Samedi 2 juin : De la sainte Vierge au samedi

Ceci est mon Corps, livré pour vous! (de l’évangile de la Messe du Saint-Sacrement).

Avant de parler du Saint Sacrifice, il n’est sans doute pas inutile de rappeler la foi de l’Église. La Messe n’est pas une simple assemblée de prière, elle n’est pas non plus un simple repas, elle est surtout un vrai sacrifice. Autrement dit, chaque fois qu’un prêtre accomplit la consécration du pain et du vin,  le sacrifice du Seigneur sur la Croix s’accomplit devant nos yeux. Quand le Padre Pio disait sa Messe, on voyait alors le sang couler des plaies de ses mains. Les assistants alors avaient un choc : ils comprenaient instantanément ce qui se passait à l’autel : Jésus est en train de sauver le monde !

Comme on comprend la belle coutume des fidèles fervents qui assistaient à la Messe tous les jours ! Comme on comprend nos ancêtres qui voulaient une église dans la moindre bourgade de nos pays ! Comme on comprend aussi comment bien assister à la Messe : s’offrir avec le Seigneur pour sauver ce monde et étendre son Règne ! Donnez à notre temps, Seigneur, des chrétiens fervents !

Pratique: En union avec le Sacrifice du Seigneur, pratiquer l’esprit de sacrifice au cours de la journée.

Vendredi 1er juin : Sainte Angèle Mérici

Je me permets encore une infidélité à un saint aujourd’hui, dans le but de développer et nourrir notre piété Eucharistique. Parlons aujourd’hui de la présence réelle de Jésus-Christ dans l’hostie : Dogma datur Christiánis, quod in carnem transit panis et vinum in sánguinem. (séquence de la fête). C’est une vérité proposée aux chrétiens, que le pain devient la chair et le vin le sang du Christ.

On peut lire dans la biographie du saint Curé d’Ars que quand il était accueilli dans une maison pour la nuit, il demandait toujours où se trouvait le clocher le plus proche. Alors il dirigeait son prie-Dieu vers ce tabernacle pour faire sa prière ! Le saint curé avait bien compris que le Seigneur était resté présent parmi nous et qu’il attendait notre visite. Il savait aussi par expérience la joie d’être en présence du Maître et de lui tenir compagnie un instant…

N’oublions jamais que nos églises ne sont pas vides, elles sont habitées par la présence amoureuse du Seigneur qui veut partager nos joies, porter nos peines, et nous accompagner dans nos soucis quotidiens. Alors, de notre coté, ne le laissons pas seul ! Ne nous privons pas de ce si grand bonheur de cette terre !

Pratique : Une visite – même rapide –  au Saint-Sacrement

Jeudi 31 mai : Fête du saint Sacrement (fête Dieu)

En 1208, une sainte religieuse hospitalière des environs de Liège, Julienne du Mont-cornillon, eut une apparition: Elle voyait une sorte de lune dans le ciel, mais dont il manquait un petit bout pour être parfaite. Une voix du ciel lui révéla ce mystère : Cette lune représentait le cycle des fêtes de l’Église et l’échancrure qu’elle avait remarqué, indiquait qu’il manquait un fête pour que ce cycle soit parfait: une fête en l’honneur du Très Saint Sacrement. C’est la Fête-Dieu telle que nous la célébrons aujourd’hui. C’est à saint Thomas d’Aquin qu’il revint de composer la Messe et l’office de ce jour, et que tous considèrent comme un chef-d’œuvre remarquable ! Normalement, en plus de la Messe solennelle, une procession devrait être faite en ce jour, autant que possible, pour marquer la dévotion et la foi des fidèles. Remarquons aussi qu’en France, et depuis Napoléon, on n’oblige plus à l’assistance à la Messe aujourd’hui mais on solennise alors la fête le dimanche suivant.

Que de fruits magnifiques produisit la Fête-Dieu ! Comme nos ancêtres ont aimé vénérer l’Hostie sainte, y nourrir toute leur piété et leur vie ! Ils ont multiplié les processions, les adorations, les bénédictions avec le Saint Sacrement… Et nous, où en sommes-nous dans notre amour de l’Eucharistie ? Sommes-nous régulièrement présent auprès de Lui ? Souvenons-nous de cette loi universelle : Notre ferveur dépendra toujours de notre amour du Saint-Sacrement !

Pratique : Quelques instants auprès du Seigneur dans l’Eucharistie

Mercredi 30 mai : De la férie, en France, Sainte Jeanne d’Arc

Jeanne d’Arc naquit à Domrémy en Lorraine, en 1412 de parents très chrétiens. A 13 ans elle eut l’apparition de saint Michel, sainte Marguerite et sainte Catherine, lui demandant d’aller libérer la France. A la suite de nombreuses péripéties, elle rencontra le roi, prit la tête de l’armée, fit libérer Orléans et sacrer le roi à Reims. Que de réussite pour une toute jeune fille ! Averti par les « voix » qu’elle entendait, elle sut qu’elle tomberait aux mains de l’ennemi, ce qui arriva à Compiègne. Jugée par un tribunal ecclésiastique corrompu, elle fut condamnée à être brulée vive. Jeanne fut donc brulée un 30 mai, elle n’avait pas encore 20 ans. Bientôt réhabilitée, elle fut canonisée puis, à la demande des évêques de France, elle fut déclarée patronne secondaire de la France par le Pape Pie XI.

Avec sainte Jeanne d’Arc, la France compte une héroïne extraordinaire. Extraordinaire de foi, de courage, de fidélité. Et s’il existe une exception française, c’est surtout dans cette intervention inouïe de Dieu pour la liberté de notre pays ! Nous devrions répondre à cet amour de prédilection de Dieu, par une fidélité totale… Mais la France se souvient-elle encore de son baptême?

Pratique: Prier aujourd’hui pour la France!

Mardi 29 mai : Sainte Marie-Madeleine de Pazzi

Dieu, qui aimez la virginité, et qui avez orné des dons célestes, Marie-Madeleine, cette vierge embrasée de votre amour, donnez-nous d’imiter, dans sa pureté et sa charité, celle que nous vénérons en célébrant sa fête.      Oraison de la Messe de sainte Marie-Madeleine de Pazzi

Alors que les grandes familles ne donnent pas toujours l’exemple de la vertu, sainte Marie-Madeleine est, elle, un extraordinaire ornement de la noble famille des Pazzi. Elle naquit à Florence le 2 avril 1566, et dés sa jeunesse prit le chemin d’une vie sainte et mystique, prononçant le vœu de chasteté à 10 ans. Entrant au Carmel, qui l’attirait pour on intimité avec Dieu, elle prit le nom de sainte Marie-Madeleine. Au couvent, sa vie fut d’une mortification extrême (Elle jeûnera pendant 5 ans !) et d’une grande pureté. Les livres qu’elle écrivit racontent les faveurs mystiques et les extases qu’elle connut, tout comme ses violentes épreuves et tentations. Elle portait dans ses souffrances le souci du salut de ses frères et le renouvellement de l’Église. Elle mourut de phtisie à Florence le 25 mai 1607, son corps est demeuré incorrompu.

Je ne résiste pas au plaisir de vous donner l’incroyable leçon de catéchisme que lui fit le Seigneur Lui-même : Pour lui expliquer le bonheur du Ciel, le Seigneur lui dit que les joies de cette terre ressemblaient à un verre d’eau fraiche donné à un homme accablé par une forte chaleur. C’est bien agréable, mais le bonheur du Ciel est tellement plus grand ! Il ressemblerait bien plutôt à une piscine fraiche dans laquelle le même homme accablé se plongerait avec tant de délices… Et si nous faisions le choix des bonheurs du Ciel dans notre vie ?

Pratique : Nous sommes à la saison des premières communions, professions de foi et confirmations, avons-nous pensé à prier pour ceux qui s’y préparent ?

Lundi 28 mai : Saint Augustin de Cantorbery

comme une mère entoure de tendresse les enfants qu’elle nourrit, dans notre affection pour vous, nous désirons vivement vous donner non seulement l’Évangile de Dieu, mais encore notre vie.   Tiré de l’épitre de la Messe

L’île d’Angleterre était chrétienne depuis quelques siècles déjà, mais l’arrivée des Saxons envahisseurs au 5° et 6° siècles avait fait retomber l’île dans le paganisme. Voici alors que le puissant roi Ethelbert épousa Berthe, princesse chrétienne et petite fille de Clovis, laquelle exigea que soit respectée sa foi. Voyant son influence sur le roi, en 596 le pape saint Grégoire le grand envoya Augustin, prieur du monastère bénédictin de saint André à Rome, avec 40 moines de sa communauté pour convertir le pays. Bien reçu par Ethelbert, Augustin établit son monastère à Cantorbery, qui deviendra plus tard son siège épiscopal. La vie d’Augustin et de ses moines est rayonnante et touche de nombreux saxons, de nombreux miracles se produisent, et la mission connaît un incroyable succès avec le baptême du roi et de près de 10.000 de ses sujets. Nommé primat d’Angleterre par Saint Grégoire, Augustin organisa alors en profondeur toute l’Église d’Angleterre. Il meurt en 605 et fut enterré dan son monastère de Cantorbery.

Un saint et 40 moines ont suffi pour toucher un pays ! L’histoire se répète toujours… Quelques chrétiens courageux et authentiques dans leur vie chrétienne ont touché une multitude d’autres. Et pourquoi n’essayerions nous pas ?

Pratique : Demander au Saint-Esprit l’esprit missionnaire

Dimanche 27 mai : 1er dimanche après la Pentecôte, fête de la Très Sainte Trinité

La liturgie de l’Église consacre le premier dimanche après la Pentecôte à fêter particulièrement la Très sainte Trinité. Ce sont des chrétiens de France et de Belgique du début du X° siècle qui commencèrent à populariser cette dévotion en composant une Messe. Mais Rome refusa d’appliquer cette pratique, car pour elle, tous les jours et spécialement les dimanches, honorent la Très Sainte Trinité ! Il fallut attendre le 14° siècle pour que le Pape de l’époque (un français !) accepte cette célébration dans le calendrier, et nous en profitons donc aujourd’hui…

Habituellement les fidèles trouvent ce mystère bien compliqué, et les prédicateurs les plus chevronnés osent à peine s’y risquer (dans le milieu ecclésiastique on dit qu’un prédicateur à le droit à trois hérésies dans son sermon sur la Trinité ! C’est dire !). Deux pensées simples occupent cependant la liturgie de ce jour : – A nous, Dieu a révélé le secret intime de sa vie ! C’est aux hommes du Nouveau Testament que Dieu a révélé ce secret, c’est une marque de confiance. – La Sainte Trinité nous a couvert de miséricorde, puisque pécheurs que nous étions, le Fils est venu nous visiter, et le Saint-Esprit nous a été donné pour que nous devenions enfants de Dieu et puissions appeler Dieu en vérité notre Père !

N’est ce pas cet appel à la miséricorde que l’ange de Fatima apprendra aux petits voyants à travers cette prière : Très Sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, je Vous adore profondément, et je Vous offre le très précieux Corps, Sang, Âme et Divinité de Jésus-Christ, présent dans tous les tabernacles de la terre, en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences par lesquels il est Lui-même offensé. Par les mérites infinis de son très Saint Coeur et du Coeur Immaculé de Marie, je Vous demande la conversion des pauvres pécheurs.

Pratique: Récitons en ce jour la belle prière de l’ange de Fatima

Samedi 26 mai 2018 : Samedi de Pentecôte

Pacemque dones protinus : donnez-nous la paix sans retard !

Parmi les dons les plus étonnants que le Seigneur a fait à ses saints, il y a le don de résoudre les conflits et de mettre la paix et la joie autour de soi ! Saint Romuald était ainsi si joyeux de figure qu’il suffisait de le regarder pour retrouver la paix de l’âme ! De même, alors qu’une violente rivalité opposait l’évêque et le podestat (le maire) d’Assise, saint François envoya simplement ses frères chanter le cantique du frère soleil (En y ajoutant la strophe: Heureux ceux qui pardonnent pour ton amour…) et la querelle finit instantanément…

Ce qui est sûr, c’est que tous les hommes – surtout aujourd’hui ! – recherchent la paix. Mais il la cherchent là où elle n’est pas, c’est-à-dire dans les biens matériels et une vie sans effort. Ils se trompent et manquent alors la vraie paix, celle que seul peut donner le Seigneur, celle qui est un cadeau du Saint-Esprit pour l’âme fidèle. Nous souhaitons tous la paix, pour nous-mêmes, et pour le monde entier. Mais la paix du monde, comme le rappelle Mère Teresa, commence à la maison ! Quand on veille à sourire même si on n’a pas envie. Quand on se sent responsable de ceux avec qui nous vivons. Quand on pense plus à donner qu’à recevoir… Bienheureux les artisans de paix !

Pratique: Réciter le Veni Creator, et penser à la bonne humeur pour toute la journée!

Vendredi 25 mai 2018 : Vendredi de Pentecôte

Ductore sic te praevio : Marchant sous votre conduite…

La première prière du Canon de la Messe, le Te igitur, prétend que le saint Sacrifice de la Messe est offert en premier pour la sainte Église catholique. Dans cette prière nous demandons particulièrement que le Seigneur daigne pacifier notre Église, la protéger, l’unir, la diriger. Tel est le travail du Saint-Esprit et il le réalise par l’Eucharistie. En nous unissant à cette prière, nous travaillons avec le Saint-Esprit… Il fallait vraiment une présence spéciale dans notre Église pour que 2000 ans de faiblesses humaines, de pauvretés de toutes sortes, et de bouleversements politiques, l’aient laissé intacte, sans ride et sans tache, comme le dit saint Paul aux Éphésiens; toujours fidèle dans la foi et resplendissante de beauté ! Mais si l’Esprit-Saint unit si fortement l’Église, notre mère, ne devrions-nous pas nous sentir, nous aussi, concernés par ce travail d’unité ? Et comment cela? En pratiquant au quotidien la parole de saint Augustin: In necessariis unitas, in dubiis libertas, in omnibus caritas ! Qu’on pourrait traduire ainsi: Qu’on soit uni sur les doctrines définies, libres pour les points douteux, et pratiquant la charité en toute occasion ! Êtes-vous si sûrs de vraiment pratiquer cela ?

Pratique: récitons le veni Creator

Jeudi 24 mai : Jeudi de Pentecôte

Infirma nostri corporis : Soutenez la faiblesse de nos corps!

Normalement, si tout s’est bien passé, le jour de la confirmation nous avons reçu une gifle de l’évêque. La liturgie le veut ainsi, pour signifier qu’en ce jour le Saint-Esprit nous donne la force pour affronter les combats de la vie chrétienne. O pauvre! comme on dit en Provence, si j’avais pu deviner à ce moment tout ce qui m’attendait… !

Mais quelle que soit notre histoire et ses difficultés, retenons bien ceci : la venue du Saint-Esprit fait du chrétien un combattant puissant ! Cette force a brillé chez les martyrs et les saints des temps passés, tel un saint Théophane Vénard, martyr du Vietnam, qui écrivait une lettre à ses parents, la veille de son exécution, pour leur donner rendez-vous au ciel… Elle brille encore aujourd’hui chez les chrétiens persécutés… Que ce soit au Soudan ou en Chine, en Egypte ou au Pakistan, il y a toujours des lieux de notre terre où des hommes sont fidèles à Jésus-Christ, au risque de leur vie… Ces chrétiens martyrs nous impressionnent et condamnent notre lâcheté, à nous qui nous plaignons si souvent, et qui pourtant ne risquons aucune sanction pour notre foi, aucune rafale de Kalachnikov pour la pratiquer… Puisse leur courage guérir notre tiédeur, et leur prière venir en aide à la notre !

Pratique: récitons le veni Creator