Vendredi 2 décembre : sainte Bibiane

O Dieu, dispensateur de tous les biens, qui avez uni en votre servante Bibiane la fleur de la virginité à la palme du martyre, daignez, par son intercession, vous unir nos âmes dans la charité, afin que, délivrés de tout péril, nous puissions obtenir les récompenses éternelles.  Oraison de la Messe

Sainte Bibiane est une Vierge romaine qui fut martyrisée le 2 décembre 363. On sait peu de choses de sa vie, mais elle naquit dans une famille de saints : son père, sa mère, et ses sœurs furent martyrs tout comme elle ! Sainte Bibiane, élevée dès son enfance dans la foi chrétienne, dut affronter un juge impie et une femme perverse qui essaya de la corrompre. Elle triompha des deux, et fut alors flagellée avec des fouets garnis de balles de plomb et elle rendit l’âme. Son corps, livré au chiens, fut merveilleusement protégé de Dieu et fut enterré près du corps de sa mère et de sa sœur. A cet endroit on bâtit l’église sainte Bibiane à Rome.

L’immense nuée des saints qui nous ont précédés est merveilleuse. Les martyrs et les vierges nous rappellent tout particulièrement que ce monde passe, que nous en attendons un autre, et que la seule chose que nous emporterons là-haut sera la charité que nous aurons vécue ici-bas. Que sainte Bibiane, alors, nous donne du courage en ce début d’avent ! Pour regarder surtout la venue du Seigneur, pour laisser de coté les plaisirs d’ici-bas, pour être tout particulièrement courageux…

Pratique : De l’ardeur dans notre travail de ce jour.

Jeudi 1er décembre : de la férie, en certains lieux, saint Éloi.

A la saint Éloi, temps de froidure… A la saint Éloi, les jours allongent du cri d’une oie ! Dictons populaires.

Comme l’indiquent les dictons ci-dessus, dont nous pouvons vérifier l’exactitude en ce moment, saint Eloi fut un saint extrêmement populaire dans notre pays ! Eloi naquit à Chaptelat, près de Limoges, vers 588, de parents gallo-romains aisés. Très tôt, il fut formé par un orfèvre réputé, et son maître lui confia une commande du roi Clotaire II : un trône en or et pierreries ! Son biographe rapporte alors que pour la quantité d’or et de pierreries donnée, Eloi fit deux trônes magnifiques et identiques, sans profiter de l’opportunité de s’enrichir. Cette honnêteté lui valut la faveur du roi qui le nomma orfèvre royal et conseiller à la cour. A ce poste, cet orfèvre rempli de piété aimait par-dessus tout confectionner des châsses pour les saints. Sa générosité aussi était proverbiale, et l’on pouvait trouver la maison du « bon saint Eloi » rien qu’en voyant là où les mendiants s’attroupaient… Il obtint du roi Dagobert la terre de Solignac pour y fonder une abbaye en 632. Nommé Évêque de Noyon et Tournai en 641, il travaillera beaucoup à éradiquer les superstitions païennes de son vaste diocèse.Il mourut le 1er décembre 659, âgé de 70 ans.

Comme l’écrit finement saint Ouen, son compagnon et biographe, quand saint Eloi fabriqua ses trônes, il ne prit point, comme eux (les autres ouvriers), le prétexte des morsures de la lime, ou celui de la trop grande ardeur du feu… Cette époque ne semblait pas connaître de grands scrupules au sujet de l’honnêteté… Notre époque ne vaut guère mieux sur ce point ! Frauder le train, le marchand, le client, sont des pratiques courantes, et parfois quasiment louées… Qu’il n’en soit jamais question pour nous !

Pratique : Nous veillerons aujourd’hui à l’exactitude dans le travail quotidien.

Mercredi 30 novembre : saint André

Suivez-moi, et je ferai de vous des pêcheurs d’hommes !

Pour connaître saint André, écoutons tout d’abord l’Évangile : André était le frère de saint Pierre, était originaire de Bethsaïde en Galilée, habitait Capharnaüm au bord du lac de Tibériade, et était pêcheur de métier. Il était aussi devenu disciple de saint Jean-Baptiste tout comme saint Jean. Et voilà qu’un jour, alors qu’ils étaient tous deux avec Jean-Baptiste, Jésus passe devant eux, et Jean-Baptiste de s’exclamer : Voici l’agneau de Dieu ! Ils suivirent alors Jésus, et ce premier contact, qui dura toute une après-midi, marqua à ce point saint André qu’il alla chercher son frère Pierre et lui dit : nous avons trouvé le Messie ! Et il amena Pierre à Jésus… Plus tard, alors qu’André et Pierre pêchaient, Jésus passa sur le bord du lac et les appela : Suivez-moi et je ferai de vous des pêcheurs d’hommes. Eux, quittant tout, suivirent Jésus. L’Évangile, ensuite relativement discret à son sujet, nous montrera encore André repérant l’enfant qui avait cinq pains et deux poissons, et introduisant avec Philippe les païens de langue grecque auprès de Jésus… En dehors de l’Évangile, l’histoire rapporte qu’il aurait évangélisé de nombreuses contrées, et qu’il aurait été mis à mort suspendu à une croix en X appelée pour cela, dans la tradition chrétienne, la croix de saint André. Le bréviaire ajoute encore que suspendu à la croix il aurait continué de prêcher à la foule !

La tradition catholique a surnommé saint André le « premier des appelés », et il en fut tellement heureux qu’il ne cessait d’en appeler d’autres ! Pourquoi nous-mêmes sommes-nous si peu capables de témoigner du Seigneur ? N’aurions-nous pas laissé l’habitude, la facilité, la tiédeur… gagner nos vies ? Si nous venions plus souvent rencontrer notre Seigneur Jésus-Christ dans la prière, nous en sortirions avec un cœur de feu, et aucun sacrifice ne paraîtrait jamais de trop…

Pratique : Aujourd’hui nous ferons quelques sacrifices par amour du Seigneur. Commencer aussi la neuvaine pour le 8 décembre !!!

Mardi 29 novembre : de la férie.

Profitons de ce jour de férie pour parler de la médaille miraculeuse.

Les personnes qui la porteront recevront de grandes grâces !  Paroles de la sainte Vierge, rue du Bac.

Le 27 novembre 1830, la sainte Vierge Marie apparaissait à sainte Catherine Labouré, dans la chapelle des religieuses de saint Vincent de Paul, rue du Bac, à Paris. Catherine vit la sainte Vierge qui ouvrait les bras, des rayons magnifiques partaient de ses mains. La voix de la sainte Vierge se fit alors entendre, qui disait : Ces rayons sont le symbole des grâces que je répands sur les personnes qui me les demandent. Puis apparut un ovale autour de Marie, où était écrit : Ô Marie, conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous ! Marie dit alors : Faites frapper une médaille sur ce modèle. Les personnes qui la porteront recevront de grandes grâces. Les grâces seront abondantes pour les personnes qui auront confiance. Le tableau ainsi formé parut se retourner, et Catherine découvrit le revers : Un M surmonté d’une croix, au dessus de deux cœurs, l’un entouré d’épines, l’autre percé d’un glaive. La médaille, rapidement distribuée, fut si bénéfique que la dévotion populaire l’appela bien vite la « médaille miraculeuse ». Ces apparitions eurent un retentissement international, on compte qu’en 1832 déjà, plus de 10 millions de médailles avaient été distribuées de par le monde !

Lors de l’apparition, la Vierge Marie demandait, vous l’aurez remarqué, que l’on PORTE cette médaille, pour bénéficier de sa protection. Et pourquoi la porter ? Pour que le souvenir de Marie revienne souvent au chrétien ? Pour que, portant cette médaille, nous nous souvenions de notre vocation à être la lumière du monde ? Je ne sais pas, mais peut-être que tout simplement Marie voulait un acte de confiance simple, visible, et filial de ses enfants…

Pratique : Porter la médaille miraculeuse (se la faire imposer par un prêtre si cela n’a jamais été réalisé).

Lundi 28 novembre : de la férie. En certains lieux : sainte Catherine Labouré

Je n’ai été qu’un instrument, ce n’est pas pour moi que la Sainte Vierge est apparue. Si elle m’a choisie, ne sachant rien, c’est afin qu’on ne puisse pas douter d’elle. »        Sainte Catherine Labouré

Zoé Labouré naquit à Fain-les-moutiers, en Bourgogne, le 2 mai 1806. Huitième d’une famille de dix enfants, Zoé eut la tristesse de perdre sa mère à 9 ans. A 12 ans, elle assumait toutes les tâches de la grosse ferme familiale, et passait aussi de longues heures à prier dans l’église du village, où pourtant les curés se faisaient rares du fait de la révolution française toute proche. Son père voulut la marier, mais elle refusa et après une longue attente, elle décida son père à accepter son entrée chez les religieuses de saint Vincent de Paul pour servir les pauvres. Elle entra donc au noviciat des sœurs, rue du bac, à Paris, le 21 avril 1830, devenant sœur Catherine. C’est là que la sainte Vierge apparaîtra par trois fois à cette jeune fille illettrée, les 18 juillet, 27 novembre, et au cours du mois de décembre 1830, lui donnant un message pour la France, et demandant que soit frappée la médaille qu’on appellera miraculeuse. Catherine raconte cela à son confesseur, le père Aladel, qui lui demandera de garder le tout secret, mais la médaille sera largement distribuée. Après son noviciat, sœur Catherine est nommée dans divers postes : Enghien, Reuilly, où elle passe son temps à se dévouer auprès des pauvres et des vieillards. Pendant 46 ans, Catherine ne parlera jamais de son grand secret, les sœurs remarqueront juste qu’elle disait son chapelet avec un extraordinaire recueillement… Elle mourra avec un merveilleux sourire le 31 décembre 1876. Son corps, non corrompu, est conservé dans une chasse dans la chapelle des sœurs de la rue du Bac à Paris.

Quand il la canonisa, le Pape Pie XII appela sainte Catherine Labouré, la sainte du devoir d’état et du silence. Dans notre époque marquée par la contestation, on n’ose plus guère parler de devoir d’état, et encore moins de silence… Ce chemin, suivi par sainte Catherine, plut pourtant à Dieu et la mena vers le Ciel !

Pratique : aujourd’hui nous observerons quelques instants de silence.

Dimanche 27 novembre : 1er dimanche de l’Avent

Au moment ou la nature semble s’endormir sous le froid et l’hiver à venir, la liturgie, elle,  se réveille et pousse un formidable cri : Ad te levávi ánimam meam : Vers vous (Seigneur) j’ai élevé mon âme ! Hora est jam nos de somno surgere : Il est temps pour nous de sortir du sommeil ! Respicite et levate capita vestra : Regardez et relevez la tête ! C’est une nouvelle année liturgique qui commence, bonne fête aux chrétiens ! Mais au fait… pourquoi irions-nous à l’inverse de la déprime saisonnière ? Y aurait-il de bonnes raisons de secouer ses godillots et de se mettre en marche ?

Comme le remarquait il y a quelques années le pape Benoît XVI, tous ceux qui vivent, attendent… Un enfant attend de grandir : ce doit être bien d’être adulte ! Un étudiant attend la vie active pour partir à l’assaut de la vie. Un jeune homme ou une jeune femme se demande quand il trouvera l’amour de sa vie. les parents attendent que leurs enfants grandissent et s’établissent, les grands-parents attendent de voir les petits-enfants arriver. L’attente, c’est la vie, celui qui n’attend pas ne vit plus vraiment, il est dépressif ou attend la mort, et il faut bien dire que notre société qui veut tant profiter sent fort cette déprime et cette mort. Le chrétien a, lui, une immense raison de vivre, et une gigantesque nouvelle à partager : Il attend le Seigneur qui vient !

Noël est pour bientôt, l’Enfant va nous être donné… Les secondes de nos vies deviennent précieuses quand nous savons qu’elles sont l’occasion d’ouvrir nos âmes à l’Amour infini qui se propose à nous… La fin du monde elle-même n’est plus si terrifiante puisque le Seigneur rendra toute justice et établira son règne… Bon, et si on y allait ?

Pratique : Prenons un résolution de prière pour tout ce temps d’avent.

Samedi 26 novembre : saint Sylvestre

Saint Sylvestre naquit en 1177 à Osimo dans les Marches, dans la noble famille des Gozzolini. Dans sa jeunesse, il fit de bonnes études de droit mais, contre l’avis de ses parents, il s’orienta finalement vers la théologie et le sacerdoce. Il était un prêtre très zélé et aimé des fidèles, mais le Seigneur le destinait à une vie plus parfaite… Âgé d’environ cinquante ans, alors qu’il assistait aux funérailles d’un parent, il fut frappé par la vision du défunt et s’écria : Je suis ce qu’il était, mais je serai aussi ce qu’il est ! Il voulut alors tout quitter pour vivre dans la solitude dans une grotte proche d’Osimo. Là, des disciples vinrent le voir et, suite à une apparition de saint Benoît, il fonda une nouvelle branche de l’ordre bénédictin : les Sylvestrins, des bénédictins apostoliques revêtus d’un habit bleu. Il mourut à 90 ans le 26 novembre 1267, dans le premier monastère qu’il avait fondé sur le mont Fano, près de Propriano.

Saint Sylvestre fit partie de la cohorte, discrète mais toujours présente dans l’histoire de l’Église, de ceux qui se retirent dans la solitude totale auprès de Dieu. Prophètes d’un monde à venir, ils anticipent déjà sur terre le bonheur absolu de la vision de Dieu. L’Église nous dit que leur vie, menée avec générosité, nous vaut des grâces extraordinaires sur notre monde. Pensons-nous à les rejoindre de temps en temps ? Nous pouvons nous aussi trouver tant de joie à nous tenir en présence du Dieu vivant !

Pratique : Un temps de méditation silencieuse, pourquoi pas dans une église ?

Vendredi 25 novembre : sainte Catherine d’Alexandrie

O Dieu, qui avez donné la loi à Moïse sur le sommet du mont Sinaï, et qui avez fait miraculeusement transporter en ce même lieu, par vos saints Anges, le corps de votre bienheureuse Vierge et Martyre Catherine ; faites, nous vous en supplions, que par ses mérites et son intercession, nous puissions parvenir à la montagne qui est le Christ.      Oraison de la Messe.

Catherine d’Alexandrie (à ne pas confondre avec celle de Sienne, postérieure de près de mille ans…) est la patronne des philosophes – puisqu’elle convertit, par la force de ses arguments, des savants qui essayaient de la convaincre d’apostasier – et aussi des jeunes filles non encore mariées (les célèbres Catherinettes). Elle serait morte suppliciée sur une roue (on la représente souvent avec cet attribut) vers l’an 305 et son corps aurait été porté par les anges au sommet du mont Sinaï.

Comme l’a magistralement rappelé Benoît XVI, dans un discours passé à Ratisbonne qui a fait couler beaucoup d’encre, il est légitime d’appliquer la raison aux vérités enseignées par la foi, et de cette quête naîtra toute la théologie et même la culture chrétienne. Bien des catholiques savent que le catholicisme a produit des chefs-d’œuvre de culture et d’intelligence… et beaucoup d’entre eux ne sauraient pas expliquer une leçon de catéchisme ! Quel paradoxe !
Savez-vous ce que l’Eglise demande à tous dans le domaine de la connaissance ?
Que chacun de nous ait un degré de connaissance religieuse au moins égal au niveau de nos connaissances profanes ! M’est avis qu’il y a du boulot en perspective…

Pratique : une étude de la foi catholique s’impose aujourd’hui.

Jeudi 24 novembre : saint Jean de la Croix

Juan de Yepes y Alvarez naquit à Fontiveros en Vieille Castille (province d’Avila) en 1542. Son père, qui s’était mésallié, avait été rejeté de la famille et, quand il mourut en 1545, sa famille connut l’errance et la misère. Jean rentra chez les Carmes en 1563, puis fit de fortes études à l’université de Salamanque. Après son ordination, il était attiré par une vie plus parfaite et pensait devenir Chartreux. C’est alors que sainte Thérèse d’Avila, qui a eu vent de ses désirs, lui propose de fonder une réforme plus stricte des Carmes : les Carmes déchaussés (ils allaient pieds-nus…). Jean fonde le premier couvent à Duruelo, en 1568, et devient un pilier de la réforme ; sainte Thérèse d’Avila l’appelait son petit Sénèque pour sa sagesse ! Les tensions seront si fortes entre les chaussés et les déchaussés que saint Jean de la Croix sera emprisonné en 1577 au couvent des chaussés de Tolède, dans des conditions éprouvantes. C’est là qu’il composera plusieurs poèmes mystiques d’une profondeur incroyable. Au bout de 9 mois, il s’enfuit et apprend que la réforme des déchaussés est définitivement approuvée. Il sera supérieur pendant 10 ans en Andalousie, puis connaîtra de nouveau une période difficile où l’on parlera de l’exiler au Mexique et même de l’exclure de l’ordre ! Il meurt à Ubeda le 14 décembre 1591, sera canonisé et déclaré docteur de l’Eglise.

Saint Jean de la Croix a cherché profondément à plaire au Seigneur, et le Seigneur lui a donné la sagesse pour décrire aux autres le chemin de l’amour de Dieu. Pas sûr cependant que cela intéresse beaucoup d’hommes, ni même beaucoup de chrétiens, de nos jours… C’est pourtant lui qui avait raison, et nous qui avons tort ! Au soir de votre vie, vous serez examiné sur l’amour. Apprenez donc à aimer Dieu comme il veut être aimé et oubliez-vous vous-même…               Tiré des avis et maximes de saint Jean de la Croix.

Pratique : Je laisse saint Jean vous la donner : Établissez votre âme dans le calme, en rejetant loin de vous les soucis et en ne vous préoccupant point des événements quels qu’ils soient : c’est alors que vous servirez Dieu selon son bon plaisir, et que vous trouverez en lui votre joie.

Mercredi 23 novembre : saint Clément

Avec Clément de Rome, nous touchons aux origines les plus antiques du catholicisme ! Au témoignage de saint Irénée (en 180), il avait vu les apôtres, avait encore dans l’oreille leur prédication, et devant les yeux leur tradition, et fut le troisième successeur de saint Pierre, après Lin et Anaclet (son nom est cité d’ailleurs en troisième position dans le Canon romain…). Nous possédons la magnifique lettre qu’il écrivit vers 96 aux Corinthiens. Après une période d’expansion et de rayonnement, l’église de Corinthe connaissait de redoutables tensions de charité : un groupe de jeunes laïcs avait tout simplement déposé les autorités de l’église ! Et tout le monde s’était allègrement jeté dans la discorde, scandalisant les païens au passage… Clément intervient alors, décrivant à longueur de pages tous les exemples de conversion et de charité que donne la Bible, et il demande non la victoire d’un camp sur l’autre, mais qu’on se pardonne, que la charité renaisse dans la communauté, et qu’on se consacre enfin à l’annonce de l’Évangile ! Il rappelle au passage que c’est le Seigneur qui a voulu la hiérarchie dans l’Église : le Christ vient donc de Dieu et les Apôtres du Christ, écrira-t-il !

Sans doute aucun d’entre nous n’a jamais critiqué un prêtre…, mais à toute fin utile, je laisse la parole à saint Clément : Pourquoi parmi vous des querelles, des emportements, des dissensions, des schismes et la guerre ? N’avons-nous pas un même Dieu, un même Christ, un même esprit de grâce répandu sur nous, une même vocation dans le Christ ? Pourquoi déchirer et écarteler les membres du Christ ? Pourquoi être en révolte contre notre propre corps ? Pourquoi en venir à cette folie d’oublier que nous sommes membres les uns des autres ? 
Rappelez-vous les paroles de Jésus, Notre-Seigneur, qui a dit : « Malheur à cet homme ! Mieux vaudrait pour lui n’être pas né que de scandaliser un seul de mes élus ; mieux vaudrait pour lui avoir une meule passée au cou et être jeté à la mer que de pervertir un seul de mes élus ». 
Votre schisme a dévoyé bien des âmes : il en a jeté beaucoup dans l’abattement, beaucoup dans le doute, et nous tous dans la tristesse. Et vos dissensions se prolongent !..

 Pratique : Surveiller ses critiques. On est toujours étonné, quand on a cette vigilance, de voir le nombre de nos jugements en une journée…