Dimanche 26 février : De la quinquagésime

C’était pour eux un langage caché et ils ne comprenaient pas ce qui leur était dit…

J’ai beau relire l’Evangile d’aujourd’hui en long, en large, et en travers, quelque chose ne tient pas… En effet, Jésus dit très clairement qu’Il va monter à Jérusalem, et accomplir les prophéties en étant battu, flagellé et tué… Et pourtant, nous dit l’Evangile, les apôtres ne comprirent pas ce qui leur était dit… Comment est-ce possible de ne pas comprendre ? Il me semble plutôt que les apôtres n’ont pas envie d’entendre parler d’un Messie souffrant ! C’est un peu comme nous quand on est devant une obligation qui nous ennuie.

Faites l’expérience ! Le carême arrive bientôt, avec son lot de pénitences à accomplir, alors quelle est notre réaction ? Nous commençons à être embêtés, puis nous évacuons, enfin nous pensons à autre chose… Ce piège vous sera certainement tendu ! Pour le déjouer, écoutez cette histoire : Un vieux conte de nos chaumières rapporte l’histoire d’un enfant qui fut introduit en rêve au pays du diable : il voit l’armée de ces mauvais esprits méditant les mauvais coups qu’ils veulent faire aux hommes et leurs regards effrayants de méchanceté. Il voit Satan lui-même, tout rouge et furieux (comme il devait être quand Notre-Seigneur Lui-même triompha de ses tentations dans le désert). Il voit enfin dans une pièce les armes employées par les démons pour tenter les hommes et arriver à les faire chuter : une longue corde, symbole des tentations contre la pureté qui enlacent et finissent par immobiliser ceux qui s’y livrent. Un serpentin, image des efforts faits par le diable pour distraire les hommes de leur Messe du dimanche et de leurs prières de tous les jours. Une barre de fer pour toutes les colères mises en nous et les manquements à la charité qui durcissent notre cœur. Il remarque enfin une petite pierre dans un coin qui a l’air tout usée. Bien hardiment il demande au diable : « A quoi donc sert cette pierre ? » Le diable répond avec un éclat de rire : « c’est le découragement, qui pèse dans le cœur des hommes comme une pierre ! ». « Et pourquoi est-elle si usée ? » « Parce que j’emploie ce moyen avec tout le monde ! Avec tout le monde ! »

Bonne méditation ! Bonnes résolutions !

Pratique : Demander au Seigneur le courage pour le carême à venir.

Samedi 25 février : de la sainte Vierge au samedi

Au cours de la Septuagésime, délicatement, à la manière de ce Dieu qui laisse l’homme libre pour de vrai, l’Eglise nous a menés en face d’une décision. Nous avons constaté l’existence du péché originel dans ce monde et en nous-mêmes. Nous avons vu les terribles ravages causés par ce fléau, toujours actuel. Nous avons enfin saisi que Dieu avait un dessein de miséricorde et de bonté à nous proposer…

Alors, quelle est notre réponse ? J’espère : la disponibilité !

C’était l’attitude qu’a prise Adam après sa faute, l’attitude de Noé, d’Abraham, de tous les justes de l’Ancien Testament, de la Vierge Marie, tout particulièrement. Ce sera aussi la bonne disposition des apôtres en face de l’appel de Dieu, et celle des saints du Nouveau Testament. Quand Bernadette entendra Marie lui demander Voulez-vous avoir la grâce de venir ici pendant 15 jours ? elle répondra par un oui franc, auquel elle restera fidèle malgré toutes les épreuves.

Dans quelques jours, le carême va commencer et nous entendrons l’appel de l’Église à la pénitence des chrétiens. Pour y répondre généreusement, commençons, dés maintenant, à pratiquer la disponibilité. Disponibilité à son conjoint, à ses enfants, à ses parents, à sa paroisse, les occasions ne manquent pas d’assouplir notre volonté et préparer notre offrande au Seigneur !

Pratique : la disponibilité.

Vendredi 24 février : saint Mathias

Le sort tomba sur Mathias, et il fut associé aux onze Apôtres. tiré de l’épître de la Messe.

On ne connaît presque rien de la vie de saint Mathias, à l’exception du récit de son élection au chapitre 1 des Actes des apôtres (c’est l’épître de la Messe d’aujourd’hui). Mais celui-ci est bien riche ! Nous sommes juste après l’Ascension, et avant que se produise la Pentecôte… Saint Pierre fait un discours à plus de cent frères, leur demandant de choisir un successeur au malheureux apôtre Judas, pour être témoin de la résurrection de Jésus… On en trouve deux qui pourraient remplir la charge, le premier s’appelle Joseph et est surnommé le juste, le second est notre Mathias. On se met en prière et on tire au sort l’élu du Seigneur et c’est Mathias qui est désigné pour remplacer Judas.

Que faut-il admirer le plus ? La foi des apôtres qui est certain que le Seigneur habite et dirige son Église ? L’attirance du Seigneur pour les humbles ? (Mathias est le second sur la liste…) L’apôtre nouveau qui nous est donné (le nom « Mathias » signifie : don de Dieu) ? Sachons accueillir ceux que le Seigneur nous envoie : conjoint, famille, curé, évêque ou Pape… Mystérieusement, c’est à travers eux que l’amour du Seigneur nous touche sur les chemins de la vie ! Et aussi commençons à nous préparer au carême à venir avec la belle parole que saint Clément d’Alexandrie nous a rapportée de saint Mathias : il faut épuiser le corps par la mortification l’assujettissant à l’esprit de Jésus Crucifié !

Pratique : Aujourd’hui nous serons particulièrement disponibles à ceux que nous rencontrerons.

Jeudi 23 février : Saint Pierre Damien

Le troisième tableau de notre temps de la Septuagésime est celui d’Abraham le croyant, et tout spécialement l’épisode du sacrifice de son fils Isaac. Cette page étonnante de la Bible nous révèle les intentions de Dieu sur l’homme pécheur.

Dieu dit (à Abraham) : « Prends ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Isaac, va au pays de Moriah, et là tu l’offriras en holocauste sur la montagne que je t’indiquerai… Abraham étendit la main et saisit le couteau pour immoler son fils. Mais l’ange du Seigneur l’appela du haut du ciel et dit : « Abraham ! Abraham ! » Il répondit : « Me voici ! ». L’ange lui dit : « Ne porte pas la main sur le garçon ! Ne lui fais aucun mal ! Je sais maintenant que tu crains Dieu : tu ne m’as pas refusé ton fils, ton unique. Abraham leva les yeux et vit un bélier retenu par les cornes dans un buisson. Il alla prendre le bélier et l’offrit en holocauste à la place de son fils.

A cette époque où se pratiquaient les sacrifices humains rituels, Dieu marque une franche rupture : Lui ne veut pas la destruction des hommes ni le sang versé ! Lui est un Dieu de vie et de bonté ! Puisqu’il faut un sacrifice pour effacer le péché des hommes, un autre sera désigné, un nouvel agneau, qui viendra aussi portant le bois sur son dos et consentira à mourir pour que nous vivions. Voici donc les enseignements décisifs de ce temps de la Septuagésime : au delà du péché des hommes, la bonté de Dieu brille toujours, le croyons-nous ? Sommes-nous prêts à aller chercher ce salut que le Seigneur nous a préparé ?

Pratique : Offrons au Seigneur nos peines de la journée en réparation de nos fautes.

Mercredi 22 février : fête de la chaire de saint Pierre

Malgré la grande fête d’aujourd’hui, continuons nos méditations sur la Septuagésime…

Après Adam et la réflexion sur le péché originel, le temps de la Septuagésime évoque le patriarche Noé et l’épisode du déluge. Et c’est une histoire d’une violence extrême… et pleine d’enseignements ! Le Seigneur vit que la méchanceté des hommes était grande sur la terre, et que toutes les pensées de leur cœur se portaient chaque jour uniquement vers le mal… C’est ainsi que commence l’épisode ! Non seulement le mal est dans le cœur de l’homme, créant méchanceté et malheur, mais ce mal gagne du terrain de jour en jour et augmente en pouvoir néfaste, c’est un cancer ! Voici bien la deuxième leçon à méditer pour nous : le mal en nous, qui n’est pas combattu, se développe, et devient de pire en pire. Terrible loi !

Le récit biblique continue, implacable : … le Seigneur se repentit d’avoir fait l’homme sur la terre, et il fut affligé en son cœur. Et le Seigneur dit : J’exterminerai de la face de la terre l’homme que j’ai créé, depuis l’homme jusqu’au bétail, aux reptiles, et aux oiseaux du ciel ; car je me repens de les avoir faits. Dans le chapitre des mauvaises nouvelles, en voici une autre : les péchés des hommes attirent sur eux la colère de Dieu, manifestée par le châtiment qu’ils méritent !

Mais Noé trouva grâce aux yeux du Seigneur (Livre de la Genèse ch. 6). Enfin un élément plein d’espérance ! Dieu ne se résout pas à tout ce mal. Ce n’est pas simplement nous qui désirons nous en sortir, le Seigneur va agir ! Aux jours de Noé… les hommes mangeaient, buvaient, et se mariaient, jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche. Puis le déluge arriva, qui les a tous fait mourir… dira plus tard Jésus (Luc, ch. 17). Nous avons compris la leçon… Et sommes prêts à nous bouger pour gagner l’arche et le royaume de Dieu !

Pratique : Réfléchissons sur les efforts que le Seigneur nous indique pour ce carême.

Mardi 21 février : de la férie

Nous profiterons des quelques jours prochains pour parler de la spiritualité de notre temps : le temps de la septuagésime.

Avec le dimanche de la septuagésime, l’Eglise change de langage : Elle revêt la couleur violette pour les ornements en signe de tristesse, et on supprime l’alléluia, le chant de joie. Pour autant on n’est pas encore entré dans le carême… La liturgie ne parle pas encore de pénitence, mais elle médite d’abord sur le péché d’Adam et Eve et le triste état dans lequel il nous a laissés ! Bien plus grave que les maladies, les catastrophes naturelles et les crises économiques, il y a cette blessure dans le cœur de l’homme, ce péché originel, d’où viennent les meurtres, adultères, fornications, vols, faux témoignages, blasphèmes au témoignage de notre Seigneur Lui-même… Il nous faudra donc vivre boiteux et dans un monde blessé, marqué par le péché… Pourquoi insister là-dessus, au risque de nous faire tomber dans le cynisme ou la révolte ?

Pour que naisse au fond de nous une grande attente : on ne peut pas en rester là ! Un peu comme la sainte Vierge osait dire à sainte Bernadette, avec un triste visage en regardant la foule : Priez Dieu pour la conversion des pécheurs !

Pratique : Réciter posément un acte de contrition.

Lundi 20 février : de la férie

Pour terminer notre série sur Lourdes, voulez-vous quelques chiffres?

– La sainte Vierge avait demandé un église de pèlerinage, on construira trois basiliques, celle de l’Immaculée-Conception (capacité 700 personnes) qui surplombe la grotte, celle, en-dessous, de Notre Dame du Rosaire (capacité 1500 personnes), et celle, souterraine, de saint Pie X pouvant contenir plus de 10.000 personnes.

– le pèlerinage, demandé par Notre-Dame, est toujours vivace, c’est le premier pèlerinage européen à Marie : On compte plus de 6 millions de pèlerins annuels, et plus de 500 kilos de cierge brulés.

– Et les miracles ? A Lourdes, la sainte Vierge guérit les âmes, mais aussi les corps ! Devant l’afflux de guérisons extraordinaire, l’autorité religieuse décida de fonder à Lourdes un bureau médical, composé de médecin de toutes croyances, chargé d’enregistrer les guérisons inexplicables sur des critères très stricts. Ce bureau dénombrait, avant 2003, 6.000 déclarations de guérisons. Sur ces guérisons environ 2.000 pouvaient être considérées comme miraculeuses. Cependant, l’église, très prudente, sur cette multitude de cas a reconnu et déclaré officiellement seulement 69 miracles. Le dernier de ces miracles a été attesté en juin 2013 ! Pour ceux qui veulent bien voir, l’action de Marie est toujours là dans le monde. Elle continue d’apporter les grâces à nos âmes, l’espoir sur nos routes, et la douceur à nos vies… si, du moins, nous lui ouvrons la porte !

Pratique : Ce que la sainte Vierge nous a demandé bien souvent : prier le chapelet !

Dimanche 19 février : dimanche de la Sexagésime

Ce qui est tombé dans la bonne terre, ce sont ceux qui, après avoir entendu la parole avec un cœur noble et bon, la gardent et portent du fruit grâce à la constance.   Tiré de l’Évangile du dimanche.

En ce dimanche de la sexagésime, la liturgie nous donne à méditer sur la parabole du semeur. Et c’est relâche pour les prédicateurs puisque Jésus explique Lui-même cette parabole ! Ainsi la semence est la parole de Dieu et le terrain représente les cœurs des hommes, plus ou moins bien disposés à recevoir le Seigneur, et qui donnent du fruit en conséquence…

Cette parabole de Notre Seigneur nous permet de comprendre l’histoire du monde, où plutôt les deux histoires du monde. La première histoire est la vie du champ. Elle nous est bien connue, car elle remplit nos journaux et nos livres d’histoire : les guerres, les renversements de pouvoir, les puissances d’asservissement, de jouissance et de violence. Cette histoire semble d’ailleurs aujourd’hui dominer le monde et y apporte régulièrement son lot de misères… Et puis il y a la deuxième histoire, l’histoire fabuleuse de la graine. Un semeur est venu voici 2000 ans, il était Dieu venu sur terre. La graine qu’Il a semée toute simple, discrète, portée par quelques apôtres, a rendu la terre merveilleusement féconde. On verra des hommes changer, abandonner l’appétit de jouissance, de possession, de violence pour se mettre à la suite du divin modèle apparu sur la terre. Les saint Paul, saint Antoine, saint François d’Assise, et tant d’autres, laisseront à ceux qui veulent bien voir, un exemple d’une vie lumineuse et joyeuse. Il n’y a pas que le monde qui soit un champ de bataille, c’est aussi le cas de nos cœurs. Nous qui avons reçu cette graine, qu’allons-nous en faire ?

Pratique : Relire l’Évangile de ce dimanche.

Samedi 18 février : de la sainte Vierge au samedi, en certains lieux, sainte Bernadette

La sainte Vierge s’est servie de moi comme d’un balai !  Parole de sainte Bernadette.

Le 7 janvier 1844 naquit à Lourdes Bernadette Soubirous, un an après le mariage de ses parents. Baptisée deux jours après sa naissance, elle connut dix années de vie joyeuses au moulin de Boly, que faisait tourner ses parents. A partir de 1854 les nuages s’amoncellent sur la famille avec de graves difficultés financières qui les mèneront dans un logement sordide, le cachot, pièce insalubre de 16 m². Bernadette est définitivement touchée par l’asthme. C’est à cette gamine souffreteuse de 14 ans qui ne connait pas son catéchisme que Marie choisira d’apparaître 18 fois entre le 11 février et le 16 juillet 1858. La sainte Vierge lui dira vous et aimera cette simple fille qui lui vouera une fidélité totale. Sainte Bernadette veut être religieuse et comprends que  sa vocation est d’entrer chez les sœurs de la charité de Nevers, ce qu’elle fera le 7 juillet 1866. Quitter Lourdes sera le plus grand sacrifice de sa vie, écrira-t-elle. Pendant 13 ans, sa vie religieuse sera plus semée d’épines que de roses, elle aura toujours en part la vie cachée et humble, mais fidèle. Fin 1878 sa santé décline, elle doit rester dans la chapelle blanche formée par son lit… Elle meurt le 16 avril 1879 à l’âge de 35 ans, son corps, trois fois exhumé, est découvert parfaitement intact. On peut encore le vénérer ainsi dans la chapelle des sœurs de Nevers.

Sainte Bernadette connut une réputation mondiale du fait des apparitions de Lourdes. Sa simplicité proclame encore aujourd’hui à tous que la sainte Vierge ne demande pas grand chose : Notre confiance et notre bonne volonté. Si nous pouvions, nous aussi, devenir des balais de Marie…

Pratique : être de bonne volonté au cours de cette journée.

Vendredi 17 février : de la férie

La petite fille remonte les pentes du gave en courant… Nous sommes le jeudi 25 mars. Ce matin, poussée intérieurement, elle a, par trois fois, demandé son nom à la belle dame : Madame, voulez-vous avoir la bonté de me dire qui vous êtes ? Et la Vierge a répondu…, alors Bernadette court, tout en répétant les paroles de la dame, de peur de les oublier : que soy era…, que soy era… Elle se précipite chez le curé, et lui déclare tout de suite : que soy era immaculada counceptiou. Qu’est-ce que tu dis ? dit le curé, déjà énervé. Bernadette répond : La dame a dit : « que soy era immaculada counceptiou ». Le curé a un coup au cœur, il est bouleversé, lui qui est bon prêtre, et qui pousse ses fidèles à la dévotion à leur Mère du ciel. Comment une enfant si jeune et ignorante de son catéchisme peut elle dire une chose pareille ? Parler d’un dogme précisé dans l’Eglise voilà juste quatre ans… Tout était donc vrai ! Et Lourdes va commencer son rayonnement…

Sainte Bernadette décrira le geste de Marie pendant qu’Elle prononçait sa célèbre parole : La sainte Vierge leva les yeux au ciel et joignit les mains à la hauteur de la poitrine. C’est un magnificat, un remerciement au Seigneur de lui avoir tant donné. Savons nous, nous-mêmes, remercier le Seigneur de tout ce qu’Il nous donne, et aussi voir dans la Vierge de Lourdes un reflet du paradis qui nous est promis ?

Pratique : Remercier souvent le Seigneur au cours de la journée.