la liturgie du jour.

Nous fêtons aujourd’hui un saint à l’histoire vraiment atypique ! Homme du 13° siècle, Pierre de Morone naquit à Isernia dans les Abruzzes. Attiré dés sa jeunesse par la vie monastique, il fut tour à tour, ermite, puis fondateur d’une congrégation bénédictines qui s’appellera les Célestins. Suite à un conclave de deux ans (!) il fut élu Pape par les cardinaux pour des raisons qu’on suppose peu glorieuses (Un Pape peu qualifié pouvait arranger certains calculs politiques…). Il prit alors le nom de Célestin V. Après 6 mois de règne, se rendant compte qu’il n’était pas fait pour cette charge, il l’abdiqua humblement, et retourna à la vie monastique. Son successeur, Boniface VIII, craignant qu’on ne le manipule le fit enfermer dans le château de Fumerone. Dans cette prison, le saint raconta qu’il passa les meilleures années de sa vie, pouvant prier tranquille ! Il mourut le 19 mai 1296 et fut enterré à Aquila dans les Abruzzes.

Au début de ce mot spirituel, j’ai cité la longue oraison de sa Messe, très belle, et qui nous rappelle combien l’humilité, qui brilla dans la vie de saint Pierre Célestin, est importante aux yeux de Dieu ! D’ailleurs, pour souligner cette belle vertu dans sa vie, Dieu lui accorda de faire de nombreux miracles sur le chemin entre Rome vers Fumerone !

Pratique : Pour gagner de l’humilité, veillons aujourd’hui à laisser parler les autres !