On a remarqué que le mercredi, tout comme le vendredi était un jour naturel de jeûne pour les premiers chrétiens. Il faut dire qu’il s’était passé une chose bien triste en ce mercredi avant Pâques… C’est le jour de la trahison de Judas, d’après la tradition. Le mauvais apôtre alla trouver les grands prêtres et leur proposa de leur livrer Jésus pour 30 deniers. C’était dix fois moins que le prix du parfum répandu sur les pieds de Jésus par sainte Marie Madeleine. La trahison est toujours bien misérable par rapport au don de soi… Mais cette trahison pèsera lourd sur le cœur de Notre seigneur Jésus-Christ puisque le Jeudi saint il reviendra dessus et dira aux apôtre rassemblés, Amen, Amen, je vous le dis, l’un d’entre vous va me livrer ! C’est déjà le début de l’agonie. Jésus ressent dans toute sa force et sa violence, les indifférences, les trahisons, les violences, le rejet de son peuple… Et nous y sommes chacun aussi pour quelque chose, quelle misère ! Car, oui nous l’avons tous un peu ignoré trahi, rejeté… Qu’as tu fait ? Demandera Pilate à Jésus. Ton peuple et les prêtres t’ont livré à moi, qu’as tu fait ? Il n’a rien fait de mal, Jésus, il a juste dit la vérité. Pas sur qu’aujourd’hui on soit d’avantage prêt à l’écouter…
Mardi 31 mars : Mardi saint
En beaucoup de diocèses, on célèbre aujourd’hui ou demain, la Messe chrismale. La connaissez vous ? Et sauriez vous me donner le nom des huiles qu’on bénit en ce jour et leur utilisation ? J’attends un peu… Comme vous l’avez deviné, il y a trois huiles saintes dans l’Eglise, toute utilisée pour donner les sacrements. Comme l’huile pénètre la peau et la rend plus douce, l’huile bénie évoque la douceur de Dieu qui vient dans l’âme et le corps de celui qui reçoit les sacrements ! Et c’est aussi l’huile qui est employée sur ordre de Dieu pour faire les prêtres, les prophètes et les rois nous rappelle la liturgie ! Donc cette huile nous donne une dignité nouvelle ! Nous avons donc l’huile des catéchumènes qui est utilisée pour donner la force de Dieu à ceux qui se préparent pour le baptême. Dans le rite traditionnel on l’utilise aussi pour faire l’eau baptismale par le prêtre lors de la vigile pascale. L’huile des infirmes est utilisée pour donner le sacrement des malades. C’est un beau symbole de la bonté de Dieu qui vient consoler ses enfants souffrants. Le saint Chrême, enfin, est utilisé au baptême, à l’ordination d’un prêtre ou d’un évêque, pour donner le sacrement de la confirmation et pour consacrer à Dieu une église ou un autel. Que la bonté de Dieu nous accompagne toujours !
Lundi 30 mars : Lundi-saint
A quoi ça sert de verser du parfum sur les pieds ? N’est ce pas un geste inutile ? Et si le parfum est de grand prix, n’est ce pas du gaspillage ? C’est bien ce que pense Judas qui reproche ce geste inutile. Mais Jésus, lui n’est pas d’accord, Laissez la faire ! Ce n’est pas rien que le parfum répandu sur les pieds de Jésus embaume toute la pièce ! Cela fait tant de bien au monde ! Ainsi des jeunes hommes ou femmes feront le choix de partir dans des couvents, existence gaspillée au yeux du monde, mais précieuses aux yeux de Dieu. Des chrétiens, religieux ou non, soigneront les malades, les abandonnés et les mourants, comme le faisait mère Térésa dans le bidonville de Calcutta. Pourtant recueillir un mourant dans la rue semble ne servir à rien… Des église seront bâties par des peuples qui ont la foi, même dans des pays pauvres ou chacun donnera le meilleur de ce qu’il a pour la gloire de Dieu. Encore une fois, cela semble exagéré. Mais toute ces gestes inutiles et cette bonté désintéressée et tournée vers Dieu est la seule chose qui fait un peu respirer ce monde et fait rayonner. L’avons nous compris ?
Dimanche 29 mars : Dimanche des Rameaux
Pour comprendre tout le sens de la cérémonie des Rameaux, il faut bien comprendre ce que fait Jésus quand il entre dans Jérusalem. Ce n’est pas un bain de foule, ni un événement spontané où des gens se mettraient à acclamer quelqu’un qu’ils aiment. C’est quelque chose de calculé. Jésus demande bien qu’on lui fournisse un âne, et va enter ainsi triomphalement dans Jérusalem. C’était accomplir les prophéties de l’Ancien Testament, notamment celle de Zacharie, comme le souligne bien l’Evangile : Dites à la fille de Sion, voici ton roi qui vient vers toi, plein de douceur, monté sur une ânesse… Le peuple juif comprend immédiatement que Jésus se proclame ainsi le Messie attendu ! Et cette foule qui alors l’acclame, le reconnaît donc comme le Messie attendu : Hosanna au fils de David ! Mais c’est un roi pacifique, il ne cherche pas les trônes et la puissance, il cherche le cœur des hommes. Certains se sont demandés si ce n’était pas cette entrée qui n’avait mené sur aucune conquête du pouvoir qui aurait fini de dégoûter Judas. Ah bon, il ne veut pas le pouvoir ? Et si on le suit on deviendra quoi, alors ? Comme beaucoup de ses contemporains, il voulait un messie qui restaure la royauté d’Israël, pas un messie doux et spirituel… Dans la liturgie occidentale, on lit en ce jour la Passion de Jésus. Jésus va régner par le sacrifice de sa vie ! En prenant les rameaux aujourd’hui et en les brandissant bien fort parce que nous voulons suivre Jésus, n’oublions pas que c’est une promesse de servir…
Samedi 28 mars : Samedi de la Passion
Vous seriez étonné du nombre des reliques de la Passion qui ont été conservées jusqu’à nos jours… D’abord la sainte Croix de Jésus, retrouvée par sainte Hélène et vénérée à Jérusalem depuis des temps très anciens et dans bien d’autres endroits jusqu’à nos jours. Il y a aussi le saint Suaire de Turin, témoin impressionnant de la mort et la résurrection de Jésus. Certainement non fait de main d’homme, et à ce jour personne ne sait reproduire un tel suaire à l’identique… Il y a encore la sainte Couronne d’épine, achetée à prix exorbitant à Constantinople par la piété de notre saint roi, le roi saint Louis. Elle est exposée à la vénération des fidèles chaque vendredi de carême à la cathédrale ND de Paris. Mais il y a aussi l’escalier du prétoire de Pilate, la sancta scala à Rome, des linges-suaires différents, les clous de la Passion, la colonne du crucifiement, et tant d’autres… Ces reliques sont sans doute le signe que les premiers chrétiens avaient parfaitement saisi la valeur exceptionnelle de ce moments précieux. Et qu’ils entouraient ces moments bénis d’une valeur énorme et d’une dévotion plus intense… Puissions nous être aussi pieux qu’eux…
Vendredi 27 mars : Vendredi de la Passion
Comme chez nous, à Carnoules, dans beaucoup de paroisses, on célèbre le chemin de la Croix chaque vendredi de carême. Comme c’est béni de prendre un vrai temps pour méditer sérieusement les souffrances de Jésus pour nous !. Mais savez vous d’où vient cette dévotion ? Déjà dans les temps ancien, Egérie, pèlerine peut être bordelaise, avait assister aux cérémonies de la semaine sainte à Jérusalem au 4° siècle. Et elle décrit qu’on avait l’habitude de revivre les épisodes de la vie de Jésus en marchant dans les lieux mêmes où ils s’étaient produits. C’est sans doute de cette habitude ancienne qu’est née au 14° siècle chez les franciscains de Jérusalem, l’idée du chemin de la Croix en suivant sur 7 stations les souffrances de Jésus. Saint Léonard de Port Maurice, célèbre prédicateur franciscain du début du 18° siècle, fixa définitivement le nombre de stations à 14. Ne laissons pas le chemin de Croix de notre église prendre la poussière ! Et demandons au Seigneur qui a tant porté pour nous et nous a donné autant d’amour, qu’il en verse un peu sur nos cœurs trop durs…
Jeudi 26 mars : Jeudi de la Passion
Après avoir expliqué tous les péchés capitaux, concentrons nous maintenant sur le temps de la Passion où nous sommes entrés depuis lundi. En effet dans le temps du carême, il y a une deuxième partie, le temps de la Passion et il couvre les deux semaines avant Pâques. Et entrons visiter l’Eglise… Partout où cela se fait, ça surprend toujours ! Des voiles violets couvrent les statues, les tableaux et les crucifix ! Mais que se passe-t-il ? L’Eglise prend le voile des veuves ! Commente Dom Pius Parsch ! Fini de parler de nos pénitence et des efforts que nous devrions tous pratiquer. Maintenant une seule chose compte, une seule pensée devrait nous habiter : La passion de Jésus ! Combien des saints ont remarqué que de méditer les souffrances de Jésus en lisant l’Evangile ou en faisant le chemin de la Croix avait apporter un immense profit à leur âme ? Saint François d’assise, sainte Bernadette de Lourdes, ou encore le saint Curé d’Ars qui osait écrire : La passion de Jésus est un grand fleuve ou toutes les générations viennent se baigner.. Encore faut-il vouloir s’y baigner…
Mercredi 25 mars : Fête de l’Annonciation à la sainte Vierge Marie
Je vous salue, pleine de grâces
Est ce possible de comprendre les pensées des anges ? Alors il pensait quoi ce bel ange Gabriel en venant accomplir sa mission à votre avis ? Il était sans doute heureux de se trouver auprès de sa reine, et de souligner son exceptionnelle beauté spirituelle : Pleine de Grâces ! Vous pouvez chercher partout dans tous les coins de la terre, vous pourrez retourner tout les rochers et les pierres des montagnes, sonder les mers les plus profondes, vous ne trouverez rien de plus beau sur cette terre, que Marie. L’Eglise l’appellera Immaculée Conception, celle qui n’a jamais connu le moindre péché, et qui est plus belle que le monde entier… Donc il devait être heureux ce Gabriel, d’autant qu’il porte une si grande nouvelle : Le seigneur vous demande de l’accueillir dans votre sein ! Est-ce possible une chose pareille ? Qui en a jamais entendu parler ? Marie dira oui, de tout son cœur. Et la poétesse Marie Noëlle l’imagine en train de bercer son enfant et lui dire : Mon Dieu, qui dormez, faible entre mes bras, Mon enfant tout chaud sur mon cœur qui bat, J’adore en mes mains et berce étonnée, La merveille, ô Dieu, que m’avez donnée ! La fête de l’Annonciation est pleine de douceur et de lumière, elle a bien plu à nos ancêtres, et j’espère à nous aussi…
Mardi 24 mars : Mardi de la Passion
Ma nourriture, c’est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé et d’accomplir son œuvre ! Vous sous souvenez de ce magnifique passage d’Evangile ? Quand Jésus est fatigué du chemin, s’assoie au puits de Jacob et va rencontrer la Samaritaine… C’est quand même normal de prendre un peu de repos et de manger la nourriture apportée par les apôtres. Mais Jésus refuse la nourriture proposée et déclare que c’est autre chose qui le fait vivre ! En clair, tout doit s’effacer devant le salut d’une âme ! Et j’imagine Jésus souriant en attendant la bande de Samaritains qui arrivait conduite par la femme à qui il avait dit, en toute simplicité qu’il était le Messie attendu depuis des siècles ! Dans toute l’histoire de l’Eglise, on verra un merveilleux esprit missionnaire qui enverra au confins du monde des apôtres heureux de donner leur vie pour que leur frère reçoivent le message de Dieu qui sauve ! Pas d’esprit de paresse dans l’Eglise de Dieu, mais plutôt l’Esprit-saint qui, enthousiasme encore les cœurs 2000 ans après avoir commencé de souffler sur notre monde. Sommes nous dans ce souffle ?
Lundi 23 mars : Lundi de la Passion
Quel est le roi, partant en guerre contre un autre roi, ne commence par s’asseoir pour voir s’il peut, avec 10.000 hommes affronter l’autre qui marche contre lui avec 20.000 ? C’est encore la sagesse de Jésus dans l’Evangile qui nous guidera pour lutter contre la paresse ! Et le grand conseil que l’on donne, c’est de prévoir son plan d’action, c’est à dire se donner une règle ! Si l’on prévoit ses temps de prière, les efforts à faire, et les résultats qu’on veut obtenir, on a une chance d’y arriver ! Au fur et à mesure, on transformera sa paresse en courage. Il ne faut surtout pas s’attendre à du 100%, on est toujours en dessous de ses objectifs… Mais ce sont tout de même quelques victoires qui en prépareront d’autres ! Toute la chrétienté occidentale s’est bâtie sur la règle de saint Benoît. Qui explique bien qu’au départ la règle c’est difficile, mais qu’au fur et à mesure on y trouve une joie profonde ! à mesure que l’on avance… le cœur se dilate et l’on se met à courir dans la voie des commandements de Dieu avec une ineffable douceur d’amour !
Alors je vous souhaite cette douceur d’amour !
