Jeudi 20 février : De la férie

Notre corps est attaché à la terre. Levez-vous, Seigneur, secourez-nous et délivrez-nous. De la liturgie du dimanche de la Sexagésime.

Après Adam et la réflexion sur le péché originel, le temps de la septuagésime évoque le patriarche Noé et l’épisode du déluge. Et c’est une histoire d’une violence extrême… Le Seigneur vit que la méchanceté des hommes était grande sur la terre, et que toutes les pensées de leur cœur se portaient chaque jour uniquement vers le mal… C’est ainsi que commence l’épisode ! Ainsi non seulement le péché est dans le cœur de l’homme, mais ce mal se développe et gagne du terrain de jour en jour, c’est un cancer ! Le récit biblique continue, implacable : … le Seigneur se repentit d’avoir fait l’homme sur la terre, et il fut affligé en son cœur. Et le Seigneur dit: J’exterminerai de la face de la terre l’homme que j’ai créé, depuis l’homme jusqu’au bétail, aux reptiles, et aux oiseaux du ciel ; car je me repens de les avoir faits. Dans le chapitre des mauvaises nouvelles, en voici une autre : Les péchés des hommes attirent sur eux la colère de Dieu, et le châtiment. Mais Noé trouva grâce aux yeux du Seigneur… Enfin un élément plein d’espérance ! L’arche, bientôt construite, sauvera l’humanité et rappellera aussi à tous combien Dieu protège ceux qui le cherchent.

Retenons la leçon de l’histoire de Noé. Combattons le péché, sinon il va se développer et deviendra de pire en pire ! Même si on est faible dans la tentation, même si on a l’impression de ne jamais y arriver, il faut lutter toujours avec détermination pour que cela ne s’aggrave pas… Et aussi parce que Dieu, nous le savons bien, récompensera toujours celui qui a confiance en Lui ! C’est ce que pensait sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus quand elle écrivait : Si j’avais commis tous les crimes possibles, je garderai toujours la même confiance, car je sais bien que cette multitude d’offenses, n’est qu’une goutte d’eau dans un brasier ardent !

Pratique : Commencer à réfléchir sur nos résolutions à prendre bientôt…

Mercredi 19 février : De la férie

dans mon affliction j’ai invoqué le Seigneur, et de son saint temple, il a entendu ma voix. De la liturgie du dimanche de la septuagésime.

Si vous ne souhaitiez n’entendre que des choses agréables, passez le temps de la Septuagésime ! En effet, dans ce temps, l’Eglise a décidé nous parler du péché et de ses tristes conséquences ! Et on commence avec l’histoire d’Adam et Eve.

La Bible rapporte qu’ils avaient été mis par Dieu dans le magnifique paradis terrestre. Mais qu’ils désobéirent à Dieu en mangeant du fruit défendu. Le résultat de ne fait pas attendre, ils sont punis par Dieu, chassés du paradis terrestre, connaissent désormais une existence marquée par le travail, la souffrance et la mort. Quelle terrible récit, quand on y pense !

Terrible oui, mais plein d’enseignement et de sagesse pour nous… Allons nous enfin comprendre combien le péché est grave ? Combien ses conséquences sont catastrophiques ? Pour nous et pour les autres ? Les saints savaient cela, tel le saint curé d’Ars dont un de ses anciens paroissiens disait : Quand il parlait du péché, alors il pleurait !

Et puis retenons aussi l’état de notre monde, celui d’après le péché originel, celui que nous connaissons. Un monde où flotte encore l’antique punition, un monde où nous ne pourrons éviter la maladie, la vieillesse, la souffrance et la mort ! dans mon affliction j’ai invoqué le Seigneur, et de son saint temple, il a entendu ma voix. Oui, nous le savons, après la chute, Dieu a parlé d’un Sauveur qui nous serait envoyé. Ce Sauveur nous donneras la force d’affronter ce monde, nous remplira d’espérance, et même de paix au milieu de nos peines.

Pratique : Réciter posément un acte de contrition

Mardi 18 février : De la férie, en certains lieux, sainte Bernadette

Priez pour moi, pauvre pécheresse ! Ses dernières paroles.

Le 7 janvier 1844 naquit à Lourdes Bernadette Soubirous, un an après le mariage de ses parents. Baptisée deux jours après sa naissance, elle connut dix années de vie joyeuse au moulin de Boly, que faisait tourner ses parents. A partir de 1854 les nuages s’amoncellent sur la famille avec de graves difficultés financières qui les mèneront dans un logement sordide, le cachot, pièce insalubre de 16 m². Bernadette est définitivement touchée par l’asthme. C’est à cette gamine souffreteuse de 14 ans qui ne connait pas son catéchisme que Marie choisira d’apparaître 18 fois entre le 11 février et le 16 juillet 1858. La sainte Vierge lui dira vous et aimera cette simple fille qui lui vouera une fidélité totale. Sainte Bernadette veut être religieuse et comprends que  sa vocation est d’entrer chez les sœurs de la charité de Nevers, ce qu’elle fera le 7 juillet 1866. Quitter Lourdes sera le plus grand sacrifice de sa vie, écrira-t-elle. Pendant 13 ans, sa vie religieuse sera plus semée d’épines que de roses, elle aura toujours en part la vie cachée et humble, mais fidèle. Fin 1878 sa santé décline, elle doit rester dans la chapelle blanche formée par son lit… Elle meurt le 16 avril 1879 à l’âge de 35 ans, son corps, trois fois exhumé, est découvert parfaitement intact. On peut encore le vénérer ainsi dans la chapelle des sœurs de Nevers.

Quelle vie étonnante que celle de Bernadette ! Cette enfant toute simple qui ne savait ni lire ni écrire, devint mondialement célèbre, bien malgré elle, du fait des apparitions de Lourdes. Dans son âme, tout laisse croire qu’elle vécut de la simple parole de la sainte Vierge : Vous prierez Dieu pour les pécheurs ! Elle avait tellement prié pour eux qu’en mourant elle s’identifiait à eux : Priez pour moi pauvre pécheresse ! Que du haut du Ciel, elle veille sur nous qui craignons trop peu le péché, et oublions la valeur du Ciel…

Pratique : Récitons posément un acte de contrition, pour nous et tous les pécheurs

Lundi 17 février : De la férie

Allez dire aux prêtres !

Ce matin du 2 mars, Bernadette a une apparition brève comme souvent au cours de la quinzaine que lui a demandée la Dame. Près de 3000 personnes sont présentes. Elle va trouver M. le curé Peyramale pour lui transmettre ce que veut cette Dame, et précisément ses deux demandes : Vous irez dire aux prêtres qu’on vienne ici en procession et d’y faire bâtir une chapelle. Cette demande provoquera la colère de M. le curé Peyramale, et l’effroi de Bernadette, peu habituée à parler aux dignitaires. Décidément, difficile d’être messager de Dieu !

Je suis l’Immaculée-Conception !

La petite fille remonte les pentes du gave en courant… Nous sommes le jeudi 25 mars.

Ce matin, poussée intérieurement elle a, par trois fois, demandé son nom à la belle dame : Madame, voulez-vous avoir la bonté de me dire qui vous êtes ? Et la Vierge a répondu…, alors Bernadette court, tout en répétant les paroles de la dame, de peur de les oublier : que soy era…, que soy era… Elle se précipite chez le curé, et lui déclare tout de suite : que soy era immaculada counceptiou ! Que dis tu ? dit le curé, déjà énervé. Bernadette répond ; La Dame a dit : « que soy era immaculada counceptiou ». Le curé a un coup au cœur, il est bouleversé, lui qui est bon prêtre, et qui pousse ses fidèles à la dévotion à leur Mère du Ciel. Comment une enfant si jeune et ignorante de son catéchisme peut elle dire une chose pareille ? Parler d’un dogme précisé dans l’église voilà juste quatre ans… Tout était donc vrai ! Et Lourdes va commencer son rayonnement…

Puisque la sainte Vierge nous le demande, pensons à notre pèlerinage auprès d’Elle, selon nos possibilités…

Pratique : Disons notre chapelet aux intentions de Marie  

Dimanche 16 février : Dimanche de la Sexagésime

Le grain tomba le long du chemin…

Quel gaspillage, mon Dieu, quel gaspillage ! Rassurez-vous, je ne vous saoulerai pas avec le tri sélectif et les émissions de CO2… Non je parle de quelque chose de nettement plus grave, le gaspillage dont parle l’Evangile d’aujourd’hui, le gaspillage de la parole de Dieu ! Cette parole, nous dit Jésus, est répandue sur tous les chemins, mais souvent elle ne porte pas de fruit. Soit parce que le cœur est dur, soit parce que le diable intervient, soit encore les soucis l’étouffent… En clair, quand Jésus nous a poussé à la prière nous avons laissé passer l’invitation, quand il nous demandait de pardonner à ceux qui nous avaient offensés, nous avons fait la sourde oreille, quand Il a parlé de pénitence, nous avons capitulé, quand Il nous soufflait à l’oreille d’aider les pauvres ou les souffrants de notre entourage, nous avons préféré faire autre chose… Voilà le terrible gaspillage dont nous sommes coupables !

Mais me direz vous, nous sommes de chair, c’est bien difficile de changer ses défauts, et de résister aux tentations de l’Adversaire ! C’est vrai… En revanche nous sommes bien coupable de négliger ce qui est facile, c’est-à-dire de rechercher le contact avec cette parole de Dieu qui peut sauver nos âmes ! Est-ce si difficile de lire un livre de piété de temps en temps ? Est-ce si difficile d’être fidèles aux offices et enseignements de l’église ? Est-ce si difficile de pratiquer des sacrements, confession et communion ? Dans sa vieillesse, saint Augustin pensait à sa vie passée avec nostalgie. Tard je t’ai aimée, Beauté cachée ! écrivait-il, se souvenant combien il s’était converti sur le tard, gaspillant de nombreuses années dans l’hérésie manichéenne et les péchés personnels… Ah, si nous pouvions avoir un peu de sagesse…

Pratique : Relire l’Evangile de ce dimanche

Samedi 15 février : De la sainte Vierge au samedi

Pénitence, pénitence, pénitence ! Paroles de la sainte Vierge à Lourdes.

Le mercredi 24 février, d’après les témoins, sainte Bernadette écoute les paroles de la sainte Vierge et se met à pleurer. Le message de la vierge est devenu douloureux : Pénitence, pénitence, pénitence ! Priez Dieu pour les pécheurs ! Allez baiser la terre en pénitence pour les pécheurs ! Et Bernadette embrassera la terre. Le jeudi 25 février, Bernadette effraie tous les assistants, environ trois cents personnes. On la voit baiser aller et venir, baiser la terre, et boire de l’eau boueuse du fond de la grotte. Elle en ressort la figure toute barbouillée, et pour finir elle mange de l’herbe. Allez boire à la fontaine, et vous y laver, lui a dit la Dame. Bernadette racontera que, ne voyant pas d’eau, elle se dirigera vers le gave, mais Marie lui indiquera le fond de la grotte ; elle s’y rendra alors, et grattera pour trouver de l’eau bien boueuse avant que la source ne jaillisse clairement. Puis la Dame demandera : Allez manger de cette herbe qui est là ! Plus tard on dira à Bernadette : Sais-tu qu’on te croit folle pour faire des choses pareilles ? Elle répondra : C’est pour les pécheurs…

Il y a des gestes qui en disent long… Voir la belle dame toute triste fut un tel choc pour Bernadette, qu’elle se mit aussitôt à pleurer. Comme une révélation nouvelle qui allait peser sur toute sa vie, elle saisissait d’un coup le drame de notre terre, ce terrible péché qui salit tout et défigure les enfants de Dieu. Pénitence ! Prière ! Pour les pécheurs… Allons nous, tout comme Bernadette nous y mettre ? Ah si nous pouvions nous aussi voir la tristesse sur le visage de Marie !

Pratique : Offrir une peine de notre journée… pour les pécheurs.

Vendredi 14 février : de la férie, mémoire de saint Valentin

Car vous l’avez prévenu des plus douces bénédictions ; vous avez mis sur sa tête une couronne de pierres précieuses. Tiré de la liturgie de la Messe de saint Valentin.

On ne sait presque rien de saint Valentin, prêtre romain, martyr au milieu du 3ème siècle. Une basilique en son honneur fut érigée à Rome au milieu du 4ème siècle, et il devint extrêmement célèbre – et il l’est encore aujourd’hui – comme saint patron des amoureux… qui en ont certainement bien besoin d’un ! Une des légendes qui entoure l’histoire de saint Valentin raconte qu’un jour, Valentin, en entendant se disputer deux fiancés qui passaient juste devant son jardin, était sorti à leur rencontre une rose à la main, pour la leur donner et les inviter à la paix. Rasséréné par les paroles du saint, le jeune couple était alors revenu quelques temps plus tard chez Valentin pour lui demander de bénir leur mariage et se promettre un amour éternel !

Je ne sais pas ce que vaut cette histoire bien romantique… Mais ce que je sais, c’est que les amoureux ont besoin d’un peu plus d’une rose pour s’aimer en vérité ! A ce propos, voici quelques conseils aux amoureux. Ils ne sont pas de moi, mais adaptés de Mère Teresa…

Qu’est ce qui est : Le jour le plus beau? Aujourd’hui. La racine de tous les maux? L’égoïsme. La pire défaite? Le découragement. Les meilleurs professeurs? Les enfants. Le premier devoir? Communiquer. Le pire défaut? La mauvaise humeur. Le plus mauvais sentiment? La rancœur. Le plus beau cadeau? Le pardon. Ce qui est indispensable? La famille. Le meilleur accueil? Le sourire. La force la plus grande? La foi. La chose la plus belle? L’amour… Une famille qui prie est une famille unie ! Bonne fête aux amoureux !

Pratique : Prions pour ceux qui se marieront dans l’année !

Jeudi 13 février : De la férie

Profitons des jours de férie pour expliquer les paroles de la sainte Vierge à Lourdes…

Le jeudi 18 février 1858, c’est la troisième apparition de la belle dame qui a beaucoup souri et fait des signes de la main, mais enfin, n’a encore rien dit ! Ce jeudi, pour la première fois, la Dame va parler. Bernadette lui présente une écritoire qu’elle avait préparé d’avance, et lui demande d’écrire son nom. Cette demande fait rire la dame qui lui répond : Ce n’est pas nécessaire. Et elle ajoute : Voulez-vous avoir la grâce de venir ici pendant quinze jours ? Bernadette dit oui tout de suite. Et la Dame continue : Je ne vous promets pas de vous rendre heureuse en ce monde mais dans l’autre. Cette belle dame parlera le patois de Bernadette, d’une voix fine et douce précisera-t-elle.

On ne sait pas bien ce qui a fait rire la sainte Vierge. Peut-être le décalage entre la demande d’un écrit officiel et la simplicité des apparitions ? Mais ce qui a vraiment fait couler le plus d’encre, c’est la dernière parole de Marie, bien mystérieuse : Je ne vous promets pas de vous rendre heureuse dans ce monde, mais dans l’autre… ça sonne un peu dur, vous ne trouvez pas ? C’est ce que l’on répond souvent à ceux qui nous disent une vérité qui nous dérange… Dans ce monde où nous rencontrons tous les peines, les séparations, le péché, les maladies, les deuils, Marie veut nous donner l’espérance. Tout cela passe, dit elle, vous êtes destinés au bonheur qui ne finit pas ! Y croyons-nous ?

Pratique : Offrir nos peines du jour au Seigneur

Mercredi 12 février : Les sept saints fondateurs des Servites de Marie

Faisons l’éloge de ces hommes illustres que sont les fondateurs de notre famille. Début de l’épitre du jour

Au 13° siècle, sept nobles florentins, après une apparition de la sainte Vierge, décidèrent de se retirer de la société pour mener une vie plus sainte. Des enfants qui les croisèrent, impressionnés par la profondeur de leur vie, les appelèrent spontanément les serviteurs de la Vierge Marie, nom qui leur est resté par la suite. Ils revêtirent un habit noir et voulurent méditer les douleurs de la Passion de Jésus ainsi que celles de Marie au Pied de la Croix. Ils se dévouèrent comme missionnaires dans les pays chrétiens, obtinrent des conversions magnifiques et renouvelèrent la ferveur. L’ordre religieux qu’ils fondèrent eut un rayonnement considérable dans toute l’Italie puis tous les pays chrétiens. Les sept fondateurs furent enterrés dans le même tombeau, entouré d’une grande vénération.

Au sujet de ces saints le bréviaire fait cette profonde remarque : Un seul amour de véritable fraternité et de vie religieuse commun les avait unis, un seul tombeau les renferma quand ils furent morts, un seul culte populaire leur fut décerné. C’est donc l’unité qu’ils avaient entre eux qui nous impressionne aujourd’hui ! C’est si beau une famille unie, sans violence ni dans les gestes ni dans les paroles. C’est si beau une communauté religieuse où les membres veillent les uns sur les autres. C’est si beau un village ou un quartier où chacun est prêt  à aider son voisin. Mais ce n’est pas si facile que cela à réaliser… Pour y arriver il faut d’abord rechercher en quoi soi-même on peut être pénible aux autres. Et enfin prendre l’habitude du sacrifice de ses idées et habitudes au profit de la communauté. Ici comme en tant d’autres endroits, le bonheur se gagne à la pointe de l’épée !

Pratique : Faire un sacrifice pour ceux avec qui nous vivons

Mardi 11 février : Fête des apparitions de la sainte Vierge Marie à Lourdes

Vous êtes toute belle, ô Marie, et en vous il n’y a pas la tache originelle. Tiré du trait de la Messe.

Le 11 février 1858 eût lieu la première apparition de la sainte Vierge Marie à Lourdes. Cette date deviendra la journée consacrée aux malades. Lisons le récit qu’écrivit sainte Bernadette elle-même : J’avais commencé à ôter mon premier bas, quand tout à coup j’entendis une grande rumeur pareille à un bruit d’orage. Je regardai à droite, à gauche, sur les arbres de la rivière. Rien ne bougeait; je crus m’être trompée. Je continuai à me déchausser, lorsqu’une nouvelle rumeur, semblable à la première, se fit encore entendre. Oh! Alors, j’eus peur et me dressai. Je n’avais plus de parole et ne savais que penser, quand, tournant la tête du côté de la Grotte, je vis à une des ouvertures du rocher un buisson, un seul, remuer, comme s’il avait fait grand vent. Presque en même temps il sortit de l’intérieur de la Grotte un nuage couleur d’or, et peu après une Dame jeune et belle, belle surtout, comme Je n’en avais jamais vu, vint se placer à l’entrée de l’ouverture au-dessus du buisson. Aussitôt elle me regarda, me sourit et me fit signe d’avancer, comme si elle avait été ma mère. La peur m’avait passé, mais il me semblait que je ne savais plus où j’étais. Je me frottais les yeux, je les fermais, je les ouvrais, mais la Dame était toujours là, continuant à me sourire et me faisant comprendre que je ne me trompais pas. Sans me rendre compte de ce que je faisais, je pris mon chapelet dans ma poche et me mis à genoux. La Dame m’approuva par un signe de tête et amena elle-même dans ses doigts un chapelet qu’elle, tenait à son bras droit. Lorsque je voulus commencer le chapelet et porter ma main au front, mon bras demeura comme paralysé, et ce n’est qu’après que la Dame se fut signée que je pus faire comme elle. La Dame me laissa prier toute seule; elle faisait bien passer entre ses doigts les grains de son chapelet, mais elle ne parlait pas; et ce n’est qu’à la fin de chaque dizaine qu’elle disait avec moi: Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto. Quand j’eus fini de réciter mon chapelet, la Dame me fit signe d’approcher. Mais je n’ai pas osé. Alors elle rentra à l’intérieur de la roche et le nuage disparut avec elle. « La Dame avait l’air d’une jeune fille de seize à dix-sept ans, aux yeux bleus. Elle était vêtue d’une robe blanche, serrée à la ceinture par un ruban bleu glissant le long de la robe. Elle portait sur sa tête un voile blanc, laissant à peine apercevoir ses cheveux, retombant ensuite en arrière jusqu’au dessous de la taille. Ses pieds étaient nus, mais couverts par les derniers plis de la robe sauf à la pointe où brillait sur chacun d’eux une rose jaune, épanouie. Les grains de son chapelet étaient blancs et la chaîne d’or brillante comme les deux roses des pieds. Je n’en ai jamais vu de semblable, ça brillait comme de l’or et bien plus encore. »

Tout est touchant à Lourdes. La sainte Vierge toute jeune et souriante, le signe de Croix lent et fait avec respect, et la Vierge Marie qui accompagne de sa prière le chapelet de Bernadette. Marie est toute aussi attentive à nos chapelets, et dire que nous oublions si souvent de le réciter !

Pratique : Faire notre signe de la Croix de façon respectueuse.