Vendredi 30 décembre

Après l’intervention du premier ange, c’est toute une troupe qui proclame : Sur la terre, paix aux hommes de bonne volonté !

Oui, oui, je sais… La traduction exacte de la parole des anges serait plutôt : paix sur la terre aux hommes qu’Il aime… Mais si on a traduit depuis des centaines d’années selon la première version, et qu’on la garde dans la liturgie, c’est qu’elle correspond bien à la foi, et qu’elle a quelque chose à nous dire ! Et pour tout vous dire, elle me plaît bien…

Un homme de bonne volonté, à votre avis, c’est quoi ? Quelqu’un d’honnête intérieurement ! Il ne triche pas avec la vérité quand il la voit. Quelqu’un de généreux dans sa vie ! Il ne compte pas ses efforts devant le bien à accomplir. Quelqu’un enfin qui favorise la paix autour de lui. Bref un vrai gibier d’Evangile ! Il suffit de lui expliquer la parole de Dieu, pour qu’il s’ouvre rapidement à sa lumière. Bien des missionnaires ont ainsi raconté que, faisant le catéchisme dans des endroits reculés, ils ont trouvé de ces âmes de bonne volonté, qui leur disaient avoir toujours cru en grande partie ce qu’ils enseignaient.

Ce qui est vrai de ceux qui ne connaissent pas Jésus-Christ, reste vrai pour les baptisés… On a beau être baptisé, si on n’est pas un homme de bonne volonté, il y a fort à parier que l’Évangile provoquera en nous des tensions, des lâchetés, des trahisons. Alors, sommes-nous des hommes de bonne volonté ? Du moins… nous efforçons-nous de le devenir ?

Pratique : Veiller à être généreux aujourd’hui.

Jeudi 29 décembre : de la férie

J’ai déjà eu l’occasion de le dire : on a toujours intérêt à scruter les paroles des anges ! En effet ces purs esprits comprennent les mystères de Dieu bien mieux que nous autres, pauvres hommes. Et quand ils disent quelque chose, il y a pour nous une grande lumière ! Revenons alors, pour ces jours de férie, sur les paroles des anges de Noël…

Ne craignez pas, car voici que je vous annonce une grande joie, qui sera celle de tout le peuple : aujourd’hui vous est né un Sauveur, qui est le Christ Seigneur, dans la ville de David.

La joie est donc le résumé du mystère de la Nativité ! Et même une joie universelle puisque tout le peuple sera concerné… Il faut dire que Dieu a « mis le paquet » : Le Sauveur attendu depuis des millénaires arrive, ce qui n’est pas rien. Mais de plus, ce Sauveur n’est pas n’importe qui, mais le Christ Seigneur (manière pour l’ange d’indiquer que le Messie est Dieu Lui-même), et, comble d’admiration… Il vient partager nos existences ! Les anges s’extasient devant le cadeau royal de Noël, celui de l’amour intense de Dieu pour les hommes, et qui devrait les remplir d’une joie profonde. A-t-on jamais entendu parler d’un Dieu qui se soit fait aussi proche des hommes ? remarquait finement saint Thomas d’ Aquin…

Ah, si tous les hommes, malgré la lourdeur de leurs cœurs, pouvaient s’ouvrir à cette annonce et  recevoir la joie qui leur est si largement proposée !

Pratique : Une visite au Saint Sacrement dans une église.

Mercredi 28 décembre : les saints Innocents

Notre âme s’est échappée comme un passereau du filet des chasseurs. Le filet a été brisé et nous avons été délivrés.                                                                        Offertoire de la Messe des saints Innocents.

Les saints Innocents sont ces enfants du coin de Bethléem massacrés par Hérode en lieu et place de Jésus-Christ. Pour avoir donné leur vie à cause de Notre-Seigneur, leur drame s’est changé en récompense : ils ont reçu la palme du martyre. Le premier témoignage de leur fête en Occident est au 5ème siècle. En leur honneur il était coutume, au Moyen-Âge, d’admettre les enfants en ce jour dans le chœur des cathédrales. Dans les couvents, bien souvent, les novices commandent aujourd’hui aux anciens !

Les saints Innocents nous rappellent le drame de ce monde : alors que le Seigneur vient à Noël comme un enfant, plein de bonté et de douceur, le monde n’est pas près à le recevoir et son aversion se changera en violence et en haine… A travers Hérode, on voit donc le perpétuel combat entre la lumière et les ténèbres, entre la vie généreuse et l’égoïsme. L’histoire continue de nos jours à travers les nouveaux innocents persécutés… Je veux parler de tous ces enfants que l’avortement prive de la vie, et à toutes ces blessures aussi que les parents connaissent à travers ce drame.

Que les saints Innocents nous obtiennent notre conversion, le pardon de Dieu, et nous donnent l’amour de toute vie humaine.

Pratique : Prier pour toutes les victimes de l’avortement, enfants et parents.

Mardi 27 décembre : Saint Jean

Celui-ci est Jean, qui se reposa pendant la cène sur la poitrine du Seigneur : bienheureux Apôtre, à qui furent révélés de célestes secrets !                          Antienne des vêpres de la fête de saint Jean.

Saint Jean était un apôtre de premier plan… Cousin du Seigneur, membre du cercle restreint des intimes à qui le Seigneur révélait ses plus grands secrets, il s’appellera lui-même : Celui que Jésus aimait ! Il reposera sur sa poitrine le soir du jeudi saint, sera présent au pied de la Croix, et recevra Marie comme Mère, et pour nous tous. Il écrivit le quatrième évangile, qui proclame très clairement la divinité de Jésus-Christ…

Saint Jérôme rapporte qu’à la fin de sa vie, Jean ne cessait de répéter aux chrétiens Aimez vous les uns les autres ! Au point que les fidèles, lassés de ce radotage, lui demandèrent pourquoi il répétait toujours la même chose. Saint Jean répondit : C’est la parole du Seigneur et elle suffit !

Je me garderai bien de reprocher à saint Jean de répéter cela… Je crois au contraire qu’il faudrait nous le redire tous les jours ! Quand donc, nous autres chrétiens, poursuivrons nous vraiment cette charité comme l’idéal de vie qui nous est demandé ? Quand donc serons-nous un peuple rempli de l’amour des autres ? Ce jour là, la crise dans l’Église ne sera plus qu’un lointain souvenir pour historiens… Allez, aujourd’hui, on commence !

Pratique : La charité tout au long de la journée…

Lundi 26 décembre : Saint Etienne

Étienne fut choisi par les apôtres pour le délicat service de la charité, service qui suscitait des jalousies dans l’Église primitive (les choses ont-elles changé ?…). Et il est doué pour la parole ! Au cours d’une magnifique apologie du Christianisme devant des pharisiens, Étienne le diacre a une vision de Jésus dans la gloire auprès de son Père, qu’il décrit avec simplicité. Ses auditeurs, furieux de ce qu’ils prennent pour un blasphème, le lapident aussitôt ; c’est le premier à donner sa vie à la suite de Jésus, et pour lui être fidèle.

Je retiens de lui ses merveilleuses paroles avant de mourir : Seigneur Jésus, reçois mon esprit ! Et puis : Seigneur, ne leur impute pas ce péché ! Comme c’est plein de charité et d’esprit apostolique !… Le futur saint Paul se trouvait là, approuvant le meurtre nous dit la Bible, et c’est la prière de Saint Étienne qui lui vaudra sa conversion future…

Aujourd’hui il y a urgence. Urgence que les chrétiens – comme saint Étienne – prennent au sérieux leur rôle d’évangélisateurs. Nous venons de goûter la joie de Noël, et nous n’aurions pas envie de la porter à d’autres ?

Pratique : En mémoire de Saint Étienne, veillons à avoir aujourd’hui le cœur d’un apôtre.

Dimanche 25 décembre : Fête de la Nativité de Notre-Seigneur

Joyeux Noël à vous tous !

Ce soir, nous sommes tous des bergers ! On nous a dit que le Sauveur était né, et que nous allions le reconnaître à ce signe : un enfant couché dans une crèche ! Alors courrons découvrir ce grand mystère cette année encore… Que voyons-nous ? Arrivant de loin, nous remarquons une première chose : autour, tout est noir, mais la crèche, elle, est lumineuse. C’est le premier message de Noël : l’Enfant, qu’on nous a promis, apporte aux hommes la lumière sur leur route et la chaleur pour leur vie. Approchons nous un peu plus : comme tout est pauvre, simple, mais qu’il y a de l’amour et de la joie ! C’est la marque de cet Enfant : l’amour vrai, et nos âmes se dilatent devant cette prédication, c’est bien ainsi que nous voudrions vivre… Mais je regarde maintenant de tout près : que cet Enfant est beau, et quelle atmosphère de prière dans cette étable ! En regardant Marie et Joseph, en un instant nous comprenons : ils vénèrent l’Enfant qui est là ! Et cet envoyé de Dieu, chanté par les anges, c’est Dieu Lui-même venu sur notre terre se donner à nous ! Alors adorons à notre tour un Dieu qui s’est fait si proche, et qui ne veut, dans le fond, que notre amitié…

Je vous annonce une grande joie pour tout le peuple ! Un enfant nous est donné… Quelle nuit merveilleuse !

Pratique : Cultiver la joie toute la journée.

Samedi 24 décembre : Vigile de Noël

La veillée de Noël.

Aujourd’hui est une des rares occasions de l’année, où nous reprenons l’antique coutume de la veillée, à travers l’assistance à une Messe tardive. On veille quand on accompagne quelqu’un de cher, quand on attend une grande nouvelle, quand une joie immense habite notre âme… Alors comment ne pas veiller ce soir pour célébrer la venue de notre Seigneur ? Heureux ce serviteur que le Maître à son arrivée trouvera veillant, en vérité je vous le dis, il l’établira sur tous ses biens…

Il y a une autre raison, très spéciale, pour veiller ce soir de Noël ! On remarque dans l’histoire que le Seigneur réserve des grâces très spéciales pour ce jour : Saint Bernard enfant eut la vision de la Naissance de Jésus et il en parla merveilleusement toute sa vie. Paul Claudel, alors incroyant, entre dans la cathédrale Notre-Dame de Paris à l’heure des vêpres. Au moment du Magnificat, en un instant il sut que Dieu existait. J’avais eu tout à coup le sentiment déchirant de l’innocence, de l’éternelle enfance de Dieu, une révélation ineffable ! écrira-t-il plus tard. Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus retrouva aussi le jour de Noël, en un instant, la force d’âme qu’elle avait perdue des années auparavant : En cette nuit, où Jésus se fit faible et souffrant pour mon amour, il me rendit forte et courageuse. Elle rentrera au Carmel un peu plus d’un an plus tard ! Et si nous préparions nos cœurs à cette grâce de Noël ?

Tout dans la veillée est vraiment émouvant : les cantiques anciens et populaires, l’enfant placé dans la crèche, jusqu’au repas partagé fraternellement. Chrétiens, réalisons encore cette année cette vraie communauté de charité et de prière qui annonce vraiment le Christ présent au milieu de nous !

Pratique : Aucune rancune ne peut rester dans nos cœurs en cette nuit, donc pardonnons…

Vendredi 23 décembre : de la férie

Notre dernier conte de Noël…

…et les sages de l’orient apportèrent l’or, l’encens et la myrrhe pure. Ainsi, en Danemark, chantent les fidèles, à Noël, sous les voûtes de l’église, et si c’est dans une vieille église que s’élève le chant, on peut voir parfois sur un mur une antique fresque qui représente l’enfant Jésus tenu par sa mère et, devant eux, les trois mages a genoux. Le premier est Gaspar ; il porte son offrande, l’or, un calice. Peut-être un ange s’en servira-t-il sur le Golgotha pour recueillir le sang qui coulera des mains crucifiées. Derrière lui est agenouille Melchior. Son nom rappelle Melchisedech, le prêtre de l’ancienne alliance, le roi-prêtre de Salem, à qui Abraham rendit visite ; Melchisedech, revêtu de ses vêtements ecclésiastiques, monta a l’autel et offrit le saint sacrifice du pain et du vin, que mangea et but le patriarche, par un matin humide de rosée sous les palmiers que le vent agitait. Melchior, dans ses vêtements sacerdotaux, est age­nouillé et balance l’encensoir devant l’Enfant-Jésus; ainsi fait le prêtre devant la monstrance sur l’autel. Mais derrière eux, il y a le maure, le noir Balthazar. Quel soleil t’a rendu si noir, Balthazar, aux cheveux crépus et aux lèvres épaisses ? Viens-tu de l’Inde, du royaume du prêtre Jean où chaque matin l’oiseau rock pond l’oeuf-soleil couleur rouge feu sur la rive de l’océan pacifique? Ou es-tu venu de Saba, comme le fit autrefois ta reine, pour voir celui qui est plus que Salomon ? As-tu traversé les déserts de l’Arabie? As-tu recueilli la myrrhe que tu apportes au pied du Sinaï Pétré, et as-tu pensé alors au jour ou, il y a des siècles de cela, toute la montagne avait fumé et tremblé parce que Jéhovah était descendu sur son sommet et avait parlé a Moïse face à face ? As-tu cueilli la cette myrrhe que Marie conservera sur son cœur jusqu’à l’heure ou elle tendra à son fils, suspendu en croix, pour étancher sa soif, l’eau à laquelle elle l’aura mêlée? Gaspar, Melchior, Balthazar, maintes fois représentés depuis la pauvre fresque de Fjenneslev jusqu’au rayonnant tableau de Gentile da Fabriano de Florence, vos reliques reposent dans la chasse ornée de pierres précieuses de la cathédrale de Cologne, et tous les matins, après la grand-messe, les gros chanoines du chapitre métropolitain vont, en psalmodiant, les vénérer à genoux. Mais une vieille légende raconte que, lorsque vous viviez sur la terre, et que vous fîtes votre pèlerinage à Bethleem, arrivés dans l’étable, vous avez déposé vos trésors devant l’enfant et sa mère, mais que l’enfant ne voulut pas sourire. Marie était honorée par l’encens, qui brûlait comme elle l’avait vu brûler dans le temple de Jérusalem où elle avait passé sa jeunesse, et, les yeux pleins de larmes, elle cacha la myrrhe dans son sein. Mais l’enfant ne tendit pas ses petites mains vers l’or éclatant ; la fumée fit tousser ses petits poumons. Il se détourna de la myrrhe et embrassa les larmes dans les yeux de sa mère. Les trois saints rois se relevèrent et prirent congé, avec le sentiment de gens qui n’ont pas été appréciés selon leur mérite. Mais quand la tête et le cou de leurs dromadaires eurent disparu derrière les montagnes, quand le dernier tintement de leurs harnais eut expiré sur la route de Jérusalem, alors parut le quatrième roi. Sa patrie était le Pays que baigne le golfe persique ; il en avait apporté trois perles précieuses. Il devait les donner au roi qui était né à l’Occident, et dont lui aussi avait vu l’étoile un soir dans la roseraie de Shiraz. Il s’était levé et avait tout abandonné. En vain son sommelier lui versait-il le vin ardent, en vain sanglo­tait le rossignol à l’ombre des rosiers, en vain le jet d’eau pleurait de douces larmes, en vain la Sulejka aux yeux noirs l’enlaçait sur les coussins du divan. Le roi de Perse prit son trésor le plus rare, ses trois perles blanches qui étaient aussi grosses que des œufs de pigeon ; il les mit dans sa ceinture et résolut de chercher le lieu au-dessus duquel brillait l’étoile. Il  le découvrit… Mais il arriva trop tard. Les trois autres rois étaient venus, et ils étaient partis. Il arrivait trop tard… Et les mains vides… Il n’avait plus de perles. Il ouvrit lentement les portes de l’étable sainte ou se trouvaient le fils de Dieu, la mère de Dieu et le père nourricier de Dieu. Le jour tombait, l’étable devenait sombre ; une légère odeur d’encens flottait encore comme dans une église après les vêpres. Saint Joseph retournait la paille de la crèche pour la nuit, l’Enfant-Jésus était sur les genoux de sa mère. Elle le berçait doucement et, à mi-voix, chantait une des ces berceuses qu’on entend le soir quand on se promène dans les rues de Bethleem. Lentement, en hésitant, le roi de Perse s’avança puis il se jeta aux pieds de l’enfant et de sa mère. Lentement, en hésitant, il commença a parler. – Seigneur, dit-il, je viens à part des autres saints rois qui t’ont tous rendu hommage et dont tu as reçu les dons. J’avais aussi une offrande pour toi, trois perles précieuses, grosses comme un œuf de pigeon, trois vraies perles de la mer persique. Je ne les ai plus. Je suis venu à part des trois autres rois. Ils marchaient devant moi sur leurs dro­madaires ; je suis resté en arrière dans une hôtellerie sur le bord du chemin. J’eus tort. Le vin me tentait, un rossignol chantait et me rappela Shiraz… Je décidai d’y passer la nuit. Quand j’entrai dans la salle des voya­geurs, j’aperçus un vieillard tremblant de fièvre étendu sur le banc du poêle. Nul ne savait qui il était. Sa bourse était vide ; il n’avait pas d’argent pour payer le médecin et les soins qui lui étaient nécessaires. Il devait être jeté dehors je lendemain s’il ne mourait auparavant, le pauvre ! Seigneur, c’était un homme très vieux, brun et sec, avec une barbe blanche embroussaillée ; il me rappe­lait mon père. Seigneur, pardonne-moi, j’ai pris une perle dans ma ceinture et l’ai donnée à l’aubergiste, pour qu’il lui procurât un médecin et lui assurât les soins et, s’il mourait, une tombe en terre bénie. Le lendemain je repartis. Je poussai mon âne autant que possible afin de rejoindre les trois autres rois. Leurs dromadaires avançaient lentement, et j’avais l’espoir de les atteindre. Le chemin suivait une vallée déserte ou d’énormes rochers se dressaient épars entre les taillis de térébinthes et de genêts en fleurs d’or. Soudain, j’entendis des cris venant d’un fourré. Je sautai de ma monture et trouvai des soldats qui s’étaient emparés d’une jeune femme et s’apprêtaient a lui faire violence. Ils étaient trop nombreux, je ne pouvais songer à me battre avec eux. Oh  seigneur, pardonne-moi encore cette fois ; je mis la main a ma ceinture, pris ma seconde perle et achetai sa délivrance. Elle me baisa les mains et s’enfuit dans les montagnes avec la rapidité d’un chevreuil. A présent il ne me restait plus qu’une perle, mais au moins je voulais te l’apporter, seigneur ! Il était plus de midi. Avant le soir je pouvais être a Bethleem à tes pieds. Alors je vis une petite ville à laquelle les soldats d’Hérode avaient mis le feu et qui brûlait. On ne pouvait presque pas distinguer les flammes dans l’éclatante lumière du soleil, mais on voyait l’air trem­bler comme il tremble dans le désert. Je m’approchai et trouvai des soldats exécutant les ordres d’Hérode et tuant tous les garçons de deux ans et au-dessous. Près d’une maison en feu, un grand soldat balançait un petit enfant nu qu’il tenait par une jambe. L’enfant criait et se débattait. Le soldat disait : «Maintenant, je le lâche, disait-il à la mère, et il va tomber dans le feu. Il fera un bon rôti de cochon ! » La mère poussa un cri perçant. Seigneur, par­donne-moi  je pris ma dernière perle et la donnai au soldat, pour qu’il rendît l’enfant à sa mère. Il le lui rendit ; elle le saisit, le pressa contre elle, ne dit pas merci, mais s’enfuit, tel un chien qui a trouvé un os. Seigneur, c’est pourquoi me voilà les mains vides. Pardonne-moi, pardonne !

Le silence régna dans l’étable quand le roi eut achevé sa confession. Pendant un instant il resta le front appuyé contre le sol ; enfin il osa lever les yeux. Saint Joseph avait fini de retourner la paille et s’était approché. Marie regardait son fils qui était contre son sein. Dormait-il ? Non. L’Enfant-Jésus ne dormait pas. Lentement, il se tourna vers le roi de Perse. Son visage rayonnait ; Il étendit ses deux petites mains vers les mains vides. Et l’Enfant-Jésus sourit.

Joannes Joergensen

Pratique : lire le conte…

Jeudi 22 décembre : de la férie

Continuons l’examen de nos coutumes catholiques, avec le sapin et la buche de Noël !

Au moyen-âge, on aimait jouer le mystère de la création du mode, du péché originel et de la promesse du Sauveur. Et on mettait ainsi souvent un sapin, chargé de pommes rouges, pour symboliser l’arbre de la connaissance du bien et du mal que Dieu avait interdit de toucher. C’est, semble-t-il, une des origines de notre sapin de Noël. Mais la première mention attestée du sapin de Noël apparaît en 1521 à Sélestat en Alsace. Les sapins de Noël qu’on dresse en Alsace sont munis de pommes, puis viendront bientôt des friandises et de petits personnages. Le sapin verdoyant en plein hiver, et chargé des pommes évoquant le péché originel, était naturellement un symbole de l’Enfant-Jésus. Cette coutume du sapin devint si populaire qu’on pouvait écrire : Là où il y a une famille alsacienne, il y a un sapin de Noël ! En alsace encore, au 19ème siècle, alors que les pommes avaient toute gelées un maître verrier eut l’idée de remplacer les pommes par des boules en verre… et créa ainsi les boules que nous accrochons au Sapin. Aujourd’hui quand nous décorons notre sapin, n’oublions pas au sommet l’étoile qui guida les mages vers l’Enfant-Jésus, et les guirlandes qui sont des « cheveux d’anges » !

De même on mettait autrefois une grosse buche dans la cheminée le soir de Noël, et celle-ci apportait lumière et chaleur pour toute la soirée. Ainsi en dressant un sapin ou en mangeant la buche de Noël, on célèbre en famille le Seigneur venu nous délivrer du péché et qui est la chaleur et la lumière de nos vies… Comme nous devons cultiver et savoir expliquer ces symboles venus des temps anciens ! Ils donnent un air de fête à nos villes et nos maisons, et enchantent notre quotidien. A travers eux, la joie immense de Noël traverse les siècles, et nous rappelle notre vocation au bonheur, à la suite de l’Enfant de la crèche.

Pratique : Penser à décorer la maison pour Noël et à expliquer aux enfants la signification des décorations !

Mercredi 21 décembre : Saint Thomas apôtre

Puisque la liturgie demande aujourd’hui de vénérer saint Thomas, apôtre, alors le mot spirituel sera à son sujet.

Thomas, surnommé Didyme, c’est-à-dire le jumeau, originaire de Galilée, fut appelé très tôt comme apôtre du Seigneur. Après la Pentecôte, il serait allé dans des contrées lointaines pour annoncer l’Évangile, et jusqu’en Inde ! Madras prétend d’ailleurs conserver son tombeau, et n’osez pas dire à un indien que cela est une légende, sinon vous risquez gros… L’épisode le plus frappant de sa vie est sa rencontre avec Jésus après la résurrection. Absent lors de la première apparition de Jésus ressuscité à tous ses apôtres, il se braquera : Si je ne vois pas la marque des clous…, si je ne mets pas ma main dans son coté, je ne croirai pas ! Le dimanche suivant, Jésus apparaît de nouveau, et, cette fois, Thomas est là. Regarde mes mains… mets ton doigt dans mon coté… dit Jésus, et Thomas s’écroule : Mon Seigneur et mon Dieu ! Parce que tu m’as vu, Thomas, tu crois, reprit Jésus, bienheureux ceux qui croiront sans avoir vu !

Il est rare que le Seigneur se plie à nos caprices. Il le fera pour Thomas, mais avec une reproche évident : Bienheureux ceux qui croiront sans avoir vu…Le Seigneur voudrait tellement voir la foi chez les hommes ! A Noël comme à Pâques, c’est la première chose que Jésus attend de nous. Croire profondément, et bâtir sa vie là-dessus, est-ce si dur pour nous autres ? Pourtant cette béatitude-là est vraiment à notre portée !

Pratique : Faire plusieurs actes de foi dans la journée.