Jeudi 20 avril : Jeudi de Pâques

Dans l’évangile d’aujourd’hui, saint Jean nous montre l’apparition du Seigneur propre à sainte Marie-Madeleine (Jn 20, 11-18)

Des commentateurs remarquent que cette apparition est chargée de tendresse.      – Marie Madeleine reste près du tombeau à pleurer, alors que les autres apôtres sont repartis : C’est une âme embrasée d’amour pour son Maître. – Le Seigneur lui apparaît et l’appelle par son prénom : Myriam ! Marie-Madeleine répond par un surnom plein d’affection pour son Maître : Rabbouni ! Ce que pourrait se traduire par « Petit Maître !» (une formule affectueuse). – Marie Madeleine est envoyée vers les frères pour leur annoncer la résurrection de Jésus ; elle est un peu l’apôtre des apôtres !

Une seule phrase reste mystérieuse : ne me touche pas, car je ne suis pas encore monté vers le Père ! Il faut dire que Jésus est ressuscité pour une vie nouvelle. Il enseigne donc à Marie Madeleine que c’est par le cœur et par l’amour qu’elle le retrouvera !

Avons-nous compris, la leçon à Marie-Madeleine ? Alors nous saurons qu’il faut prendre le Seigneur par l’amitié et le dévouement !

Pratique : Se dévouer au cours de la journée.

Mercredi 19 avril : Mercredi de Pâques

L’Évangile de ce jour continue les récits des apparitions de Jésus à ses disciples.
La troisième apparition du Seigneur, selon saint Jean, eut lieu au bord du lac de Tibériade.
Après une nuit où les apôtres travaillent sans rien prendre, un homme sur le bord s’approche des pêcheurs et leur indique de jeter le filet à droite de la barque.
C’est une nouvelle pêche miraculeuse : 153 poissons sont pris!
Et les apôtres de reconnaître le Seigneur, qu’ils rejoindront le temps d’un repas.

Remarquez bien le nombre des poissons : 153 !
C’était, croyait-on dans l’antiquité, le nombre des peuples de la terre.
Et alors Notre Seigneur indiquait à saint Pierre que l’Église devrait aller dans le monde entier et toucherait tous les peuples. L’ordre de mission est clair… l’avons nous compris, reçu, le vivons-nous à notre place ?

Pratique : Savons-nous parler de la foi à ceux que Dieu a mis sur notre route ?

Mardi 18 avril : Mardi de Pâques

Juste après l’apparition aux disciples d’Emmaüs, saint Luc raconte l’apparition de Jésus au groupe des apôtres. C’est le récit de l’Evangile d’aujourd’hui. Notre Seigneur accomplit plusieurs gestes pour manifester que c’est bien Lui: Il leur montre ses mains et ses pieds, puis mange même devant eux.

Notez bien le détail formidable: Pour se faire reconnaître, Jésus montre ses mains et ses pieds… ceux qui gardent encore la marque des clous, la marque de l’amour livré! Partout où l’amour est vécu, Jésus est présent et facilement reconnaissable… Au 16° siècle, un missionnaire jésuite annonçait l’amour de Dieu à une foule de japonais qu’il essayait de toucher mais sans aucun succès. Un peu agacé par le prêcheur, un assistant finit par lui cracher dessus. Sans aucun trouble le missionnaire essuya le crachat et continua sa prédication avec douceur, déclenchant alors plusieurs conversions… Quand je vous dis que le vrai amour se voit !  On comprend alors, encore selon le récit de l’Évangile, qu’à la vue de Jésus les disciples furent remplis de joie. Mais au fait, nous-mêmes, aimons-nous vraiment nos frères ? Les rendons-nous heureux ?

 Pratique : Mettre la joie autour de soi.

Lundi 17 avril : Lundi de Pâques

La fête de Pâques prolonge son influence tout au long de l’octave. On récite donc la séquence de Pâques à toutes les Messes, et on multiplie les alléluias. L’Évangile de ce jour raconte l’apparition du Seigneur aux disciples d’Emmaüs. Cet Évangile est mystérieux : comment est-ce possible que les disciples n’aient pas reconnu plus tôt Jésus-Christ ? Son apparence avait-elle changé ? A ce sujet, saint Thomas d’Aquin a une réponse pénétrante : il dit qu’il faut avoir la foi pour reconnaître Jésus ressuscité… Après la résurrection, le Seigneur apparaît comme Il le veut et quand Il veut. Et seulement ceux qui ont le cœur ouvert peuvent le reconnaître.

Si le Seigneur revenait sur terre (comme cela se chantait dans des cantiques vieux de quelques décennies), serait-il vraiment reconnu ? Les cœurs sont si peu ouverts… Et qu’est-ce qu’un cœur ouvert ? Une foi forte, la pratique de la charité et l’amour des pauvres ! Un tel cœur connaît la vraie joie pascale.

Pratique : Avant chaque prière, remercions le Seigneur de la joie de Pâques !

Dimanche 16 avril : Dimanche de Pâques

Commentaire liturgique :

C’est aujourd’hui la solennité des solennités, la plus grande fête de l’année. Le chant grégorien de la Messe du jour présente oscille entre une paix profonde et une joie exubérante : quel commentaire de notre mystère de Pâques ! Les Alléluia sont mis en valeur, et la séquence victimae paschali laudes nous rejoue l’annonce extraordinaire qui a éclaté ce matin : Marie-Madeleine proclame la résurrection de Notre Seigneur !

Mot spirituel quotidien :

Pâques est une fête puissante : le rayonnement qui en provient continue d’éclairer la terre et pour tous les temps à venir. Il y a là plus d’amour qu’il n’y aura jamais de poids de péché sur la terre. Chaque fois que nous recevons un sacrement, cette puissance de la Résurrection agit en guérissant et transfigurant ce monde si blessé. Et nous savons qu’à la fin des temps, malgré les craintes et les apparences contraires, c’est le Seigneur qui l’emportera. Alléluia ! A nous de répandre cette formidable nouvelle, pour que les hommes trouvent la lumière, qu’ils en vivent et soient sauvés !

Pratique : Que notre sourire éclaire aujourd’hui ceux que nous rencontrerons.

Samedi 15 avril : Samedi-Saint

Commentaire liturgique :

Je vous cite le livret sur la Semaine Sainte de Solesmes en 1956, il n’y a rien à dire de plus : Il faut en premier lieu instruire avec soin les fidèles de la nature particulière du samedi saint. C’est un jour de très grand deuil, pendant lequel l’Eglise s’attarde au sépulcre du Seigneur méditant sa Passion et sa Mort, s’abstenant du sacrifice de la Messe, la table d’autel restant dépouillée ; jusqu’à ce que, après la veillée solennelle, attente nocturne de la résurrection, on accueille la joie pascale, dont la profusion déborde sur les jours suivants.

Pour la veillée pascale, il y a beaucoup de choses à expliquer. Disons simplement : – que l’on bénit le cierge pascal, symbole de Jésus Christ ressuscité, présent parmi nous pendant tout le temps pascal. La résurrection de Jésus est la lumière de notre vie. – que l’on consacre l’eau baptismale. A cette occasion mettons toute notre attention au renouvellement des promesses de notre baptême : éclairés par la lumière de Pâques, voulons-nous nous engager à une vraie vie chrétienne ? – que l’on célèbre une Messe triomphale, vraie image de la liturgie céleste qui se déploiera un jour à nos yeux, nous l’espérons !

Mot spirituel :

Beaucoup d’auteurs comparent l’état religieux de notre monde occidental au jour du samedi saint. Comme si le Seigneur, qui avait fait la joie et l’espérance de nos pays pendant tant de siècles, désormais disparaissait devant le matérialisme et le laïcisme agressif. Les chrétiens souffrent fortement de cela et sont tentés par le découragement. Mais que faire alors ? Se réfugier dans des bunkers insonorisés ?

La clef du samedi saint, c’est l’amour fidèle : rester fidèle à Dieu malgré les persécutions et les apparences mauvaises. Mystérieusement, ces âmes fidèles que le Seigneur fait toujours fleurir dans son Église, et parfois sur le fumier, préparent le triomphe futur du Seigneur. Prions pour notre fidélité !

Pratique : Garder le silence de ce jour.

Vendredi 14 avril : Vendredi-Saint

Commentaire liturgique de la cérémonie du soir :

C’est le plus grand jour de deuil de toute l’année dans l’Église ; en entrant, le célébrant porte l’étole noire, et fait une longue prostration, allongé à terre. La cérémonie se divisera en quatre parties : – Les lectures, avec particulièrement la Passion selon saint Jean. – Les grandes oraisons où l’Église prie pour tous les hommes de cette terre. Elle connaît, en effet, la valeur infinie du sacrifice de Jésus sur la Croix. – L’adoration de la Croix, vieil héritage de Jérusalem : les habitants voulaient absolument vénérer la Croix sainte qui venait d’être retrouvée par sainte Hélène. Les impropères (plaintes du Christ devant l’ingratitude de son peuple) qu’on chante pendant l’adoration sont absolument remarquables. – La communion : pour que nous puissions nous unir intimement à notre maître en ce jour. Veillons à garder en nous le souvenir des souffrances de notre Seigneur.

Mot spirituel :

Les souffrances et la mort de Notre Seigneur furent terribles. La meilleure preuve de cela est dans la fuite des apôtres devant ce qu’ils voyaient. Les évangélistes, d’ailleurs, évitent de parler trop fortement des souffrances du Seigneur, de peur qu’on manque le grand sens de ce mystère : Jésus était en train de sauver le monde !

Ayons nous aussi ce même regard de foi sur la Passion du Seigneur ! Quand nous adorerons la Croix, le principal sentiment de notre âme devrait être un immense merci au Seigneur Jésus pour nous avoir sauvés et tant aimés. Ayant été aimés, nous devenons capables alors d’apporter aussi l’amour de Dieu à nos frères qui l’ignorent encore… Oui vraiment, comme le disait le saint curé d’Ars : La Passion de Jésus est un grand fleuve où toutes les générations viennent se baigner !

Pratique : Ne manquons pas notre méditation personnelle, et dans le silence, de la Passion de Jésus.

Jeudi 13 avril : Jeudi-Saint

Commentaire liturgique :

Vu la richesse liturgique de ce jour, on se restreindra à ne parler que de la Messe du soir, appelée aussi in cena domini. Elle mélange la joie des beaux mystères de ce jour avec la tristesse de la Passion du Seigneur désormais toute proche. Les ornements sont blancs, l’autel fleuri, et la joyeuse cloche retentit au gloria. Mais on arrête vite la cloche pour la remplacer par la crécelle, et à la fin de la Messe on va dépouiller les autels. Une grande cérémonie surtout se pratique après l’homélie : le lavement des pieds. C’est le grand signe que Jésus voulut laisser à ses disciples, et que l’Église, en bonne épouse, pratique toujours quelques 2000 ans après !

Mot spirituel :

Nous suivrons les règles liturgiques de ce jour indiquant qu’il sera très opportun de faire une brève homélie sur les grands mystères de ce jour : le sacrement de l’Eucharistie, le sacrement de l’Ordre et le commandement du Seigneur sur la charité. – L’Eucharistie est le moyen qu’a choisi Jésus pour rester présent parmi nous et nourrir nos âmes. Grâce à ce don extraordinaire, la moindre de nos églises est habitée de la présence et de l’amour infinis du Seigneur. En profitons-nous vraiment ? – Pour ce qui est du prêtre, que dire de plus que le saint curé d’Ars ? Si nous n’avions pas le sacrement de l’Ordre, nous n’aurions pas notre Seigneur. Qui est ce qui l’a mis là, dans le tabernacle ? le prêtre. Qui est-ce qui a reçu notre âme à son entrée dans la vie? le prêtre. Qui la nourrit pour lui donner la force de faire son pèlerinage ? le prêtre. Après Dieu, le prêtre, c’est tout… Le prêtre ne se comprendra bien que dans le ciel… – Enfin, par le lavement des pieds, Jésus nous enseigne le commandement de la charité fraternelle : celui qui est le plus charitable est aussi celui qui agit le plus dans l’Église et fait le plus de bien… de quoi méditer !

Pratique : En ce jour, pensons à adorer le Seigneur dans l’Eucharistie, et à lui demander la vraie charité.

Mercredi 12 avril : Mercredi-Saint

Commentaire liturgique :

La liturgie s’enrichit en avançant dans la semaine sainte, et développe encore la Passion de Jésus… N’oubliez pas de relire et méditer la deuxième lecture de la Messe : Isaïe y annonce la Passion de Jésus en termes si précis et de manière si puissante que les pères l’appelaient le 5° évangile… Nous lisons aujourd’hui la Passion selon saint Luc. Le texte, toujours bouleversant, est d’une grande sensibilité, comme toujours saint Luc. C’est saint Luc qui a mentionné le regard de Jésus à saint Pierre après son reniement. Regard qui convertira saint Pierre. Il mentionne aussi les paroles du Seigneur aux femmes de Jérusalem, et l’extraordinaire promesse de Jésus au bon Larron : Ce soir, tu seras avec moi dans le Paradis !

Mot spirituel :

Aujourd’hui est un bien triste anniversaire : c’est le jour où Judas vint livrer son Maître aux chefs des Juifs pour trente pièces d’argent. Pourquoi Judas en est-il arrivé là ? Peut-être parce qu’il volait dans la bourse, comme nous le fait remarquer l’Évangile ? Un défaut non combattu nous entraîne toujours plus vers le mal… Peut-être aussi fut-il déçu par Jésus qui ne semblait pas vouloir prendre le pouvoir après l’épisode triomphal des Rameaux, mais annonçait sa mort imminente ? L’orgueil est sans doute le plus grand des dangers… En tous cas, l’Evangile précise qu’à un moment le diable entra en lui, et il se mit dés lors à partager les desseins homicides de celui-ci…

Tout comme l’histoire de saint Pierre, celle de Judas nous rappelle notre propre faiblesse. Et combien nous avons besoin du secours de l’Amour miséricordieux…

Pratique : Relisons lentement la Passion de ce jour en remarquant la bonté de notre Seigneur

Mardi 11 avril : Mardi-Saint

Commentaire liturgique:

En ce jour, la pensée de la Passion remplit encore toute la liturgie.
Beaucoup de prières de la Messe sont des plaintes qu’on attribuera facilement au Seigneur, d’autres sont l’annonce de la victoire de la Croix et de la Résurrection.
On redonne aujourd’hui le récit de la Passion, mais selon le récit de saint Marc.
Beaucoup ont pensé que le jeune homme qui s’enfuit du jardin laissant le drap qui le couvrait, était saint Marc lui-même (ce détail est propre à notre évangile…)
Le sommet de cet Evangile, d’après les commentateurs, se trouve après la mort de Jésus dans le témoignage du centurion: Vraiment cet homme était fils de Dieu !

Mot spirituel: Saint Pierre, image de miséricorde

Puisque saint Marc était le disciple de Pierre et rapportait sa prédication sans complaisance pour ses faiblesses, arrêtons-nous sur la figure de saint Pierre.
Saint Pierre était certainement un homme généreux, il aimait passionnément le Seigneur qui l’avait choisi.
Il n’hésitera pas à dégainer son épée pour défendre Jésus au jardin des oliviers.
Mais il comptait trop sur ses forces : Même si tous succombent, du moins pas moi ! avait-il affirmé à Jésus.
Cette nuit-même, avant que le coq chante deux fois, tu m’auras renié trois fois ! répondit Jésus, ce que saint Pierre refusera d’admettre…
Et saint Pierre chuta… et renia son maître…
Le regard de Jésus et le chant du coq convertiront saint Pierre qui, d’après une ancienne tradition, garda toute sa vie le don des larmes, surtout quand un coq chantait… au point où de profond sillons avaient creusé ses joues!

Notre Seigneur a voulu que le premier Pape fut un pécheur et une leçon pour tous.
Nous ne sommes pas parfaits, mais la miséricorde de Dieu peut faire de nous, si nous la demandons, d’authentiques saints !

Pratique : Revoir le film de Mel Gibson sur la Passion du Christ